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Bilan du marché de l'art S1 2017 par artprice.com

S1 2017 – Bilan Mondial du Marché de l’Art, par Artprice.com

1er semestre 2017 – Bilan Mondial du Marché de l’Art, par Artprice.com
Ventes publiques Fine Art (peinture, sculpture, dessin, photographie, estampe, installation)

L’Art Contemporain mène la reprise
générale du Marché : +5%

  1. Les ventes aux enchères atteignent 6,9Mrd$ sur le S1 2017
  2. Le prix des œuvres contemporaines progresse de +9,6%
  3. Les USA – 2,2Mrd$ – reviennent à hauteur de la Chine – 2Mrd$
  4. Le Royaume-Uni – +13% – et la France – +7% – prennent part à la reprise
  5. L’Art Contemporain pèse 15% du CA mondial, contre 3% en 2000
  6. Une œuvre de Jean-Michel Basquiat (né en 1960) s’est vendue 110,5m$
  7. Le taux d’invendus s’améliore par une baisse de 2% sur le S1 2016

Bilan général

A l’échelle mondiale, le Marché de l’Art présente un bilan positif sur le S1 2017, mettant fin à deux années consécutives de ralentissement. Thierry Ehrmann, fondateur et PDG d’Artprice : « Le Marché de l’Art depuis l’an 2000, soit 17 ans d’observation, a fait preuve d’une maturité à toute épreuve, affrontant la crise du NASDAQ, les événements du 11 septembre 2001, la 2ème guerre d’Irak et bien sûr la crise financière, économique sans précédent de 2007, une tension géopolitique mondiale avec de plus, l’apparition des taux négatifs laminant les épargnants. Durant ces 17 années, le Marché de l’Art a su effectuer des corrections salvatrices évitant son effondrement face à la crise financière, s’érigeant en valeur refuge, sans constituer pour autant une bulle spéculative ».

Évolution semestrielle du produit de ventes aux enchères de Fine ArtÉvolution semestrielle du produit de ventes aux enchères de Fine Art

Le produit des ventes aux enchères enregistre une hausse de +5,3% par rapport au S1 2016. Ce rétablissement est essentiellement attribuable aux performances du marché américain, dont le chiffre d’affaires enregistre une nette progression de +28%.

D’autres grandes puissances occidentales prennent activement part à la reprise. Le Royaume-Uni et la France, troisième et quatrième places de marché mondiales, s’inscrivent tous deux dans la nouvelle dynamique : ils terminent respectivement le premier semestre 2017 avec un chiffre d’affaires en hausse de +13% et +7%. Parmi les autres places de marché en croissance, l’Australie affiche une croissance de +18% et la Corée du Sud de +42%.

Concernant la Chine, le pays enregistre une saine correction, après de très nombreux records, annulant ainsi le fantasme récurrent de la bulle spéculative. Concernant l’Allemagne, la baisse de -6% est un retrait marginal au regard de son rang mondial (6ème), de son volume, (1,5% du CA global). Enfin, le produit de ventes espagnol chute de -30%. Avec 7m$ en six mois, l’Espagne se classe seulement 28ème dans le classement mondial, derrière la Pologne (18m$), la Turquie (14m$) ou encore Israël (8,5m$).

La Chine et les États-Unis ex-aequo

Dans le soft-power qui oppose la République populaire de Chine aux États-Unis d’Amérique, jamais l’équilibre n’a été aussi parfait, jamais les deux bilans n’ont été aussi proches tant en termes de volume de transactions que de chiffre d’affaires.

Aux États-Unis, 38 000 lots Fine Art ont été vendus pour un total de 2,2Mrd$ en six mois ; sur la même période en Chine, 37 900 lots Fine Art ont été vendus pour 2Mrd$. Chaque année, depuis l’essor du Marché de l’Art chinois (démarré en 2008 et culminant au S2 2013), l’une des deux super-puissances a nécessairement pris l’ascendant sur l’autre. Mais au cours du S1 2017, la différence se montre si faible qu’il est impossible de les départager.

Répartition géographique du produit des ventes aux enchères de Fine Art
(1er Semestre 2017)

 Pays Chiffre d’affaires Part de marché
1 États-Unis 2 239 080 536 $ 32,4%
2 Chine 1 999 094 934 $ 29,0%
3 Royaume-Uni 1 581 615 191 $ 22,9%
4 France 326 398 192 $ 4,7%
5 Allemagne 100 451 363 $ 1,5%
6 Italie 95 051 377 $ 1,4%
7 Suisse 73 623 263 $ 1,1%
8 Autriche 53 720 750 $ 0,8%
9 Australie 47 329 131 $ 0,7%
10 Corée du Sud 39 787 141 $ 0,6%
Autres 344 862 990 $ 5,0%
 copyright ©2017 artprice.com

Cette nouvelle égalité, qui n’a jamais été atteinte auparavant, est cependant le résultat d’une évolution diamétralement opposée des deux côtés du Pacifique. Alors que le produit des ventes grimpe de +28% aux États-Unis, la Chine supporte une diminution de -12%, confirmée par notre partenaire étatique chinois Art Market Monitor of Artron (AMMA).

La rivalité entre les deux super-puissances sera d’autant plus intéressante à suivre au cours du S2 2017 que la Chine réalise habituellement un résultat plus important au S2 qu’au S1 (ainsi qu’en attestent les huit dernières années), tandis que le marché occidental fonctionne à l’inverse.

Une nouvelle ère de prospérité en Occident

Les ventes d’Art Contemporain et d’Après-guerre ont permis de mettre un terme à une inévitable période d’ajustement sur le Marché Occidental, démarrée au S2 2015. La difficulté croissante pour les maisons de ventes de réunir des lots de première qualité pour l’Art Moderne ou les périodes plus anciennes a fortement entamé leurs recettes.

Heureusement, une nouvelle ère de prospérité a été annoncée au cours des derniers mois. Le signal le plus probant est celui lancé par la vente de l’œuvre Untitled (1982) de Jean-Michel Basquiat. Les 110,5m$ déboursés pour acquérir cette toile contemporaine annoncent une évolution profonde : les collectionneurs sont aujourd’hui parfaitement prêts à payer des sommes équivalentes pour s’offrir des chefs-d’œuvre contemporains ou des œuvres historiques.

Cette nouvelle conjoncture est le résultat d’une transformation progressive du Marché de l’Art. Depuis 2000, les collectionneurs ont montré un intérêt croissant pour les œuvres réalisées au cours de la seconde moitié du XXème siècle et au début du XXIème siècle. Ainsi, alors que l’Art d’Après-guerre et l’Art Contemporain pesaient respectivement 8% et 3% du produit de ventes mondial il y a 17 ans, leurs parts de marché s’élèvent aujourd’hui à 21% et 15%.

Part de marché des périodes de création dans le produit de ventes mondial

Part de marché des périodes de création dans le produit de ventes mondial

La concentration du Marché haut de gamme à New York permet de mettre en concurrence les plus grands collectionneurs de la planète en un même lieu. C’est en effet un ressortissant japonais, Yusaku Maezawa, 41 ans, qui a acquis l’œuvre de Jean-Michel BASQUIAT pour un montant jusqu’ici réservé aux chefs-d’œuvre de l’Art Moderne et d’Après-guerre. Avec 110,5m$, Untitled (1982) est la 6ème œuvre la plus chère jamais vendue aux enchères, faisant entrer le graffeur new-yorkais (décédé d’une overdose à 27 ans) dans le panthéon des géants de l’Histoire de l’Art, aux côtés de Picasso, Modigliani, Giacometti, Bacon et Munch, les seuls à avoir dépassé les 110m$.

Restructuration du Marché chinois

La chute de -12% du produit des ventes Fine Art en Chine s’explique par la diminution du nombre de lots vendus, -16%, et non par une éventuelle déstabilisation du prix des œuvres. Cela signifie que la contraction, actuellement observée à travers presque tout le pays – à Pékin, Nanjing, Hong Kong ou Hangzhou -, doit être interprétée comme une restructuration du Marché à l’échelle nationale.

L’île de Taïwan réalise cependant une performance exceptionnelle, grâce notamment au Vase of Chrysanthemums with red Ground de San Yu, vendu 9,4m$, le 4 juin 2017 par Ravenel International. C’est un record important pour Taïwan, qui approche le seuil critique des 10m$. Grâce à ce résultat, le produit de ventes taïwanais grimpe de +43%.

Comme les États-Unis en 2016 et comme le Royaume-Uni en 2014, la Chine traverse à son tour une période de restructuration, qui passe par une nécessaire réduction du nombre de ventes. Toutefois, la stabilité de la seconde puissance du Marché de l’Art n’est pas pour autant fragilisée.

Plusieurs indicateurs attestent en effet que le marché chinois reste tout à fait stable dans l’ensemble.

Tout d’abord, le prix des œuvres des grandes signatures contemporaines (sensibles aux retournements du Marché) continue de prendre beaucoup de valeur. En témoigne la récente vente de l’œuvre de Zeng Fanzhi, Mask Series 1996 No. 6 (面具系列1996No.6) (1996) : achetée chez Christie’s à Pékin en 2008 pour 9,6m$ (75 millions de RMB), elle a été revendue le 3 avril 2017 pour 13,5m$ (105 millions de RMB) dans la même ville par la maison Poly Auction. Le collectionneur réalise ainsi une plus-value de +40% en 9 ans.

Autre indicateur, plus important encore, le taux de lots invendus connaît une nette amélioration sur le premier semestre. Le pays avait vu ce ratio augmenter dangereusement au cours des deux dernières années, jusqu’à atteindre 70% au S2 2016. Il redescend enfin à un niveau beaucoup plus stable, 54%. Ce taux d’invendus est celui qui prévalait en 2013 et 2014, à l’apogée du Marché chinois.

Nouvelles préférences des collectionneurs

Hormis le sommet atteint par Jean-Michel BASQUIAT, la grande sensation sur le Marché de l’Art en ce début d’année est sans conteste le double record établi pour Wassily KANDINSKY, chez Sotheby’s Londres le 21 juin. D’abord, une toile de dimensions moyennes datée de 1909 et dépeignant Murnau a atteint 26,8m$. Ensuite une grande toile abstraite de 1913, Bild mit weissen linien, s’est envolée pour 42,3m$.

D’autres grands artistes de la première moitié du XXème siècle ont également vu leurs œuvres atteindre de nouveaux sommets. Une sculpture de Constantin BRANCUSI, La muse endormie (1913), et un chef-d’œuvre expressionniste signé Max BECKMANN ont affolé les enchères.

Top 10 des résultats – S1 2017

Artiste Œuvre Prix (USD) Date Maison de ventes
1 Jean-Michel BASQUIAT (1960-1988) Untitled (1982) 110 487 500 $ 18/05/2017 Sotheby’s New York
2 Gustav KLIMT (1862-1918) Bauerngarten (1907) 59 004 638 $ 01/03/2017 Sotheby’s London
3 Constantin BRANCUSI (1876-1957) La muse endormie (1913) 57 367 500 $ 15/05/2017 Christie’s New York
4 Cy TWOMBLY (1928-2011) Leda and the Swan (1962) 52 887 500 $ 17/05/2017 Christie’s New York
5 Francis BACON (1909-1992) Three Studies for a Portrait of George Dyer (1963) 51 767 500 $ 17/05/2017 Christie’s New York
6 HUANG Binhong (1865-1955) Yellow mountain 50 577 000 $ 19/06/2017 China Guardian Beijing
7 CHEN Rong (1189-1258) Six Dragons 48 967 500 $ 15/03/2017 Christie’s New York
8 Max BECKMANN (1884-1950) Hölle der Vögel (1937-1938) 45 830 765 $ 27/06/2017 Christie’s London
9 Pablo PICASSO (1881-1973) Femme assise, robe bleue (1939) 45 047 500 $ 15/05/2017 Christie’s New York
10 Pablo PICASSO (1881-1973) Femme écrivant (Marie-Thérèse) (1934) 44 405 117 $ 27/06/2017 Christie’s London
copyright ©2017 artprice.com

De façon générale toutefois, l’art contemporain est le segment le plus excitant du Marché pour les collectionneurs. Cette réalité est clairement mise en lumière par l’évolution générale des prix pour les différentes périodes de création.

Les indices de prix, calculés par Artprice sur la base de l’ensemble des résultats en ventes publiques mondiales, fournissent une clé de lecture unique, et absolument objective, de l’évolution du Marché de l’Art. Or, depuis deux années, seul le secteur de l’Art Contemporain (artistes nés après 1945) affiche des prix en croissance.

Alors que l’Art Moderne et les périodes antérieures présentent des indices stable depuis la récession amenée par la crise des subprimes, l’Art d’Après-guerre rencontre à son tour de plus en plus de difficultés à maintenir la cadence. Les pièces maîtresses d’Andy WARHOL, de Cy TWOMBLY, Roy LICHTENSTEIN et même de Gerhard RICHTER deviennent maintenant rares en salles de ventes. Ce qui démontre bien que l’industrie muséale (concept économique développé par Artprice au début des années 2000) continue impitoyablement à dévorer les meilleures œuvres du Marché. Pour rappel, il s’est créé plus de musées dans le monde entre 2000 et l’année 2014, qu’au cours de tout le XXème siècle. De même, Artprice rappelle que comme pour 2016, 2017 comptera dans le monde 700 nouveaux musées d’art à caractère international, venant fortifier et donner ainsi une armature définitive à l’économie muséale.

La nouvelle ère de prospérité dans laquelle est entré le Marché de l’Art est, pour la première fois de son histoire, activée par l’Art Contemporain. Cela constitue, premièrement, un événement historique dans l’Histoire de l’Art et, par ailleurs, un marqueur indéniable démontrant la confiance des acteurs du Marché de l’Art pour les artistes vivants. La puissance actuelle de l’Art Contemporain (autrefois segment le plus fragile du Marché) atteste de la solidité du Marché de l’Art aujourd’hui dans tout son ensemble, constituant une formidable caution pour les nouveaux arrivants.

Plus que jamais, le Marché Art prouve qu’il est devenu un marché liquide et efficient, qui offre des rendements extrêmement attractifs au regard de la politique des banques centrales qui reconduisent les taux négatifs, véritable catastrophe pour les épargnants.

Indice des prix par périodes de création

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