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Tendance abstraite

[30/05/2017]

Forte demande pour Soulages, nouveau record pour Riopelle, Hartung présenté sur Art Basel et bientôt à New York… les plus grands peintres abstraits du XXème siècle ont, plus que jamais, le vent en poupe.

Le marché des grands artistes abstraits de la seconde moitié du XXème siècle est l’un des plus dynamiques et des plus prometteurs du moment. Face à l’explosion des prix de l’art ultra-contemporain au cours de la dernière décennie, marchands et collectionneurs opèrent un retour sur ce pan essentiel de la création, accompagné par une puissante revalorisation.

Jean-Paul RIOPELLE (1923-2002) vient de signer un nouveau record absolu époustoufflant… sa grande toile Vent du nord (près de deux mètres), idéalement datée de 1952/53 et attendue autour du million de dollars le 24 mai dernier à Toronto explosait toutes les prévisions en faisant grimper les enchères jusqu’à plus de 4m$, ce qui l’amène à 5,5m$ frais inclus (chez Heffel Fine Art, Canada). Nouveau record de l’artiste (trois millions au-delà d’un précédent sommet frappé en 2012 chez Christie’s Paris) et deuxième œuvre canadienne la plus chère (le record canadien étant tenu par une toile de l’artiste ontarien Lawren Harris, Mountain Forms, vendue 8,3$ en novembre 2016 chez Heffel, Vent du nord marque une nouvelle étape dans la valorisation du peintre canadien le plus connu à l’international. Par ailleurs, ce nouveau record emmène Riopelle plus haut que le monstre sacré de l’abstraction Pierre SOULAGES, qui culmine pour sa part à 6,7m$ depuis 2013, avec une toile de 1959 (Peinture, 21 Novembre 1959) vendue chez Sotheby’s à Londres.

Rappelons que Soulages, le maître de l’Outre-noir, affiche l’une des évolutions de cote les plus enviables du moment, avec un indice de prix en progression de 484% depuis l’année 2000 (si bien que 100 $ investis en 2000 dans une oeuvre de Pierre Soulages valent en moyenne 584 $ aujourd’hui). A 97 ans, Pierre Soulages est l’artiste vivant français le plus coté. Ce grand précurseur du monochrome réalisa ses premiers tableaux noirs à la fin des années 40, stimulant notamment l’intérêt de James Johnson Sweeney, conservateur au MoMA de 1935 à 1946 puis au Guggenheim de New York de 1952 à 1960. Aujourd’hui, son œuvre fait autorité dans les plus grands musées du monde et son actualité marchande pourrait se déployer côté asiatique, puisque le galeriste Emmanuel Perrotin inaugure sa nouvelle galerie à Tokyo avec des œuvres de Soulages le 7 juin prochain (l’exposition se poursuivra jusqu’au 19 août 2017). Le galeriste renforce stratégiquement sa présence en Asie après l’ouverture d’une galerie à Hong Kong en 2012 et d’un autre à Séoul en 2016, avec un grand maître qui n’est pas un inconnu au Japon. Outre le fait que la réputation de Soulages le précède partout dans le monde, il se trouve que la première revue qui se soit intéressée à son œuvre au tout début des années 50′ est une revue de calligraphes japonais. L’artiste a par ailleurs bénéficié d’une grande rétrospective à Tokyo en 1983, au musée Seibu.

Le même galeriste français représente officiellement la Succession de Hans HARTUNG (1904-1989) depuis quelques semaines. Le travail de redécouverte aux yeux des grands collectionneurs et des institutions va commencer sur le rendez-vous marchand le plus attendu de l’année, où la galerie Perrotin présente ses oeuvres : Art Basel, dont la prochaine édition aura lieu du 15 au 18 juin prochain. Le passage par Bâle devrait redynamiser le marché de Hartung qui n’a, pour l’heure, rien de « brûlant » sur la scène globale, bien que trois œuvres soient parties au-delà du million de dollars en France depuis l’année 2010. Ces dernières années, la peinture abstraite expressive de Hartung a bénéficié d’une rétrospective à la fondation Maeght (2008) et d’une autre organisée par le fonds Hélène et Edouard Leclerc à Landerneau (du 11 déc. 2016 au 17 avril 2017). Une prochaine exposition est attendue à New York en 2018 au sein de la galerie d’Emmanuel Perrotin, un positionnement ferme pour asseoir l’importance de cet artiste Outre-Atlantique.

Le récent record de Simon HANTAÏ (1922-2008) (4,7 m$ pour la toile M.A.4 (Mariale) en décembre 2016 chez Sotheby’s Paris) ou celui du franco-chinois CHU Teh-Chun (1920-2014), établi à 11,8 m$ en novembre 2016 chez Christie’s à Hong Kong contribuent aussi à asseoir la hausse des prix constatée pour l’abstraction. D’autres grands artistes français seront ensuite à redécouvrir, dont Olivier DEBRÉ (1920-1999) qui ne passe que rarement le cap des 100 000 $ ou encore Jean MIOTTE, décédé en 2016, dont de belles toiles gestuelles changent encore de mains pour moins de 10 000 $ en salles de ventes.

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