Top 10 des oeuvres coréennes

[08/01/2016]

 

Le vendredi c’est top! Un vendredi sur deux, Artprice vous propose un classement d’adjudications par thème. Cette semaine, les 10 oeuvres les plus chères de l’année 2015, réalisées par des artistes coréens. Car l’art coréen flambe. Ce fut l’une des grandes tendances de 2015…

Top 10 des artistes coréens
Rang Artiste Adjudication Oeuvre Vente
1 Whan-Ki KIM 3 999 000$ 19-Ⅶ-71 #209 (19-Ⅶ-71 #209) (1971) 2015-10-05 Seoul Auction Corée
2 Whan-Ki KIM 1 741 500$ On the Way Back 2015-11-28 K-Auction Corée
3 Whan-Ki KIM 1 741 500$ 16-Ⅱ-70 #147 (1970) 2015-11-29 Seoul Auction Corée
4 Whan-Ki KIM 1 483 500$ Montagne Bleue (1956) 2015-05-30 Christie’s Corée
5 Whan-Ki KIM 1 360 000$ Island Sketches 2015-12-15 K-Auction Corée
6 Ufan LEE 1 100 000$ From Point, No.780163 (1978) 2015-11-11 Sotheby’s Corée
7 Ufan LEE 1 032 000$ From Line (1978) 2015-04-04 Sotheby’s Corée
8 Seo-Bo PARK 1 006 200$ Ecriture No. 65-75 (Writing No. 65-75) (1975) 2015-11-28 Christie’s Corée
9 Sang-Hwa CHUNG 967 500$ Untitled 05-3-25 (無題 05-3-25) (2005) 2015-10-05 Seoul Auction Corée
10 Ufan LEE 928 800$ From Point (1979) 2015-05-30 Christie’s Corée
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La hausse des prix du Dansaekhwa

Les prix flambent surtout pour le Dansaekhwa, signifiant littéralement « peinture monochrome ». Cette tendance abstraite, qui émerge dans les années 1970, relève d’une esthétique sobre, minimaliste et répétitive, se réclamant d’un processus méditatif. Si le Dansaekhwa incarne le modernisme coréen d’après-guerre, les acteurs internationaux du marché de l’art se montrent déterminés à mettre en avant ce mouvement et sa légitimité historique. L’intérêt pour le Dansaekhwa s’est ainsi manifesté à plusieurs reprises en 2015, notamment sur des foires comme la Frieze Masters de Londres ou la Art Basel de Miami Beach, sur une exposition en marge de la Biennale de Venise regroupant les artistes Chung Chang-sup, Chung Sang-hwa, Ha Chong-hyun, Kim Whan-ki, Kwon Young-woo, Lee U-fan et Park Seo-bo (au Palazzo Contarini-Polignac, du 8 mai au 15 août 2015), et sur d’autres expositions aux Etats-Unis et à Paris. Cette actualité fournie allait de paire avec des coups de marteau pour le moins retentissants.

Les records de l’année

Ils sont quatre, quatre coréens à tenir les meilleures place d’un Top annuel affichant bons nombre de nouveaux records mondiaux. Les prix flambent pour Kim Whan Ki, Park Seo-bo, Lee Ufan et Chung Sang-Hwa, surtout à Hong Kong (la place de marché asiatique la plus internationale) et en Corée du Sud, où ces artistes réalisent la grande majorité de leurs chiffres d’affaires.

Whan-Ki KIM (1913-1974) :  Kim Whan Ki est considéré comme un pionnier. Il a promu l’art abstrait en Corée, se concentrant sur des éléments formels simples, essentiellement des points et des lignes. Il est aujourd’hui le plus coté des artistes du Dansaekhwa, grâce à une demande qui s’est considérablement internationalisée ces 15 dernières années (65% de son chiffre d’affaires se joue en Corée, 29% à Hong Kong et 7% aux Etats-Unis). Précisons que la reconnaissance internationale de Kim Whan Ki n’est pas un phénomène nouveau, et que l’artiste a passé la majeure partie de sa vie en dehors de la Corée. Il fut particulièrement productif durant ses années parisiennes (de 1956 à 1959), avant de passer du temps à New York et d’être récompensé lors de la septième Biennale de São Paulo, en 1963. La nouveauté de son marché réside dans la régularité avec laquelle ses œuvres ont passé le million de dollars cette année ; à cinq reprises, rien de moins. Résultat des courses : son chiffre d’affaires annuel double ses performances de 2014 (21,5 m$ d’oeuvres vendues aux enchères en 2015 contre 10,7 m$ en 2014) et une œuvre a flirté avec les 4 millions de dollars, un record absolu frappé le 5 octobre dernier. Ces formidables performances ont toutes été enregistrées entre Séoul et Hong Kong. Elles sont restées sans suite – pour l’heure – sur le marché occidental, qui le suit d’autant plus près qu’une œuvre a déjà passé le million à New York. C’était un 2011.

Seo-Bo PARK (né en 1931) : Park Seo-bo est l’un des membres fondateurs du Dansaekhwa. Il s’est imposé par des gestes simples, un langage rudimentaire tracé sur un papier coréen traditionnel, le tout d’une grande puissance psychique. Park Seo-bo qualifie son travail d' »écriture », terme qu’il utilise pour intituler ses œuvres et pour annoncer toutes ses expositions depuis 1967. Soutenu par d’importantes galeries occidentales, dont Emmanuel Perrotin et Blum and Poe, il demeure lié à 95% à l’Asie sur le marché des enchères (54% de son chiffre d’affaires se joue à Hong Kong contre près de 41% en Corée du Sud). Il est néanmoins possible de trouver quelques œuvres sur les places de marché de Taiwan, de Chine continentale, du Japon, des Etats-Unis et de la France. L’année 2015 marque un tournant dans son histoire sur le marché des enchères, avec la première adjudication millionnaire de sa carrière : Ecriture No. 65-75 (Writing No. 65-75), vendue 1,212 m$ chez Christie’s Hong Kong, le 28 novembre. A 14 reprises, son ancien record de 227 500 $ – qui n’était d’ailleurs pas si ancien puisqu’il remontait à décembre 2014 – fut battu en 2015. C’est une véritable consécration pour l’artiste, dont les recettes annuelles passent de 1,2 m$ à plus de 12 m$.

Ufan LEE (né en 1936) : Lee Ufan, fondateur du groupe Mono-Ha, est aussi une grande figure du Dansaekhwa, et l’artiste de ce mouvement le mieux connu sur la scène internationale (il a notamment exposé au Château de Versailles en 2014). Représenté par des galeries occidentales solides telles que Kamel Mennour et Thaddaeus Ropac, ses œuvres s’échangent dans le monde entier et à de forts niveaux de prix. Lee Ufan n’est pas neuf sur le marché haut de gamme puisqu’il enregistrait son premier résultat millionnaire à New York en 2007, avant d’exposer au musée Guggenheim de New York en 2011. C’est encore à New York qu’il s’est le mieux vendu l’an dernier, avec une toile de 1978, From Point, No.780163, payée 1,33 m$. Si New York représente près de 19% de son marché, la France domine encore son marché depuis 2000, avec 40% de ses recettes aux enchères.

Sang-Hwa CHUNG (né en 1932) : le quatrième artiste complétant ce Top est Chung Sang-Hwa, dont on a pu voir les œuvres exposées à la galerie Blum & Poe de Los Angeles en 2014 et à la Frieze New York 2015, sur le stand de la galerie Hyundai. L’artiste vit aujourd’hui en Corée, après plusieurs années passées au Japon (entre 1969 et 1976) et en France (notamment entre 1976 et 1992). Ses subtiles modulations monochromatiques ont littéralement explosé, si bien que Chung Sang-Hwa enregistrait les 18 meilleurs résultats d’adjudications de sa carrière en 2015, dont un nouveau record au seuil du million de dollars (967 500 $), lors de la fameuse vente organisée par Seoul Auction à Hong Kong le 5 octobre dernier.

Ces signatures ont intégré les grandes sociétés de ventes internationales et leurs prix flambent grâce au travail conjoint du premier et du second marché. De mieux en mieux reconnue par les amateurs internationaux, la crème des artistes coréens pourrait poursuivre son ascension de prix courant 2016.