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Paris / Giacometti

[03/07/2018]

A l’occasion de l’ouverture de l’Institut Giacometti à Paris, Artprice vous propose de faire le point sur le marché de l’artiste en France, face aux résultats époustouflants du marché new-yorkais.

L’âme du nouvel Institut Giacometti

Le lieu est bien choisi… Nous sommes à Paris, dans un hôtel particulier Art Déco au cœur de Montparnasse, et à quelques pas seulement de l’endroit où se trouvait situé le petit atelier de 23 m2 de l’immense artiste Alberto GIACOMETTI. Dès l’entrée dans l’Institut, le visiteur est saisi par une reconstitution à l’identique de cet atelier dans lequel l’artiste a passé près de quarante ans. Un travail rendu possible grâce à sa veuve, Annette, qui avait tout conservé, les œuvres, les meubles, les objets, la palette de peinture, le cendrier, les murs peints qu’elle avait fait déposer… Ce travail de titan permet une plongée émouvante dans l’univers personnel de l’artiste. Les autres pièces d’exposition dévoilent, elles, une partie des trésors conservés depuis 50 ans par la Fondation Giacometti. Les œuvres (350 sculptures, 80 peintures et des dessins dont une centaine exposées à la fois) sont parfois méconnues, à l’instar du fragile ensemble en plâtre peint des Femmes de Venise, qui n’avait encore jamais été exposé en France. Ces œuvres, trop délicates à manipuler pour être prêtées pour d’éventuelles expositions en-dehors de l’Institut, révèlent particulièrement bien ce que Giacometti avait à cœur de transmettre : le sentiment de la Fragilité des êtres vivants, dans un effort constant pour « tenir debout ». Afin de renouveler constamment l’attractivité, une programmation d’expositions temporaires (trois à quatre par an) prévoit d’ offrir un nouvel éclairage sur l’œuvre de l’artiste, dans ce lieu qui ne se présente pas tout à fait comme un musée, car pour le visiter, il faut réserver sa place comme au théâtre.

Dynamisme du marché en France vs Etats-Unis

Giacometti est l’une des signatures les plus couteuses du marché. Plusieurs de ses sculptures ont passé le seuil des 100 millions de dollars aux enchères durant la dernière décennie, dont L’homme au doigt (1947), la plus chère de toutes, cédée pour 141 m$ en 2015. Ce bronze longiligne d’1m77 signait un record absolu pour une sculpture en trois minutes d’enchères seulement, grâce à sa puissance et à sa rareté. Il en existe en effet six exemplaires, dont un à la Tate Gallery à Londres et un autre au MoMA de New York. Les œuvres les plus prestigieuses et les plus couteuses sont généralement dispersées sur les places de marché les plus performantes, à savoir Londres et surtout New York, mais qu’en est-il du marché Français ?

En deux décennies, la part du marché français s’est considérablement effritée face à la force de frappe du marché américain. En terme de volume d’affaires, la performance française est passée de 9% (1998-2008) à 5,6% sur la dernière décennie. Le résultat américain a quant à lui fait un bond très significatif, passant de 5 % à 64% du produit de ventes mondial pour la vente d’œuvres de Giacometti, car c’est là que transitent a priori les œuvres les plus prestigieuses. Le point commun entre les deux marchés tient à un taux d’invendus particulièrement bas, de l’ordre de 4%, qui témoigne d’une demande très motivée de part et d’autre de l’Atlantique.

Malgré une perte de puissance apparente, le marché hexagonal n’est pas tari : 20% des lots de l’artiste y changent de mains, contre 30% chez les américains, ce qui représente en terme de nombre de lots vendus depuis un an et demi : 51 œuvres pour la France et 76 pour le territoire américain.
Par ailleurs, le marché français à démontré l’an dernier qu’il pouvait être, lui-aussi, performant sur les œuvres très haut de gamme de Giacometti. En octobre dernier, une sculpture intitulée Grande femme II (1960) a en effet flirté avec les 30 m$ – soit le meilleur résultat de l’année 2017 en France – lors d’une vente parisienne de Christie’s. Il s’agissait pourtant d’une fonte posthume réalisée vers 1980 dans une édition de 7 exemplaires, plus deux épreuves d’artiste, plus une épreuve pour la Fondation Maeght. Cette victoire de Christie’s Paris prouve que les grands acheteurs internationaux peuvent tout à fait se mobiliser sur le marché français. D’autant qu’en 2008, une autre Femme debout de même stature mais plus rare (sur 6 exemplaires) partait à moindre prix (27,5 m$) à New York (Grande femme debout II, vendue le 6 mai 2008 chez Christie’s).

Un autre résultat récent – bien que moins spectaculaire – illustre encore le dynamisme du marché parisien : en mars denier, la sculpture d’un Oiseau (vers 1937) attendue autour de 37 000 $ par Sotheby’s, s’est littéralement envolée – multipliant par 21 son estimation optimiste – pour finir à 783 000$. Un triomphe ! C’est pour l’heure, le meilleur résultat français de Giacometti en 2018, face à cinq adjudications millionnaires emportées à New York depuis le début de l’année.

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