Sotheby’s et Christie’s ont limité les dégâts

[11/08/2020]

Sotheby’s annonce avoir vendu pour 2,5 milliards de dollars d’art et d’objets de collection depuis janvier 2020 malgré la crise, en partie grâce au développement des ventes en ligne. Le résultat affichait 3,3 milliards sur la même période l’an dernier.

Jusqu’à présent cette année, Sotheby’s a organisé plus de 180 ventes en ligne, un chiffre qui inclus les objets de collections en plus des œuvres d’art elles-même. Ce chiffre impressionnant témoigne de l’avance prise par la société américaine par rapport à la concurrence. Le fait qu’elle est été rachetée par le magnat des télécommunications Patrick Drahi a visiblement joué un rôle important dans l’avance prise sur le plan de l’innovation.

Les chiffres annoncés par la société dans un communiqué indiquent plus de 285 millions de dollars provenant d’enchères en ligne uniquement et 575 millions de dollars réalisés lors de ventes privées, entre janvier et juin 2020. Charles F. Stewart, directeur général de Sotheby’s, a déclaré que « les marchés de l’art et du luxe se sont révélés incroyablement résilients, et la demande de qualité dans toutes les catégories est inchangée ».

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Comme le confiait le galeriste David Zwirner en mars au New York Times, « le monde de l’art est en retard si vous pensez à d’autres expériences de vente au détail ». Il est vrai que le Marché de l’Art compte plusieurs dizaines d’années de retard d’un point de vue technologique. Les tentatives pour franchir le gap ont souligné la difficulté qu’ont les grands acteurs de ce marché à se numériser. En 2017, Sotheby’s décidait de supprimer complètement les frais acheteurs sur ses ventes en ligne, espérant les faire enfin décoller. Mais six mois plus tard, sans résultats probants, elle réhabilitait ces frais. La même société n’enregistre pas moins une forte accélération de ce canal de ventes en 2019 : avec une progression de +25%.

Évidemment, avec la crise liée au Covid-19 qui a conduit à la suppression temporaire des ventes physiques, la donne a été bien différente. Les ventes en ligne ont constitué un canal essentiel pour poursuivre l’activité. Leur bon développement est aussi une stratégie sur le long terme.

Le 29 juin, Sotheby’s passait un nouveau cap, en vendant – toujours en ligne – un triptyque majeur de Francis BACON pour 84,5m$ (Inspired by the Oresteia of Aeschylus (1981)). Dans ce contexte inédit, la société de ventes prouvait alors que le business haut-de-gamme n’était pas mort avec la crise sanitaire. Christie’s enregistrait pour sa part 420m$ début juillet pour sa grande vente virtuelle « ONE: A Global Sale of the 20th Century ». Les deux maisons sont ainsi parvenues à convaincre les collectionneurs de vendre des œuvres de haut calibre, puis à les vendre, dans une période de fragilité économique.

In fine, Sotheby’s a réussi à limiter la baisse de son activité à 25 %, contre 30 % chez sa rivale Christie’s. Des chiffres rassurants dans cette période tendue.