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Les 10 œuvres les plus chères du monde en 2019

[20/12/2019]

Artprice fait régulièrement le point sur les œuvres les plus chères du monde, celles qui passionnent et agitent plus que toute autre le Marché. La fin d’année étant propice aux bilans, voici une réactualisation des coups de marteau les plus spectaculaires de tous les temps.

Top 10 historique des œuvres d’art aux enchères (mis à jour en décembre 2019)

Artiste Œuvre Année de création Prix (frais inclus) Date Maison de ventes Ville
1 LEONARDO DA VINCI (1452-1519) Salvator Mundi c.1500 450 312 500 $ 15/11/2017 Christie’s New York
2 Pablo PICASSO (1881-1973) Les femmes d’Alger (Version ‘O’) 1955 179 365 000 $ 11/05/2015 Christie’s New York
3 Amedeo MODIGLIANI (1884-1920) Nu couché 1917-18 170 405 000 $ 09/11/2015 Christie’s New York
4 Amedeo MODIGLIANI (1884-1920) Nu couché (sur le côté gauche) 1917 157 159 000 $ 14/05/2018 Sotheby’s New York
5 Francis BACON (1909-1992) Three Studies of Lucian Freud
1969 142 405 000 $ 12/11/2013 Christie’s New York
6 Alberto GIACOMETTI (1901-1966) L’homme au doigt 1947 141 285 000 $ 11/05/2015 Christie’s New York
7 QI Baishi (1864-1957) Screens of landscapes
1925 140 954 580 $ 17/12/2017 Poly Pékin
8 Edvard MUNCH (1863-1944) The scream 1895 119 922 500 $ 02/05/2012 Sotheby’s New York
9 Pablo PICASSO (1881-1973) Fillette à la corbeille fleurie 1905 115 000 000 $ 08/05/2018 Christie’s New York
10 Claude MONET (1840-1926) Meules 1890 110 747 000 $ 14/05/2019 Sotheby’s New York
© artprice.com

Il y a six ans, en 2013, le top 10 affichait un palmarès résolument occidental et moderne, avec un Pablo PICASSO omniprésent tenant 32 % du chiffre d’affaires. Trois œuvres de Picasso comptaient alors parmi les 10 œuvres les plus couteuses de la planète-enchères, sans que Picasso ne détrône pour autant The scream (1895) de Edvard MUNCH, vendue près de 120 m$ en 2012.

En 2016, changement d’échelle : le prix du record a presque doublé en 10 ans et le top 10 n’affiche que des oeuvres martelées à plus de 100 m$. Six d’entre elles ont été crées après la Seconde Guerre mondiale. Picasso, dont le Garçon à la pipe avait été le premier à passer la barre symbolique des 100m$ en 2004 (avec les frais), renouvelle son record absolu à plus de 179 m$ avec Les femmes d’Alger (Version ‘O’) (Christie’s NY, 2015). Non loin derrière, Alberto GIACOMETTI devient le sculpteur le plus cher du monde, avec trois œuvres vendues pour plus de 100 m$ chacune à son palmarès.

shutterstock_1060239314Leonardo da Vinci, Salvator Mundi

Le niveau de prix maximum a atteint d’autres sphères depuis la vente du fameux Salvator Mundi de LEONARDO DA VINCI. Parti pour la somme astronomique de 450,3m$ le 15 novembre 2017 chez Christie’s New York, il représente plus de deux fois et demi le prix des Les femmes d’Alger (Version ‘O’) de Picasso, numéro deux du classement. Picasso, détrôné par l’exceptionnel retour de flamme de l’Art Ancien, n’indique plus le nouvel horizon à atteindre.

Un autre fait marquant est l’arrivée de QI Baishi (1864-1957) depuis 2017, grâce à la vente de Screens of landscapes (山水十二条屏) pour près de 141 m$ chez Poly Auction à Pékin. C’est d’une part le prix le plus haut jamais payé pour l’œuvre d’un artiste chinois, mais également la première fois qu’un artiste chinois passe la barre des 100 m$. C’est aussi le signe que les sociétés de vente chinoises sont capables de pousser les enchères au niveau des plus grandes maisons occidentales.

Cette année 2019 consacre une seule nouvelle entrée avec Meules (1890) de Claude MONET détenant le nouveau record mondial pour une œuvre Impressionniste, à plus de 110 m$. Le propriétaire qui a mis le tableau en vente l’avait acquis en 1986 pour 2,5 m$ seulement chez Christie’s. Le précédent record pour une toile de Monet remontait à la vente de la Collection Rockefeller en mai 2018, toujours chez Christie’s NY, avec des Nymphéas en fleur cédés pour 84,6m$. Le marché sait donc apprécier les pièces impressionnistes de grande qualité qui, si elles se font peut-être plus rares, attirent toujours autant l’attention malgré le renouvellement des générations d’enchérisseurs et la popularité de l’Art Contemporain.

Qi Baishi DDCQi Baishi. ©thierry Ehrmann. Courtesy Musée de L’Organe/Abode of Chaos

A une exception près, les plus beaux records mondiaux proviennent de Sotheby’s et de Christie’s. Elles seules ont la puissance financière nécessaire pour s’engager auprès des vendeurs par le biais des systèmes de garantie, afin d’obtenir des collectionneurs qu’ils leurs confient leurs chefs-d’oeuvre. Mais la concurrence est rude et demande une réinvention perpétuelle. Christie’s, par exemple, a connu ces trois dernières années des départs successifs, dont celui de Francis Outred, responsable pour l’art d’après-guerre et contemporain en Europe basé à Londres et celui de Brett Gorvy, il y a trois ans. Francis Outred avait pris part à la vente des Three Studies of Lucian Freud par Francis BACON en 2013, œuvre la plus couteuse aux enchères pendant deux ans. Christie’s a su se réinventer depuis, accompagnée par Loïc Gouzer (il a lui aussi quitté Christie’s depuis) qui avait orchestré la vente du Salvator Mundi au sein d’une vente d’Art Contemporain et d’Après-Guerre au lieu de la vente Old Masters plus conventionnelle. Un mélange des genres apte à stimuler l’attention. L’inventivité et le marketing sont des données essentielles pour écrire de nouveaux jalons dans l’histoire du Marché de l’Art, dont l’un des enjeux est de trouver les prochaines pépites capables d’atteindre le nouveau standard des 100 millions, voire de trouver celle capable de battre l’oeuvre de Leonardo.

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