Ruée sur l’art moderne chinois

[07/12/2010]

 

En automne 2008, Hong Kong était la première place de marché douloureusement frappée par la contamination de la crise économique au marché de l’art. Le marché reparti, les ventes d’automne 2010 à Hong Kong confirment deux tendances : un nouveau souffle pour les stars contemporaines chinoises, indiennes et indonésiennes d’une part et d’autre part, l’explosion des prix pour les artistes modernes.

Les ventes de l’antenne hongkongaise de Christie’s affichent un bilan très positif pour les œuvres modernes : ZAO Wou-Ki emportait trois enchères millionnaires les 27 et 28 novembre (8-2-72, 4-6-62 et Cathédrale et ses environs) et la nature morte Potted chrysanthemum in a blue and white jardinière de SAN Yu signait l’enchère record du 27 novembre, passant d’une adjudication de 3,34 m$ en 2006 (vente Christie’s du 26 novembre) à 6,05 m$ en 2010 !

La plus belle réussite de Christie’s fut indéniablement la vacation Fine Chinese and modern paintings du 30 novembre 2010 (Hong Kong). Le résultat de la journée fut pour le moins spectaculaire avec 60,58 m$ de produit de ventes et un taux d’invendus extraordinairement bas (4,6% des 239 lots offerts). Près du tiers de ces recettes ont été générées par trois coups de marteau récompensant FU Baoshi et ZHANG Daqian (deux enchères millionnaires pour Zhang Daqian). Le rouleau intitulé The Song of the Pipa Player (1945) de Fu Baochi a flirté avec les 8 m$. C’est un nouveau record pour l’artiste et un résultat d’exception qui triplait l’estimation basse. Autre grand artiste chinois de la période moderne : Zhang Daqian ajoutait à l’année 2010 quelques enchères parmi les plus importantes de sa carrière. Les trois rouleaux Temple at the Mountain Peak (6,95 m$), Dwelling in the Qinbian Mountains (3,6 m$) et Flying Deity (3,35 m$) font désormais partie des cinq meilleures enchères de l’artiste. Les collectionneurs se ruent d’autant plus sur ses délicates encres sur soie qu’un record équivalent à 13,2 m$ était frappé le 17 mai 2010 chez China Guardian (Aachensee, 76,2×264,2 cm, 1968).

Tandis que l’art moderne chinois est en plein boom, le marché de la création contemporaine reprend du souffle, bien que le succès des ventes de novembre soit partiel avec, notamment, un taux important d’œuvres invendues (35,7%) pour la cession Asian contemporary art du 28 novembre de Christie’s.
Les deux jours de ventes contemporaines de Christie’s (27 et 28 novembre) ont rapporté 15 m$ de moins que la peinture moderne cédée le 30 novembre, mais quelques résultats confirment le retour en force des acheteurs pour les signatures chéries dont ZENG Fanzhi est un digne représentant. Pas moins de huit œuvres de Feng étaient proposées par Christie’s sur deux jours de ventes ! Une seule sera ravalée (l’œuvre de jeunesse A Pair of tigers), les sept autres ont cumulé 7,6 m$ de coups de marteau !

L’œuvre phare de la vente Ravenel du 29 novembre 2010 était encore une pièce de Zeng, déjà passée en salles à deux reprises. Intitulée Sky series et datée de 2005, elle fait partie d’une série moins prisée que celle des Masques, mais dont les prix ne cessent de grimper : en novembre 2006 en effet, Sky series décrochait l’équivalent de 230 000 $ chez Beijing Huachen, puis 604 000 $ un an plus tard chez China Guardian et enfin 1,07 m$ chez Ravenel. Sa cote a donc pris 800 000 dollars en quatre années ! L’art contemporain chinois a de beaux jours devant lui.