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Top enchères pour la Corée

[05/10/2018]

 

Le vendredi, c’est Top ! Un vendredi sur deux, Artprice vous propose un classement d’adjudications par thème afin de mieux décrypter les grandes tendances du Marché de l’Art. Le classement de la semaine vous permet de découvrir quels sont les artistes les plus demandés depuis Séoul.

Seule une artiste de ce classement spécial Séoul n’est pas coréenne. Il s’agit de l’obsessionnelle Yayoi KUSAMA. Peu étonnant de voir si bien classée cette figure emblématique de l’art contemporain, à la popularité sans rival et femme vivante la plus cotée du monde… Ses œuvres s’arrachent à Séoul comme elles s’arrachent à Londres, New York, Hong Kong ou Tokyo. La Corée du Sud est d’ailleurs une place de marché aussi importante que celle du Royaume-Uni (en volume de transactions comme en volume d’affaires) pour l’artiste presque nonagénaire, dont une œuvre immersive est actuellement exposée à la galerie Victoria Miro de Londres (3 octobre-21 décembre).

Rang Artiste Adjudication ($) œuvre Vente
1 Whan-Ki KIM (1913-1974) 2 304 522$ Moon, Plum Blossoms and Bird 23/05/2018 K-Auction Séoul
2 Jung Sup YI (1916-1956) 1 480 160$ Fighting Bulls 02/05/2018 Seoul Auction Séoul
3 Yayoi KUSAMA (1929) 1 014 916$ Infinity Nets (Opreta) 21/03/2018 K-Auction Séoul
4 Whan-Ki KIM (1913-1974) 954 134$ South East 24-VIII-65 21/03/2018 K-Auction Séoul
5 Seo-Bo PARK (1931) 913 612$ Ecriture No.23-77 21/03/2018 K-Auction Séoul
6 Kyung-Ja CHON (1924-2015) 824 439$ Play 20/06/2018 Seoul Auction Séoul
7 Seo-Bo PARK (1931) 822 805$ Ecriture No. 1-79-81 23/05/2018 K-Auction Séoul
8 Whan-Ki KIM (1913-1974) 652 608$ VII-66 23/05/2018 K-Auction Séoul
9 Nam June PAIK (1932-2006) 612 562$ TV is New Heart 23/05/2018 K-Auction Séoul
10 Soo-Gun PARK (1914-1965) 576 114$ Seated Woman 20/06/2018 Seoul Auction Séoul
copyright © 2018 artprice.com

Le Picasso de la Corée

Outre l’art « psychosomatique » de la nipponne Kusama, les artistes les mieux vendus à Séoul sont tous coréens. Le plus accompli n’est autre que Whan-Ki KIM, parfois surnommé Le Picasso de la Corée. Le nom de cet artiste, considéré comme le plus brillant représentant de l’art moderne dans son pays, revient a trois reprises dans le classement des meilleures enchères de Séoul en 2018. Pionnier de l’abstraction et âme profondément littéraire, Whan-Ki KIM n’est pas resté fermé sur la Corée, mais il n’a eu de cesse de découvrir les autres scènes artistiques de son époque, voyageant et s’installant dans plusieurs pays étrangers. Plusieurs années passées à vivre à Tokyo, Paris et New York furent entrecoupées par des retours réguliers à Séoul où il développa une nouvelle approche de l’art. Ce nomadisme, vecteur d’une identité culturelle plurielle, constitue l’une des grandes forces de l’art moderne coréen et de Whan-Ki KIM, dont la valorisation ne cesse de croître. En mai dernier, l’une de ses œuvres a d’ailleurs planté un nouveau record saisissant, au seuil des 8 m$ (3-II-72 #220, 1972, vendu 7,9m$, le 27 mai 2018). Ce coup de marteau, qui a été frappé dans l’antenne hongkongaise de Séoul Auction, démontre au passage combien la demande ne se limite pas aux frontières du pays dont l’artiste est originaire. La notoriété de l’oeuvre de Whan-Ki KIM est bien plus large et touche toute l’Asie, tout en perçant le marché américain dans une moindre. Fort d’un indice des prix en hausse de +335% depuis 2000, cet artiste emblématique d’une création coréenne en pleine revalorisation n’a certainement pas encore donné toute sa puissance sur le Marché des enchères.

Accélération des records pour Park Seo-bo

Un autre nom revient à trois reprises dans le classement, celui de Park Seo-bo, l’un des membres fondateurs du Dansaekhwa, une tendance abstraite monochrome née en Corée dans les années 1970, et incarnant le modernisme coréen d’après-guerre. Ce travail minimaliste et délicat, que l’artiste considère comme une écriture, bénéficie d’une demande solide et d’une puissance revalorisation depuis 2015, année d’une exposition solo dans l’antenne new-yorkaise de la galerie Perrotin et d’un premier coup de marteau millionnaire en dollars (à Hong Kong), suivi par six autres. Le marché de Park Seo-bo n’a jamais été si vif et le rythme des records s’accélère : 1,09 m$ en mai 2017, 1,4m$ quatre mois plus tard, et enfin 1,7 m$ cette année à Hong Kong. La hausse des prix est redoutable (indice de prix en hausse de +290% depuis 2010) grâce au succès constaté depuis Kong Kong qui concentre aujourd’hui la moitié du volume d’affaires de l’artiste, contre moins de 5% avant 2008, soit avant l’implantation de la société coréenne Séoul Auction à Hong Kong. Séoul Auction diffuse en effet les œuvres de Park Seo-bo comme d’autres importants artistes coréens sur la plus internationale des tribunes asiatiques depuis maintenant 10 ans, une diffusion qui a un effet levier conséquent sur les prix. L’ouverture internationale du marché de Park Seo-bo est par ailleurs en cours du côté des Etats-Unis : New York gagne des parts de marché et commence à enregistrer des résultats millionnaires depuis deux ans.

Cette ouverture à l’internationale est l’une des clefs de la réussite de la Corée sur le Marché des enchères. En faisant le pari de Hong Kong, Séoul auction a considérablement développé la demande et les prix des artistes coréens. Tous ne sont pas encore représentés hors des frontières. L’artiste Jung Sup YI, par exemple, n’est porté que par ses compatriotes, ce qui ne l’empêche pas de prendre la seconde place du classement, fort d’une nouvelle enchère millionnaire pour une œuvre de moins de 40 centimètres. Le marché intérieur coréen est vivant et stimulant. Il est même l’un des plus performants puisque la Corée du Sud s’impose comme la 11e place de marché mondiale pour la vente d’oeuvres d’art, avec un volume d’affaires oscillant entre 60 et 80 millions de dollars selon les années. C’est une place forte sur l’échiquier mondial en regard de ses performances, plus importantes que celles enregistrées en Belgique, aux Pays-Bas et en Espagne.

Le rayonnement des artistes coréens est par ailleurs en plein développement depuis peu, depuis pourrait-on dire, l’inauguration d’un pavillon national à la Biennale de Venise en 1995 (avec l’artiste Kim In Kyum). Vingt ans après l’inauguration de ce pavillon coréen, une importante exposition rendait hommage au courant artistique le plus emblématique de la création du pays, le Dansaekhwa, pendant 56e Biennale, dans un palazzo situé sur le Grand Canal de Venise (8 mai-15 août 2015). Cette exposition a regroupé les artistes majeurs du grand courant abstrait qu’est le Dansaekhwa, tendance autrefois oubliée dans l’histoire de l’art vue par les Occidentaux, dont on redécouvre depuis peu le contrepoint essentiel qu’elle offre face aux grands courants abstraits européens et américains de la seconde moitié du XXème siècle. Le Dansaekhwa est un langage à part de l’histoire de l’art, un langage en pleine revalorisation, dont le potentiel de développement économique intéresse vivement les grands marchands internationaux, dont Kamel Mennour, Larry Gagosian ou Emmanuel Perrotin, qui s’est implanté à Séoul en 2016 dans le quartier arty de Jongno-gu.

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