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Vente de la collection Bergé – YSL : Paris se repositionne sur le marché mondial

[01/03/2009]

 

La dispersion Bergé YSL est historique à plus d’un titre : les 373,5M€ enregistrés à l’issue des trois jours de ventes signent le record mondial d’une vente de collection privée et le record pour une vacation européenne. De plus, les coups de marteau frappés pour le Fine art représentent 66,7% du produit des ventes parisien 2008 et 53,2% du chiffre d’affaires des vacations françaises de l’an dernier. En effet, le résultat hors norme de 206 M€ (264,9M$) pour les adjudications d’œuvres d’art (en excluant les Antiquités, le mobilier et les objets) pèsera lourd dans la compétition internationale. Dans le classement par produit des ventes en 2009, il pourrait permettre à la France de regagner une troisième position perdue au profit de la Chine depuis 2007.

Le premier volet de la dispersion Bergé & YSL chez Christie’s s’ouvrait le 23 février, au moment où Wall Street enregistrait son plus bas depuis 12 ans (S&P 500 à 743,33 points). Malgré les indicateurs économiques dans le rouge, l’AMCI d’Artprice enregistrait une forte intention d’achat chez les acteurs du marché de l’art (70,8% des votants), intention confirmée par les 182 M€ enregistrés par Christie’s pour les œuvres impressionnistes et modernes adjugées le 23 février. Le résultat de cette première journée écrasait le précédent record mondial de vente d’une collection privée, celle de Victor et Sally Ganz dispersée pour 163,6M€ en 1997 (Christie’s NY).

Au terme de la soirée du 23 février, Christie’s enregistrait son lot de records pour les plus grands maîtres de l’art moderne avec Les Coucous d’Henri MATISSE emportée pour 32 M€, la sculpture Madame L.R. de Constantin BRANCUSI vendue 26 M€ (6 millions au-dessus de l’estimation), le ready-made historique Belle haleine-Eau de voilette de Marcel DUCHAMP explosant son estimation pour une enchère finale de 7,9M€ (l’œuvre était sous-estimée à 1,5M€), la Composition avec bleu, rouge, jaune et noir de Piet MONDRIAAN envolée à 19,2 M€ et Le Désespoir de Pierrot de James ENSOR adjugé 4,4M€.

La qualité du pedigree n’a pas déclenché de frénésie d’achat à tout prix : les collectionneurs ont opéré un tri minutieux boudant le Pablo PICASSO cubiste surestimé à 25 M€ et quatre toiles de Théodore GÉRICAULT, dont les prix de réserve étaient trop élevés. Pour un chef-d’œuvre du même Géricault, le Portrait d’Alfred et d’Elisabeth Dedreux, l’adjudicataire a établi un nouveau sommet pour l’artiste à 8M€, rafraîchissant un record détenu depuis 1989 par le Portrait de Laure Bro, née de Comères (Sotheby’s Monaco, adjugé l’équivalent de 4,9 M€).

La qualité muséale des pièces de cette collection attisa la convoitise de l’état français. Le 23 février, il préemptait Ritornante de Giorgio DE CHIRICO pour le Centre Pompidou, Les Lilas d’Édouard VUILLARD et Au conservatoire de James ENSOR pour le musée d’Orsay. Montant de la facture : 10,6 M€ hors frais. Les deux jours suivants, il se substituait encore au meilleur enchérisseur pour un portrait miniature de Louis XIV de Petitot pour le musée du Louvre et des plaques en émail de Limoges du XVIème siècle.

Au terme de cette dispersion exceptionnelle, le marché de l’art ne fléchit face à la crise financière et la récession économique mondiale, si les œuvres proposées sont de grande qualité.

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