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Pierre Alechinsky revient sur le devant de la scène

[18/09/2018]

Tandis que son marché repart, l‘artiste vient d’obtenir le Prix Praemium Imperiale pour la peinture cette année.

Artiste aux influences multiples, membre actif de CoBrA, proche des surréalistes, nourri de musique et de calligraphie japonaise, Pierre ALECHINSKY (1927) a déjà reçu bien des récompenses au cours de sa longue carrière, dont la Légion d’honneur en 2006. A 90 ans, il est désormais récipiendaire du prix Praemium Imperiale, qui lui a été décerné cet été. Le prix récompense aussi, à travers lui, l’apport du mouvement CoBrA dans l’art du XXe siècle.

CoBrA

Trois années de création seulement balisent le mouvement CoBrA (acronyme de Copenhague, Bruxelles, Amsterdam), un regroupement pluriculturel d’artistes dont les hollandais Karel APPEL (1921-2006), CORNEILLE (1922-2010) et Constant, le danois Asger JORN (1914-1973), le belge Pierre Alechinsky, les français Jacques Doucet et Jean-Michel ATLAN (1913-1960). Dès 1948, les artistes de ce groupe prônent un art spontané et expérimental d’une sensibilité brute, parfois violente. Ils se détournent de l’intellectualisme artistique qu’ils jugent sclérosant et lui préfèrent l’anti-élitisme des arts traditionnels ou des dessins d’enfants. Les œuvres sont ainsi fortement expressives et souvent tourmentées. Réfutant l’esthétisme gratuit, elles s’imposent par leur rudesse. Après 1951, année de la dissolution du mouvement, chaque artiste a poursuivi un parcours individuel donnant lieu à des productions riches et diversifiées. Cette brève collaboration a donné lieu à des œuvres d’une grande spontanéité créatrice dont les puristes recherchent les rares œuvres des années 48-51 en circulation sur le marché des ventes publiques. Pour Pierre Alechinsky, cette époque est notamment celle des premiers « dessins-mots » réalisé avec le poète Christian DOTREMONT (1922-1979), l’un des fondateurs de CoBrA. Puisqu’une dizaine d’oeuvres seulement de la pleine période CoBrA d’Alechinsky sont passées aux enchères en 30 ans, sa cote repose essentiellement sur sa création postérieure.

Nouveau record mondial

Le marteau du commissaire priseur a passé les 500 000 $ cette année. Ce n’était plus arrivé depuis 18 ans… Alechinsky a atteint un nouveau sommet avec la vente de Soutien de famille (Provider),une toile expressionniste de 1960, un travail spontané bien que réalisé à l’huile qu’il délaissera au fil du temps pour l’acrylique permettant plus de rapidité et de fluidité. Soutien de famille est partie pour 654 000 $ frais inclus (presque au double de son estimation basse) en avril dernier chez Christie’s à Amsterdam, l’une des trois villes historique de CoBrA.

Mais la demande pour ses meilleures œuvres ne se limitent pas aux Pays-Bas, elle s’étend à toute l’Europe et a gagné le marché américain avec quelques œuvres vendues plus de 200 000 $ à New York ces 20 dernières années. C’est là que réside la puissance du marché d’Alechinsky, dans son envergure historique et la singularité d’un parcours que les amateurs reconnaissent sur le plan international. Peu d’artistes européens bénéficient d’une répartition géographique si équilibrée de la demande. Les œuvres de l’artiste rencontrent un succès tout particulier en France, où il vit et travaille depuis des décennies. Plus de 30% de son volume d’affaires est ainsi français (depuis 2000), contre environ 16% au Danemark et autant aux Pays-Bas, 14% au Royaume-Uni, 12% en Belgique, et des ventes non négligeables enregistrées aux Etats-Unis, en Italie, en Allemagne, en Suède ou en Autriche.

Reste l’Asie, où l’artiste est encore en sous-représentation malgré ses liens forts avec l’Orient. Alechinsky a en effet toujours été fasciné par la calligraphie orientale, si bien que certaines de ses œuvres sont signées d’un tampon japonais. Il a voyagé en Asie et même tourné un film au Japon. En 1954, il rencontre la création chinoise en nouant des liens forts avec le peintre chinois Walasse Ting peu après son arrivée à Paris. TING Walasse (1929-2010) rencontrera aussi Asger Jorn, puis Karel Appel, découvrant la puissance picturale des anciens membres de CoBrA avant son départ pour New York où il mènera sa carrière. Aujourd’hui, la cote Walasse Ting explose en Orient, ce qui pourrait avoir un impact sur la réception des artistes CoBrA, notamment d’ Alechinsky, sur le puissant marché asiatique…

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