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Paris et ses collections

[31/10/2017]

Les ventes de collections constituent toujours un événement fort. En plus d’apporter un ensemble d’oeuvres cohérent et qualitatif sur le marché, elles sont porteuses d’une histoire particulière et de cet indéfinissable supplément d’âme qui attise les passions…

Christie’s vient de disperser avec succès l’une des plus belles collections privées françaises, celle de Jean-François et Marie-Aline Prat, les 20 et 21 octobre dernier, pour un résultat global de 39,5 millions d’euros. Cette collection fabuleuse de 200 œuvres, centrée sur l’art du XXème siècle, présentait des pièces de Polke, Dubuffet, Yves Klein, Joan Miro, Max Ernst ou encore Simon Hantaï…. des œuvres importantes, sélectionnées avec soin par le couple Prat pendant plus de 20 ans. Parmi cet ensemble, Christie’s donnait au plus offrant une importante œuvre de Jean-Michel BASQUIAT, Jim Crow, le type d’oeuvre que l’on voit rarement dans le cadre de ventes parisiennes car elles sont habituellement réservées aux ventes de prestige new-yorkaises. Jim Crow emportait 15 m€, soit 17,68 m$, c’est à dire le dixième meilleur résultat de l’histoire des ventes aux enchères en France.

Dans les prochaines semaines, de nouvelles collections exceptionnelles vont passer sous le feu des enchères. En marge des ventes d’art d’après-guerre et contemporain de prestige de New York, Paris occupe une position forte, grâce à plusieurs dispersions de collections dont Artprice vous livre un rapide tour d’horizon.

Collection de Photographies (Sotheby’s, Paris le 10 novembre)

La société Sotheby’s reste discrète. La provenance des 100 photographies qui seront dispersées le 10 novembre prochain reste anonyme. La vente est annoncée comme une  »Importante Collection Européenne de Photographies » sans plus de détails. C’est donc moins le prestige d’une provenance tenue secrète que la cohérente de l’ensemble proposé qui attirera les plus grands amateurs du genre :

des dizaines d’épreuves rendent hommage à la sensualité de fleurs et de nus signés Mapplethorpe, Penn, Newton, Larry Clark, Araki, Lee Friedlander, Weston ou Horst ; et un ensemble de paysages, naturels ou urbains, témoignent de l’oeil exercé de ce collectionneur  »européen » qui a réuni de beaux tirages d’Anselm Adams, Josef Sudek ou Harry Callahan. Un ensemble dense, par des légendes de la photographie des XXème et XXIème siècles, dont la dispersion est habilement programmée durant le Mois de la photo à Paris.

Collection Jacques Grange (Sotheby’s Paris, 21-22 novembre)

Ses clients furent Paloma Picasso, Sofia Coppola, la princesse Caroline d’Hanovre, Pierre Bergé et Yves Saint Laurent, entre autres. Le célèbre décorateur français Jacques Grange a toujours travaillé pour des clients aimant l’art. Il a su apporter un écrin particulier aux collections, ou plutôt il est parvenu a un degré d’excellence permettant de faire résonner un intérieur et une collection d’art donnée, les objets se répondant en-dehors de tout effet de mode. Selon son proche collaborateur Pierre Bassebon, Jacques Grange a  »l’art de mettre en scène les artistes entre eux ».

Sotheby’s disperse près de 150 lots issus de sa collection personnelle les 21 et 22 novembre. Une collection cosmopolite à l’image de son style. Celle-ci comprend des œuvres de Hockney, Giacometti, Irvin Penn, Warhol, Picasso, Poliakoff, Dubuffet, Damien Hirst, Jean-Michel Frank, Hector Guimard, Fernand Léger, Donald Judd ou encore Yves Tanguy. Des œuvres aux provenances souvent prestigieuses : André Breton, Paul Eluard, René Crevel, Pierre Matisse, André Breton, Maurice Thorez, Marie-Laure de Noailles et Yves Saint Laurent, parmi d’autres. Une telle dispersion promet d’attirer les plus grands collectionneurs internationaux, d’autant que Sotheby’s en assure la promotion en exposant les œuvres à Hong Kong, Londres et New York avant la vente.

Collection Vérité (Christie’s, Paris, le 21 novembre)

Des centaines d’oeuvres exceptionnelles venues d’Afrique, d’Océanie et d’Amérique du Nord issues de la collection Vérité ont été dispersées depuis 2006. Les trésors des Vérité amassés par deux générations ont déjà fait flamber les enchères par le passé. Près de 200 lots sont mis aux enchères le 21 novembre chez Christie’s : porte Sénoufo, serrure Dogon, cimiers Bamana, Masque Dan ou Nafana… Cette dispersion promet d’attirer tous les amateurs du genre d’autant que la provenance est l’une des plus intéressantes qui soit pour les arts traditionnels et que  « le tonneau des Danaïdes » s’épuise…

Collection Petiet (Ader-Nordmann Paris, 25-26 novembre)

Matisse, Derain, Maillol, Laurens, Laboureur, Laurencin, Dufy, Fujita, Daumier, Delacroix, Corot, Bresdin, Villon, Renoir ou la Suite Vollard complète de Picasso… 622 lots composent cette 50ème et dernière vente Petiet après 49 ventes orchestrées sur 25 ans. Elle est organisée sur deux jours, les 25 et 26 novembre, dans l’écrin théâtral de l’Opéra Comique de Paris. Cet évènement est l’un des plus attendu de l’automne. Les inscriptions ont commencé depuis plus de deux mois pour cette vente « à l’ancienne », qui aura lieu sans téléphone ni Internet. Clou de la vente, Ader-Nordmann propose l’intégralité de la Suite Vollard entièrement signée par Pablo PICASSO, provenant du fonds exceptionnel d’Henri Petiet qui racheta la quasi totalité des éditions d’estampes d’Ambroise Vollard, deux ans après le décès de celui-ci, soit environ 31 000 éditions. Ce trésor comprenaient plusieurs séries complètes de la Suite Vollard, réalisée entre 1930 et 1937. Considéré comme le chef-d’œuvre gravé de Pablo Picasso, chaque jeu complet de la Suite Vollard – comprenant 100 épreuves – est un Graal que se disputent les meilleurs musées : le Bristish Museum en possède une (achetée en 2011 en provenance de la collection Petiet), ainsi que la National Gallery à Washington, le MoMA de New York et le musée Picasso de Paris. La Suite est estimée entre 1,5 et 2 millions d’euros, sachant que le record mondial pour un tel ensemble a passé les 3 millions d’euros en juin 2013, chez Sotheby’s à Londres (La Suite Vollard). De façon générale, les estimations fournies pour cette ultime vente Petiet, sont très basses, donc particulièrement attractives pour drainer le maximum d’enchérisseurs.

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