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Sotheby’s 40 ans après

[08/10/2013]

 

Une maison de ventes, même bicentenaire, fête son anniversaire comme tout le monde, avec de l’argent dépensé de manière irrationnelle, une grande fête, des achats compulsifs, et beaucoup d’alcool !

Sotheby’s fêtait ce week-end en grande pompe ses 40 ans d’existence en Asie, entre ventes records d’art moderne et contemporain (97,5m$), taux d’invendus très faible, ventes d’antiquités, de bijoux, calligraphies de maîtres anciens et bien sûr de vin !

En novembre 1973, Hong Kong est encore anglaise et Sotheby’s y opère sa première vente asiatique, dix ans après New York. Christie’s, un peu à la traîne, ne s’implantera à New York qu’en 1977 et à Hong Kong en 1986.

Ce samedi, 5 octobre 2013, Sotheby’s célébrait un peu en avance son anniversaire avec une vente de prestige qui n’a pas manqué de réveiller les craintes d’une envolée peu maîtrisée des prix de l’art contemporain asiatique, avec des nouveaux records, des plus-values exceptionnelles, et au total la vente la plus lucrative de l’histoire de Hong Kong.

Le plein de records d’art moderne

Avec six ZAO Wou-Ki en vente, dont certains très généreusement estimés, il était normal que l’artiste, décédé il y a tout juste quelques mois, batte non pas une mais trois fois son précédent record aux enchères. En effet les œuvres “15.01.82”, “16.5.66” et “3.4.60-1.2.69” ont toutes dépassé le précédent record réalisé pour 10.1.68 (9,03$), le triptyque “15.01.82”, vendu 9,675m$ rentrant même dans le top cinq des plus belles enchères jamais frappées à Hong Kong.

L’artiste chinois SAN Yu, qui a lui aussi passé une grande partie de sa carrière en France, a été à l’honneur chez Sotheby’s. Deuxième plus belle enchère de l’artiste pour l’œuvre Goldfish frappée à 7,611m$, une petite toile dans une vente plutôt généreuse en dimensions, l’œuvre de Sanyu s’est arrachée à 2500$ le centimètre carré. Rien d’étonnant dans cette ville où le prix de l’immobilier au mètre carré est dans les dix plus chers au monde !

CHEN Yifei n’a pas choisi la France mais les USA pour approfondir sa connaissance de l’art, et son œuvre Red Flag 1, vendue 9,03m$, réalise la plus belle enchère en dehors de la Chine continentale pour l’artiste.

L’Asie du Sud-Ouest à l’honneur

Les deux artistes indonésiens I Nyoman MASRIADI et Rudi MANTOFANI, nés en 1973, fêtent eux aussi leurs 40 ans cette année. Et ils l’ont célébré de la même manière, avec une enchère à 387 000$. Mais les similitudes s’arrêtent là. Pour Montofani c’est un record, pour Masriadi c’est déjà la 12ème fois qu’il dépasse les 300 000$ !

Après l’Indonésie, le nouvel eldorado de l’art contemporain est peut-être aux Phillipines. Chef de file de la jeune génération d’artistes philippins, Ronald VENTURA voit partir son Magicland, pas avare en références et en symboles contemporains (l’œuvre est un patchwork de Mickey à Minnie sans oublier licornes et autres fantasmes enfantins) pour 670 800$, deuxième plus beau résultat pour l’artiste et donc deuxième plus beau résultat pour un artiste philippin puisque Ventura caracole seul en tête des artistes de son pays. Mais il ne sera pas seul longtemps, et plutôt bien accompagné. On connaissait Geraldine JAVIER, voilà Nona GARCIA. Les artistes femmes, mal représentées dans le reste du monde, s’imposent dans l’art contemporain philippin. Si l’œuvre de Nona Garcia a été la plus abordable de la soirée (79 980$), elle a quintuplé son estimation ! Avec aucun invendu, pas un lot vendu à moins de 20 000$ hormis Makati, et un lot revendu trois fois son prix d’achat (3 ans après !) lors de la vente du lendemain matin, la jeune artiste indonésienne bénéficie pleinement de l’essor d’un marché en plein boom.

Les artistes japonais voient grand !

L’engouement n’a pas été celui d’il y a quelque temps, mais les artistes japonais, Takashi MURAKAMI en premier, réussissent toujours à susciter l’intérêt. Ainsi la sculpture Jellyfish Eyes Saki partie pour 1,29m$, est devenue la première sculpture de l’artiste à dépasser le million de dollars en deux ans ! Quant à son diptyque de plus de trois mètres de long et de large, The World Of Sphere, il réussit l’exploit discret de devenir la 3ème peinture la plus chère de l’artiste.

Yayoi KUSAMA, elle, passe la barre du million de dollars pour la 11ème fois et la première fois depuis un an, grâce à l’adjudication d’une toile démesurée, Infinity Nest, partie pour 1,161m$.

La plus grosse part du gâteau revient à la Chine

Pour ses 40 ans, Sotheby’s avait mis les petits plats dans les grands. Enfin elle avait surtout dressé la table du dernier souper, puisqu’avec son lot phare The Last Supper de Zeng Fanzhi, elle espérait bien décrocher quelques records. Et ce fut le cas ! A 20,64m$, ZENG Fanzhi est devenu le quatrième artiste vivant le plus cher (après Gerhard RICHTER, Jeff KOONS et Jasper JOHNS) du monde, l’artiste chinois vivant le plus cher du monde, l’artiste de moins de 50 ans le plus cher du monde , etc. Bref, une pluie de records pour Zeng Fanzhi.

Depuis 2011, il était l’artiste chinois le plus coté sur le marché. ZHANG Xiaogang n’a, quant à lui, pas connu une belle soirée puisque seul un de ses portraits n’a pas trouvé preneur. L’œuvre BLOODLINE-BIG FAMILY: COMRADE NO. 9 a été ravalée à moins d’un million de dollars.

En dehors de ce rare échec (5 lots invendus sur les 62 présentés), les artistes chinois ont logiquement illuminé cette soirée anniversaire.

LIU Ye signe un nouveau record avec l’œuvre Sword, partie à 4,773m$. C’est la 15ème fois que l’artiste dépasse le million de dollars aux enchères depuis 2010.

Nouveau record encore pour FANG Lijun : l’œuvre 1994 N6 est partie samedi pour 903 000$ (7 mHKD). Trois ans plus tôt elle valait 3,8 mHKD !

La soirée s’est terminée avec l’adjudication à 619 200$ de l’œuvre Tiger and Eagle de CAI Guoqiang, loin d’un record mais une belle constance pour l’artiste dont aucune peinture n’a été ravalée depuis plus d’un an aux enchères !

Sotheby’s vient tout juste de fêter ses 40 ans en Asie mais les célébrations seront de courte durée. A 40 ans Sotheby’s regarde avec jalousie sa grande rivale Christie’s (en tête à Hong Kong depuis deux ans), mais aussi les jeunes arrivantes Poly et China, qui, avec quelques années d’existence seulement, n’ont pas le poids de l’héritage ni de la rigueur occidentale.

L’aventure de Sotheby’s en Asie ne s’arrête cependant pas là. Avec des ventes organisées en Chine continentale depuis un an (la prochaine a lieu en décembre à Pékin) et un nouvel espace d’exposition à Hong Kong, il n’y a vraiment pas le temps à consacrer à la crise de la quarantaine !

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