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Place au Moyen-Orient

[18/04/2017]

L’art orientaliste est remis à l’honneur. Il est même devenu un des rendez-vous phare du calendrier des ventes londoniennes. Artprice fait le point sur la session de ventes que s’apprête à donner Sotheby’s à Londres, le 25 avril 2017.

Après un âge d’or au XIXème siècle, le goût pour les choses orientales s’est profondément essoufflé, le cercle d’amateurs et de collectionneurs se restreignant considérablement au cours du XXème siècle. Seuls quelques collectionneurs privés remarquables, tels que le créateur de mode Yves Saint Laurent et le parfumeur américain Oscar de la Renta, poursuivirent leurs acquisitions d’oeuvres orientalistes en-dehors des effets de mode du moment. Mais avec l’arrivée de nouveaux collectionneurs issus du Moyen-Orient ces dernières années, l’art orientaliste a repris du souffle, d’abord à Paris, centre historique du marché (avec la société de ventes Gros & Delettrez, pionnière du genre) et, plus récemment, avec les ventes thématiques de la maison Artcurial (la dernière vente en date Paris:Marrakech du 29 novembre 2016, dispersait des œuvres de Majorelle, Etienne Dinet, Henri Rousseau, etc.). Depuis peu, le marché londonien entend aussi profiter de cette niche, notamment Sotheby’s qui s’est fermement engagée sur ce segment en 2012 et qui organise depuis des vacations annuelles spécialisées. La prochaine Vente Orientaliste est prévue le 25 avril, avec 39 lots représentant des scènes vivantes de rues, de prières ou des paysages, des visions romantiques d’un Orient dont l’exotisme fascina les artistes de la fin du XIXème siècle, dont l’Italien Hermann Corrodi, l’Allemand Gustav Bauernfeind, les Autrichiens Rudolf Ernst et le très coté Ludwig Deutsch (deux fois millionnaires aux enchères), mais encore quelques artistes américains, dont Frederick Arthur Bridgman.

Les estimations commencent à 6 000 £ pour une scène de vie des rives du Nil signée Théodore FRERE (1814-1888), grand voyageur du XIXème siècle, dont une belle œuvre fait partie des collections du Metropolitan Museum of Art de New York. Les prix grimpent rapidement dans une fourchette comprise entre 10 000 et 30 000 £ sous les pinceaux d’Alexandre-Gabriel Decamps, Gustav Bauernfeind ou pour la toile d’Eugène FROMENTIN (1820-1876) saisissant une foire aux chevaux, dont la vitalité laisse espérer plus de 15 000 £ bien que les toiles de ce format soient habituellement moins cotées. Toute vente orientaliste réussie devant comporter des têtes d’affiche, Sotheby’s présente une petite composition représentant des égyptiens en pleine prière du célèbre peintre français Jean-Léon GÉROME (1824-1904) (sept fois millionnaires aux enchères par le passé. Il est ici représenté avec At Prayer, Cairo, estimation, 23 x 34 centimètres) pour laquelle on attend entre 60 000 et 80 000 £. Mais l’une des plus belles œuvres de cette vacation est signée Benjamin CONSTANT (1845-1902). Le sujet en est une sentinelle hiératique, fastueusement parée. Cette œuvre fut achetée par un collectionneur privé new-yorkais l’an dernier autour de 82 000£. Un bel achat, puisque son estimation est cette fois comprise entre 120 000 et 150 000 £. Si cet objectif de prix est atteint, La sentinelle enterrait dans le Top10 des enchères de ce français voyageur, grand admirateur de Delacroix.

Une autre pièce majeure, Les ruines du grand temple de Karnac au coucher du soleil, est une importante toile du célèbre artiste écossais David ROBERTS (1796-1864), lequel signait l’an dernier son record absolu d’enchère à hauteur de 962 500 £ chez la société concurrente Christie’s (Jerusalem, from the South, le 30 juillet 2016). Cette année, les ruines de Karnac devrait emporter l’adhésion des amateurs à plus de 300 000 £, mais le véritable clou de la vente est un chef-d’oeuvre de Georg Emanuel Opiz, connu pour avoir été un excellent miniaturiste. La toile présentée s’intitule The Arrival of the Mahmal at an Oasis en Route to Mecca, une œuvre ravalée en 2010 malgré une estimation basse de 600 000 £ (Sotheby’s Londres, le 2 juin 2010). Elle pourrait, cette fois, partir au double de ce prix.

Le plus recherché des orientalistes est malheureusement absent au catalogue : Eugène DELACROIX (1798-1863) n’est pourtant pas si rare en salles ni si inabordable malgré son envergure. Les derniers petits travaux à l’huile qui passèrent aux enchères en France sont partis entre 20 000 et 50 000 £ en moyenne. Un budget qui n’apparait pas si ambitieux pour un morceau d’histoire du plus grand peintre orientaliste, et qui correspond à celui de quelques artistes contemporains en surchauffe : 20 000 à 50 000 £, c’est en effet le budget pour accéder à l’oeuvre Dom Pérignon Balloon Venus de Jeff Koons, l’artiste le plus en vogue de notre époque. Or, ce BalloonVenus créé pour une commande spéciale de la marque Dom Pérignon n’a rien de commun avec le caractère unique et original d’une petite peinture de Delacroix. Il s’agit plutôt d’un produit dérivé de luxe, édité rappelons-le sur 650 exemplaires… Un morceau d’histoire de l’art apparaît ainsi peu coté en comparaison. Bien que l’art orientaliste reprenne du souffle, il n’est pas suffisamment à la mode pour que les prix s’envolent. Il s’agit d’un marché plutôt sain sur lequel de bonnes affaires restent à faire, plus encore à Paris qu’à Londres.


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