Pour accéder à toutes les fonctionnalités de ce site, vous devez activer les cookies.

Renforcement de l’India Art Fair et du marché indien

[31/01/2017]

Pour sa 9ème édition, la India art fair de New Delhi (2-5 février 2017) se positionne avec un nouvel investisseur important : le groupe Suisse MCH, notamment propriétaire de la franchise d’Art Basel, la plus puissante foire d’art moderne et contemporain du monde, dont les éditions annuelles se tiennent à Bâle, Hong Kong et Miami. Ce nouveau partenaire de poids pourrait assurer à la India Art Fair un développement à mesure des ambitions du marché indien dans les années à venir… Mais si les projets sont ambitieux, le commerce de l’art manque sur place de soutiens gouvernementaux et plusieurs exposants étrangers ont testé à leurs dépends les lourdeurs administratives douanières et celles les taxes sur l’importation d’oeuvres d’art… notons que cette année, les puissantes galeries occidentales présentent sur le salon lors de précédentes éditions sont aux abonnées absentes: la Lisson, White Cube, Hauser & Wirth, Lelong et Continua ont délaissé New Delhi pour un temps. Le salon indien fait pourtant preuve d’une grande résistance, ayant traversé des périodes tumultueuses puisqu’il fut inauguré, rappelons-le, en 2008, année de la chute de Lehmann brothers, c’est à dire dans une période peu propice aux fondations d’un nouveau grand rendez-vous artistique et marchand.

L’ambition est toujours intacte. La India Art Fair joue aujourd’hui un rôle majeur dans le rayonnement de la création sud-asiatique et affiche les atouts d’une grande foire, à savoir une programmation dense et culturellement stimulante. Les organisateurs du salon, Angus Montgomery et Neha Kirpal, ouvrent les propositions à une quinzaine de projets curatés par des artistes (dont Joël Andrianomearisoa, Mithu Sen, Thukral and Tagra, Anila Quayyum Agha, Sudarshan Shetty, Reena Saini Kallat ou Francis Limérat), développent une programmation cinématographique sur l’art (Art on Film), des conférences et des panels de discussion faisant intervenir des invités hautement qualifiés, dont Richard Armstrong, le directeur des musées Guggenheim et Leonard Lauder, du Metropolitan Museum de New York…

L’Adn de la India art fair repose sur la promotion les artistes indiens et issus d’Asie du Sud-Est, notamment représentés sur les plateformes de Britto Arts Trust (Dhaka), Theertha International Artists Collective (Colombo), Nepal Art Council (Kathmandu) et Blueprint 12 (New Delhi), tout en ouvrant ses stands aux galeries internationales, dont la galerie Grosvenor de Londres (spécialiste de l’art indien), les galeries Grey Noise et 1X1 venues des Emirats arabes Unis, ou Sabrina Amrani de Madrid et Lukas Feichtner Galerie de Vienne… A New Delhi, l’offre se doit d’être adaptée aux goûts spécifiques d’un public indien qu’il n’est pas si aisé d’anticiper. Mais le pouvoir d’achat est bien là. Et si les indiens vont encore souvent satisfaire leur appétit en achetant des œuvres à l’étranger, la India Art fair participe activement à la construction d’un marché sur place…

Comment se porte le marché de l’art indien ?

Sur le strict marché des enchères, l’Inde est en cours de développement. La société Christie’s n’a inauguré sa salle de ventes à Bombay qu’en décembre 2013, devenant la première maison de ventes internationale à donner du marteau en Inde dans la durée. Les amateurs d’art indiens sont demandeurs, comme le prouvait la vacation inaugurale de Christie’s dédiée à l’Art d’Asie du Sud où 98% de lots étaient vendus, un score impressionnant… Aujourd’hui, l’appétit des collectionneurs reste excellent et la rencontre de l’offre et de la demande s’avère très encourageant. En effet, 85% des lots mis aux enchères en Inde au cours de l’année 2016 ont trouvé preneurs… il s’agit de l’un des meilleur taux de réussite du monde, sachant que les Etats-unis vendent en moyenne 70% des lots offerts et la France 56%. L’Inde est aujourd’hui la 13ème place de marché mondiale pour la vente d’oeuvres d’art aux enchères, avec un résultat annuel de 59m$, mais elle est surtout la quatrième place de marché de la Grande Asie, derrière la Chine, le Japon et la Corée du Sud. L’Inde a donc un véritable poids sur le marché des enchères mondial et la India Art Fair a encore des cartes à jouer dans les années à venir…

En utilisant ce site, vous acceptez que les cookies soient utilisés à des fins d'analyse et de pertinence Pour en savoir plus, Charte de confidentialité et de protection des données personnelles OK