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Le marché de l'art contemporain 2016

Edito par thierry Ehrmann

IMG_8672NB2_RVBL’Art Contemporain sera toujours l’inframince du Marché de l’Art : constamment en procès pour ses records, sa difficulté de lecture et sa tendance à la contestation qui constitue pourtant sa nature même.

Ses détracteurs n’ont pas encore compris qu’ils sont les premiers contributeurs de ce Marché, comme le disait Marcel Duchamp à propos du rapport fusionnel entre le Marché et ceux qui le critiquent.

Pourquoi un tel débat passionné ? La réponse est à portée de main, pour peu que l’on suive une approche raisonnée, macro et micro-économique. Et que l’on parte du postulat, désormais gravé dans le marbre, que le Marché de l’Art est efficient depuis ce début de XXIème siècle.

Une fois posés les mécanismes et la cartographie du Marché de l’Art, il devient subitement plus sain, plus enthousiasmant d’aborder le segment de l’Art Contemporain et cela donne pour la première fois au Marché de l’Art une vision instantanée de notre monde et de son futur proche.

Ce qui caractérise l’artiste, depuis la nuit des temps, c’est sa capacité à produire son ressenti comme le miroir de notre Monde en devenir. Seul le Marché de l’Art Contemporain permet ce supplément d’âme et de fraîcheur que n’amèneront jamais les marchés de l’art ancien et moderne. C’est peut-être au coeur de ce fossé sociologique que se nichent les secrets de la réussite du Marché de l’Art Contemporain, dans un siècle où la science et les découvertes progressent de façon exponentielle.

L’Art Contemporain pourrait également s’appréhender par des lois mathématiques, telle la loi de Robert Metcalfe : “l’utilité du Marché de l’Art Contemporain sur Internet est proportionnelle au carré du nombre de ses amateurs, collectionneurs, professionnels et institutionnels”.

Pour comprendre la croissance de 1 370 % de l’Art Contemporain depuis l’an 2000, il faut analyser les leviers que sont la facilité d’accès aux informations sur le Marché de l’Art et la dématérialisation des ventes, le tout sur Internet avec 95 % des acteurs connectés, principalement par l’Internet mobile.

La financiarisation du Marché est nécessairement aussi à l’origine de la croissance, avec la démultiplication des consommateurs d’art (de 500 000 à l’Après-Guerre jusqu’à 70 millions en 2015), leur rajeunissement, et l’extension du Marché à toute la Grande Asie, zone Pacifique, Inde, Afrique du Sud, Moyen-Orient et Amérique du Sud. Notre association de longue date avec notre partenaire institutionnel chinois, le Groupe Artron et AMMA (Art Market Monitor by Artron), présidé par Wan Jie, nous permet d’avoir une lecture de l’intérieur de la Grande Asie. Cette collaboration permet de décrypter ce continent où se joue l’avenir du Marché de l’Art Contemporain, car il abrite une masse critique d’artistes de très haut niveau.

Enfin, la transformation du Marché passe par l’industrie muséale (700 nouveaux musées par an) devenue une réalité économique planétaire au XXIème siècle. Il s’est construit plus de musées entre 2000 et 2014 que durant tous les XIXème et XXème siècles. Cette industrie dévoreuse de pièces muséales constitue l’un des facteurs primordiaux de la croissance spectaculaire du Marché de l’Art. En 2016/2017, ce ne sont pas moins de 1 200 musées qui verront le jour sur les cinq continents. Et l’Art Contemporain y sera évidemment présent, voire surreprésenté.

Alors que les Banques Centrales appliquent des taux négatifs qui ruinent les épargnants, le Marché de l’Art affiche une santé insolente avec une progression de 1 370 % des recettes annuelles enregistrées sur le seul segment de l’Art Contemporain en 16 ans. Cette croissance a profité à l’ensemble du Marché et pas seulement aux artistes stars. Le rendement annuel moyen est de l’ordre de 9 %, dès lors que le prix d’achat franchit 20 000 $.

Au-delà de ce constat, l’analyse sociologique montre que les artistes contemporains ont acquis dans leur production une grande maturité ainsi que la confiance du Marché de l’Art. Le vieux mythe de l’artiste maudit de son vivant semble à présent révolu. De même, l’adage « seul un artiste mort est un bon artiste » peut disparaître dans les oubliettes de l’histoire. Ce 11ème rapport se plonge au cœur de cette passionnante question.

Au risque de me répéter, une explication heureuse s’impose. L’artiste contemporain remplit à nouveau son rôle, comme le souligne fort bien le philosophe Giorgio Agamben : « Un artiste contemporain est celui qui prend en pleine face le faisceau obscur de son temps ».

Etant fondateur et président d’Artprice, je suis aussi sculpteur-plasticien depuis 34 ans : la vision d’Agamben est celle qui nous décrit, nous autres artistes, de la manière la plus forte, la plus tragique, mais aussi la plus belle.

Dans le monde normalisé et mondialisé du village global, l’artiste contemporain nous amène cette spiritualité, objet de notre quête permanente face à une dématérialisation qui mène sans discussion possible à un changement de paradigme.

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