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De New York à Pékin

Les trois premières puissances du Marché de l’Art concentrent à elles seules 85% du chiffre d’affaires mondial pour 44% des transactions. Artprice recense néanmoins plus de 40 nationalités différentes dans le Top 500 des artistes. Plus que jamais les œuvres circulent et changent de continents, faisant apparaître les enjeux du soft power que se livrent les grandes nations.

Répartition géographique du produit de ventes 2018

Répartition géographique du produit de ventes 2018

Le modèle anglo-saxon vs. le modèle chinois

Londres et New York dominent sans conteste le marché occidental, concentrant 98% du produit de ventes britannique et américain chacune. La capitale anglaise contrôle pour l’instant le marché haut de gamme européen, mais Manhattan est plus à même de réunir le meilleur de l’offre et de la demande internationales. En 2017, Christie’s a échoué à vendre à Londres Study of Red Pope 1962. 2nd Version 1971 de Francis Bacon, estimée à 130m$. La capitale britannique, en très bonne santé cette année, pourrait par ailleurs être affectée par le Brexit. L’Europe tout entière devra peut-être trouver un nouvel équilibre, ou subir plus encore la domination de New York.

La Chine (4,5Mrd$) défend un Marché de l’Art mieux réparti géographiquement, construit  autour de quatre grands pôles: Pékin (45%), Hong Kong (29%), Shanghai (7%) et Guangzhou (6,7%). Cette structure permet d’allier un marché interne et un marché international, tous deux extrêmement denses et complémentaires: les géantes anglo-saxonnes Christie’s, Sotheby’s et Phillips ont réussi à s’implanter à Hong Kong, mais les maisons de ventes chinoises règnent sur le continent. Rares sont les galeries occidentales à s’y être installées (Pace et Continua à Pékin, Perrotin à Shanghai), alors que beaucoup se contentent d’événements ponctuels, comme Art021 et West Bund Art  à Shanghai.

En retour, les collectionneurs chinois prennent activement part aux ventes de prestige à New York et à Londres, et contribuent ainsi à l’Industrie Muséale au même titre que les grands acheteurs du Moyen-Orient. En 2018, les enchérisseurs chinois se sont néanmoins montrés discrets dans les salles de ventes occidentales, de toute évidence en raison des récentes tensions politiques.

Contribution de la Chine au produit des ventes mondiales

Contribution de la Chine au produit des ventes mondiales

L’attractivité de New York

A l’exception du marché des Maîtres Anciens (centré sur Londres), le meilleur de l’Histoire de l’Art occidental, depuis le XIXème siècle jusqu’à la création contemporaine, transite aujourd’hui par Manhattan. New York a prouvé qu’elle était plus que jamais la première plaque tournante pour les chefs-d’oeuvre de Monet, Corot, Van Gogh, Matisse, etc. La première ville américaine concentre ainsi à elle seule les neuf plus belles enchères de l’année.

Vincent Van Gogh (1853-1890) Vue de l’asile et de la Chapelle Saint-Paul de Mausole (1889)

Vincent Van Gogh (1853-1890)
Vue de l’asile et de la Chapelle Saint-Paul de Mausole (1889)

La domination new-yorkaise repose sur sa position de capitale internationale du Marché de l’Art, mais également sur son réseau interne de collectionneurs, galeries, musées, etc. Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’Amérique est parvenue à mettre ses artistes au centre de l’Histoire de l’Art, notamment avec l’Expressionnisme Abstrait et le Pop Art. Aujourd’hui, beaucoup des jeunes artistes les plus ambitieux d’Amérique, d’Europe, d’Afrique et d’Asie sont révélés dans les salles de ventes new-yorkaises.

Top 15 artistes de moins de 40 ans à New York

Artiste Produit Lots vendus Meilleur résultat
1 Njideka Akunyili CROSBY (1983) 3.325.000 $ 2 1.932.500 $
2 Avery SINGER (1987) 1.848.500 $ 4 735.000 $
3 Oscar MURILLO (1986) 898.750 $ 7 250.000 $
4 Nate LOWMAN (1979) 877.750 $ 7 350.000 $
5 Josh SMITH (1978) 825.750 $ 17 212.500 $
6 Harold ANCART (1980) 627.500 $ 9 237.500 $
7 Shara HUGHES (1981) 503.563 $ 9 137.500 $
8 Aaron GARBER-MAIKOVSKA (1978) 491.250 $ 8 156.250 $
9 Cory ARCANGEL (1978) 463.500 $ 3 399.000 $
10 Adam PENDLETON (1984) 377.250 $ 7 203.500 $
11 Nicolas PARTY (1980) 332.500 $ 2 330.000 $
12 Hernan BAS (1978) 304.250 $ 6 112.500 $
13 Ella KRUGLYANSKAYA (1978) 232.500 $ 4 100.000 $
14 Christina QUARLES (1985) 225.000 $ 1 225.000 $
15 Idris KHAN (1978) 225.000 $ 5 81.250 $
© Artprice.com

Artistes sans frontière

Peu d’artistes connaissent un succès véritablement mondial. Celui-ci est pourtant l’un des meilleurs indicateurs de leur place et de leur importance dans l’Histoire de l’Art. Monet, Picasso, Basquiat bénéficient de cette reconnaissance sans frontière. Mais aujourd’hui, de plus en plus d’artistes contemporains enregistrent eux aussi de très belles ventes aux quatre coins de la planète simultanément. Forts de leurs performances à New York et à Londres, ils entrent sur le marché asiatique grâce à Hong Kong, bien sûr, mais aussi à Séoul.

Top 10 des artistes internationaux (sélection)

Parts de marché
Artiste Total Chine États-Unis Europe
1 Roy LICHTENSTEIN (1923-1997) 66.455.586 $ 11 % 69 % 19 %
2 George CONDO (1957) 63.330.085 $ 12 % 56 % 31 %
3 KAWS (1974) 34.061.302 $ 26 % 45 % 22 %
4 Cecily BROWN (1969) 32.480.908 $ 19 % 42 % 39 %
5 Tsuguharu FOUJITA (1886-1968) 31.738.628 $ 23 % 10 % 44 %
6 Takashi MURAKAMI (1962) 31.301.739 $ 49 % 32 % 13 %
7 Louise BOURGEOIS (1911-2010) 24.616.761 $ 50 % 19 % 31 %
8 Jonas WOOD (1977) 13.158.477 $ 20 % 58 % 22 %
9 Anish KAPOOR (1954) 12.095.316 $ 22 % 24 % 46 %
10 Sean SCULLY (1945) 11.206.059 $ 14 % 37 % 48 %
© Artprice.com

Symbolisant cette nouvelle dynamique, la meilleure adjudication pour une oeuvre de Louise Bourgeois a été frappée cette année à Hong Kong pour Quarantania, une statue en bronze de 2 mètres, achetée 8,6m$ le 1er octobre 2018.

De manière plus remarquable encore, le street artiste Kaws profite d’une visibilité planétaire et voit la demande exploser pour ses oeuvres: ses 21 meilleures ventes aux enchères ont toutes été enregistrées en 2018 et se répartissent entre New York, Londres, Hong Kong et Séoul.

Un marché de plus en plus efficient

Face à la mondialisation du Marché de l’Art, une nouvelle stratégie consiste à mettre en vente des œuvres importantes en dehors des grandes capitales. Dès lors que la pièce possède un passeport d’exportation, qu’elle est susceptible d’attirer les grands acheteurs et que ceux-ci sont parfaitement informés, le reste n’est plus qu’une question de mise en scène et de mise en concurrence.

Une situation qu’illustre parfaitement la vente de l’oeuvre La chasse au taureau sauvage (Banteng) (1855) de Raden Sjarief Bastaman SALEH. Retrouvée dans la cave d’un particulier en Bretagne, la toile a d’abord été dûment présentée aux acheteurs potentiels, avant de revenir à Vannes, pour être mise en vente chez Ruellan, le 27 janvier 2018. Bien loin des grandes capitales du Marché de l’Art, avec une mise à prix de 230.000$ seulement, l’oeuvre a finalement été acquise par un collectionneur indonésien pour 11.110.000$ : la meilleure vente française 2018.

Raden Saleh (1814-1880) La Chasse au taureau sauvage (Banteng) (1855)

Raden Saleh (1814-1880)
La Chasse au taureau sauvage (Banteng) (1855)

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