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Top des artistes contemporains chinois

[17/08/2018]

Le vendredi, c’est Top ! Un vendredi sur deux, Artprice vous propose un classement d’adjudications par thème. Retrouvez cette semaine le classement des contemporains chinois les plus performants, 10 ans après le pic atteint par certains des artistes les plus en vogue.

Deux artistes chinois se hissent dans le Top 10 mondial de l’art contemporain, avec plus de 40 millions d’oeuvres vendues en 12 mois (entre fin juin 2017 et fin juin 2018). Il s’agit de Chen Yifei et de Zhou Chunya, dont les chiffres d’affaires sont supérieurs à ceux d’un Jeff Koons ou d’un Damien Hirst. Leurs styles, presque aux antipodes l’un de l’autre, témoignent de deux « niches » fortement valorisées par les grands collectionneurs chinois : une peinture très réaliste d’une part, une autre plus libre, et plus propice à emporter l’adhésion des collectionneurs internationaux.

Rang Artiste Adjudication ($) œuvre Vente
1 CHEN Yifei (1946-2005) 22 640 280$ Warm spring in the jade pavilion
19/12/2017 China Guardian Pékin
2 ZHOU Chunya (1955) 6 743 740$ Chinese tone
19/06/2018 China Guardian Pékin
3 ZHANG Xiaogang (1958) 6 211 340$ Bloodline: The Big Family No.1
19/06/2018 China Guardian Pékin
4 QIU Hanqiao (1958) 5 751 438$ Mountain rhyme 22/07/2017 Hangzhou Jiashi Auction
5 LIU Wei (1965) 4 534 985$ Revolutionary Family Series: Travel Time 31/03/2018 Sotheby’s hong Kong
6 AI Xuan (1947) 3 762 296$ Aspirant 19/06/2018 China Guardian Pékin
7 ZENG Fanzhi (1964) 3 134 808$ The mask series No.16
19/12/2017 China Guardian Pékin
8 REN Zhong (1976) 2 760 406$ Nine dragons and sea 30/04/2018 Council Shanghai
9 YUE Minjun (1962) 2 484 536$ Time drama 19/06/2018 China Guardian Pékin
10 LIU Ye (1964) 1 774 669$ Red Yellow Blue
19/06/2018 China Guardian Pékin
copyright © 2018 artprice.com

Des nouveaux records exceptionnels

Le plus grand peintre réaliste chinois se nomme Chen Yifei. Il s’est rendu célèbre en se spécialisant dans la peinture à l’huile de portraits et de paysages, avant de se tourner vers des scènes traditionnelles qui lui ont valu l’appellation de « réaliste romantique ». Né en 1946 et décédé en 2005, Chen Yifei a mené une carrière dense en Chine, en tant que peintre et que réalisateur de films, mais il s’est aussi fait connaître aux Etats-Unis, ayant vécu et travaillé à New York entre 1980 et 1990 et exposé au sein de la galerie Marlborough à New York en 1999, mais ses œuvres demeurent extrêmement rares sur le marché américain. Sa cote explosive (indice des prix en hausse de + 956% depuis 2000) repose exclusivement sur la ferveur de la demande en Chine et à Hong Kong. L’une de ses œuvres est récemment partie pour un prix record : 22,6 m$, pour une toile de près de deux mètres cinquante représentant une scène traditionnelle dans un pavillon de Jade. Un exploit inattendu pour cette oeuvre estimée entre 3 et 5 millions de dollars par la société China Guardian qui l’a mettait en vente en décembre dernier. Cette œuvre ajoute 10 millions au précédent record (Wind of Mountain Village, 1994 , 12,5m$ le 24 mai 2011 chez China Guardian à Pékin) et fait de Chen Yifei l’artiste contemporain chinois le plus cher de l’année. Le résultat total de ses œuvres vendues aux enchères atteint 47 m$ en 12 mois, soit 7 millions de plus que Jeff Koons, le sculpteur contemporain le plus coté de la planète. Un autre record confirme la cote impressionnante de la peinture réalise : celui emporté pour l’artiste Ai Xuan à 3,7 m$, pour sa toile Aspirant.

Second chinois au classement, le succès du peintre et sculpteur Zhou Chunya marque une autre tendance forte du marché chinois, fusion de diverses influences. Formé en tant que peintre de propagande pendant la Révolution culturelle chinoise, Zhou Chunya a accédé à la célébrité sur le plan international en peignant inlassablement son berger allemand, Heigen, dans sa série Green dogs. Principal sujet de ses œuvres, le chien est, en quelque sorte, un autoportrait par procuration lui permettant d’exprimer toute une panoplie d’émotions dans une touche libre et énergique, fusion de son propre bagage artistique et d’une verve expressionniste découverte lors de ses études à l’Académie des Beaux Arts de Kassel en Allemagne. Figure essentielle de la scène culturelle chinoise, Zhou Chunya est vice président de l’association des Beaux-Arts du Sichuan, directeur du Comité de l’Art de la Peinture à l’huile, et vice président de l’association des Beaux-Arts de Chengdu. Une rétrospective retraçant 30 années de travail s’est tenue en 2010 au Musée d’Art de Shanghai. Zhou Chunya emporte deux nouveaux records millionnaires cette année, dont un sommet à plus de 6,7m$ (le 19 juin dernier à Pékin). Quelque soit sa période de création, il est aujourd’hui l’un des artistes les plus demandés en à Taiwan, Hong Kong et en Chine continentale. Il est aussi l’un des artistes plus couteux de la scène contemporaine chinoise, fort d’un indice des prix en hausse de + 440% sur la décennie.

Des parcours en dents de scie

Zhou Chunya a rattrapé les niveaux de prix atteint par le célèbre Zhang Xiaogang au tournant des années 2010. Zhang Xiaogang – tout comme Zeng Fanzhi, Yue Minjun ou Liu Wei – fait partie de ces artistes qui ont connu des envolées de prix exceptionnelles, avant que le marché ne devienne périlleux. Leurs chiffres d’affaires se sont véritablement effondrés suite à une phase très spéculative. Le résultat annuel de Yue Minjun perdait notamment 39 millions entre un pic atteint en 2007 et l’année 2013, celui de Zeng Fanzhi perdait 60 millions entre 2013 et 2015, tandis que le résultat de Zhang Xiaogang passait de 57,5 m$ en 2008 à moins de 12 m$ en 2013. Les oeuvres ont alors accusé une sévère décote… Il y a deux ans par exemple, une toile de la célèbre série Bloodline de Zhang Xiaogang enregistrait une moins-value de 4,5 m$. Intitulée Bloodine: Big Family No.1, l’oeuvre en question partait d’abord pour 8,4 m$ à Hong Kong (Sotheby’s, le 3 octobre 2011), avant de voir son prix révisé à 4,9 m$ à New York (Sotheby’s, le 11 mai 2016)… Cette année néanmoins, une toile de la même trempe a emporté 6,2 m$ à Pékin, soit un résultat encourageant après le jeu de montagnes russes constaté ces dernières années.

Une autre tendance forte se distingue dans la création contemporaine chinoise : les travaux réalisés à l’encre qui renouvellent la longue tradition de l’art Chinois. Les Chinois enflamment les enchères pour des œuvres de Qiu Hanqiao (marché 100% chinois) qui tient la quatrième place de ce Top. L’un de ses dessins à l’encre a planté un nouveau record multi-millionnaire, 5,7 m$, en juillet 2017 à Hangzhou. Cette tradition se perpétue d’autant qu’elle est portée à des niveaux de prix exceptionnels par la demande intérieure. L’artiste Ren Zhong, 42 ans, travaille lui aussi à l’encre sur papier, ou sur soie. Ses prix ont commencé à décoller au moment ou ceux de Zhang Xiaogang ou Yue Minjun commençaient à fléchir. Cette année, le jeune artiste vient de passer un cap important avec une première adjudication millionnaire : 2,7 m$ pour un grand rouleau à l’encre cédé en avril dernier en Chine, où se vende 100% de ses œuvres.

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