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Stabilité : la nouvelle norme du marché

[18/11/2019]

Succédant aux ventes impressionnistes et modernes, les sessions d’art contemporain de Christie’s et Sotheby’s dégagent 595,8 m$. Ce résultat en légère baisse n’entame pas la solidité du Marché.

A l’issue des dernières ventes de New York, le New York Times affirme que la nouvelle norme du marché est la stabilité plutôt que l’effervescence (For Auctions, It’s ‘No Froth,’ but ‘Steady.’ That’s the New Normal. Par Scott Reyburn et Robin Pogrebin, le 15 novembre 2019). Non pas que le marché soit morose mais les résultats de maisons de ventes sont aujourd’hui entièrement corrélés à la qualité des œuvres que ces sociétés parviennent à offrir aux enchérisseurs. Les acheteurs sont toujours disposés à payer le prix fort pour les meilleures pièces (les derniers résultats le prouvent), encore faut-il que l’occasion leur soit offerte. Or, les œuvres importantes des poids lourds du Marché ont manqué à ces ventes. Jean-Michel BASQUIAT est le grand absent sur le marché haut de gamme cette année. Si l’artiste est parvenu à atteindre 110,5m$ en 2017 avec une importante œuvre de 1982, son meilleur résultat de l’année est quasiment 10 fois moindre (12,2m$ pour Pyro, le 3 octobre chez Sotheby’s), faute de chefs-d’œuvre en circulation.

Forcément, la pénurie de grands chefs-d’œuvre affecte les résultats globaux. Après une baisse de -32% sur leurs résultats des ventes impressionnistes et modernes (ventes de prestige de novembre 2019 vs celles de novembre 2018), Christie’s et Sotheby’s affichent une meilleure tenue des ventes contemporaines de prestige, avec toutefois une baisse de résultat de -11% (595,8 m$ contre 671,7m$ en novembre 2018). Le phénomène de raréfaction des chefs-d’œuvre confirme au passage un changement de paradigme du Marché, l’art contemporain rapportant plus que l’art impressionniste et moderne : 595,8 m$ contre 400,8m$, sur les ventes du soir de la mi-novembre.

Ed Ruscha en vedette

Une toile était attendue plus que les autres le 13 novembre chez Christie’s : Hurting the Word Radio #2 (1964) signée Ed RUSCHA et issue de la prestigieuse Menil Collection à Houston, dont on espérait un prix fort dans une estimation de 30 m$ à 40 m$. Forte d’un résultat de 52,5m$ frais inclus, cette toile établit le nouveau record de l’artiste, qui culminait depuis cinq ans à 30,4 m$ déboursés avec la toile Smash (1963). Si Warhol est le roi historique du Pop, son cadet de 10 ans en est le prince d’après la sanction enthousiaste des grands collectionneurs. Son produit de ventes 2019 avoisine les 90 millions de dollars : un record historique pour Ruscha. L’oeuvre plante par ailleurs le meilleur coup de marteau de ces ventes contemporaines, devant Willem de Kooning (Untitled XXII, 30,1m$), David Hockney (Sur la Terrasse, 29,5m$), Mark Rothko (Blue Over Red, 24,5m$), Clyfford Still (Ph-399, 24,3m$), Gerhard Richter (Vogelfluglinie, 20,5m$), Andy Warhol (Big Electric Chair, 19m$) et Kerry James Marshall qui confirme au passage le succès phénoménal de la scène afro-américaine avec un résultat excédant les 18m$.

Ed Ruscha. Indice des prix Copyright Artprice.com

Indice des prix ed Ruscha

100 $ investis en 2000 dans une oeuvre de Ed RUSCHA valent en moyenne 1 046$ (+ 946 %) en novembre 2019

 

Succès confirmé pour la diaspora africaine

Deux résultats marquants confirment la prise de valeur des artistes afro-américains. En premier lieu une œuvre de Kerry Marshall, Vignette 19, vendue 11 millions au-dessus de son estimation optimiste le 14 novembre chez Sotheby’s ! Il s’agit de la deuxième œuvre la plus coûteuse de l’artiste aux enchères, depuis la vente de son immense chef-d’oeuvre Past Times en mai 2018 chez Sotheby’s (275 x 398,8 cm, 21m$). Autre résultat à retenir : un record absolu a été enregistré pour Charles Wilbert WHITE (1918-1979) dont le marché est porté par la grande rétrospective qui a récemment parcouru les États-Unis, depuis l’Art Institute de Chicago jusqu’au County Museum of Art de Los Angeles (LACMA), en passant par le MoMA à New-York. L’acheteur a dû fournir un million de plus que l’estimation haute, soit 1,76m$ au total, pour remporter son dessin au fusain Ye Shall Inherit the Earth.

Kerry James Marshall. Evolution chronologique du produit de ventes Copyright Artprice.com

Marshall progression chonologique du CA_Turnover Chronological progression

La stabilité et la bonne santé du Marché se révèlent sur d’autres points que sur les produits des ventes accomplis la semaine dernière, notamment sur des cas de reventes réussies. C’est la cas pour la toile Plowed field (1971) de Joan MITCHELL. Cédée pour 657 100 $ en novembre 2003 chez Christie’s à New York, elle a atteint 13,3m$ le 13 novembre. De même, le dessin Brown Eggs (1981) de Basquiat : vendu en 2004 pour 254 000 $ puis en 2015 pour 1,86 m$, il a été payé 5,4m$ le 14 novembre chez Sotheby’s, plus de deux fois son estimation basse… Les collectionneurs sont dans les rangs et n’hésitent pas, encore une fois, à faire monter les prix pour des œuvres choisies.

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