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Ouverture du marché en Chine, l’exemple de Shanghai

[02/11/2016]

Année après année, le marché chinois s’ouvre un peu plus à l’art occidental… plusieurs actions menées sur place permettent cette ouverture du marché : d’une part, celles des sociétés de ventes occidentales implantées sur place, qui forment et conseillent les collectionneurs chinois, d’autre part, celles menées de plus en plus fermement par les musées afin d’éveiller l’attrait des chinois pour le meilleur de l’art occidental. Si la mixité culturelle est a priori plus probante, car plus coutumière, à Hong Kong, elle gagne du terrain en Chine continentale, notamment à Shanghai.

Le meilleur de l’art occidental est à Shanghai

L’actualité shanghaienne pourrait difficilement être plus dense quant à l’expression du meilleur de l’art occidental : après une magistrale rétrospective de 250 œuvres d’Alberto GIACOMETTI constituant la première exposition de l’artiste en Chine, le Yuz Museum de Shanghai vient d’ouvrir ce qui est annoncé comme la plus importante exposition shanghainne de l’année, avec 102 œuvre issues de la série Shadows du roi du Pop art Andy WARHOL (du 29 octobre 2016 au 15 janvier 2017). Ce n’est pas tout, le Centre Pompidou de Paris a fait venir au Shanghai Exhibition Center, 71 œuvres iconiques issues de ses collections permanentes, couvrant essentiellement la création française depuis les débuts du Fauvisme jusqu’à la fin des années 70′ (Masterpieces From the Centre Pompidou, Shanghai Exhibition Center, jusqu’au 15 janvier 2017). Picasso, Matisse et Fernand Léger font partie de la prestigieuse sélection, à l’image d’une œuvre clef jamais vue à Shanghai : La Roue de bicyclette de Marcel DUCHAMP !

Le public chinois, qui ne connaissait pas Picasso il y a 10 ans si ce n’est parfois pour avoir vaguement entendu ce nom, découvre ainsi cette année l’ampleur des grands marcheurs solitaires de Giacometti, la vitalité répétitive de Warhol et les grandes révolutions de l’histoire de l’art occidental… ce programme d’une grande exigence ne saurait être que profondément bénéfique à l’ouverture du marché chinois sur ces mêmes signatures.

Christie’s Shanghai fait la différence

L’art occidental gagne aussi du terrain par d’autres voies à Shanghai, celle des enchères en l’occurrence, grâce à l’implantation de la célèbre institution Christie’s, sur place, en 2013. Si la société anglaise (fondée en 1766) a obtenu une licence pour organiser des ventes aux enchères à Shanghai depuis trois ans, les prémices du marché shanghaien remontent en fait à 1994, année de la première vente aux enchères orchestrée à l’époque par China Guardian, année également de l’ouverture de bureaux de représentation de Christie’s et Sotheby’s sur place. Or, les grandes signatures occidentales n’étaient pas proposées (ou très rarement) par les maisons chinoises. Christie’s œuvre donc à l’ouverture du marché depuis trois ans, en mixant l’art asiatique et l’art occidental dans ses catalogues.

Les dernières vacations de Christie’s se sont tenues le 22 octobre 2016 avec des œuvres des chinois LI Huayi, LI Jin, ZENG Fanzhi, et aussi, pour la première fois à Shanghai, des œuvres signées Max ERNST, Fernando BOTERO, Yves KLEIN, Olafur ELIASSON et KAWS. Le résultat global est probant, avec un produit de ventes de 10,4 m$, dont 8,4 m$ pour la vente de prestige. L’opération fut réussie pour les œuvres de Fernando Botero (Woman in a Green Dress et la sculpture Maternity), Warhol (Clockwork Panda Drummer), Bernard Buffet (Emile), Max Ernst (Ohne titel), toutes vendues. Et aussi pour la Black Activity Sphere d’Olafur Eliasson (177 600$), pour trois œuvres de la série Seascape with Clouds de Tom Wesselman, toutes vendues, pour l’artiste américain Kaws, dont une l’oeuvre sans titre est partie dans son estimation, pour 251 000$. Enfin, plus improbable, une toile de Françoise Gilot, Metamorphosis, s’est envolée au double de l’estimation haute pour 115 000$.

Si le succès ne fut pas total (parmi les invendus : Still Life – Red Apples de Roy Lichtenstein qui était estimée au-delà du million, le Monochrome bleu d’Yves Klein proposé autour de 200 000$ et la toile de Rauschenberg, Garlic Ember, estimée autour de 100 000$), cette vacation témoigne néanmoins d’une prise de confiance récente du marché shanghaien vis-à-vis de l’art occidental.

La demande s’accélère d’autant que plusieurs centaines de musées on récemment ouvert en Chine. Le Long Museum de Shanghai, un musée privé fondé par Wang Wei et Liu Yiqian, président du groupe Sunline, est exemplaire à ce titre. Ces derniers mois, Liu Yiqian a offert à son musée un magnifique Nu au chat de Tsuguharu Foujita au prix record de 5 m$ (Sotheby’s Hong Kong le 3 avril 2016), et l’un des plus beaux Modigliani connus, le fameux Nu Couché acheté en novembre 2015 chez Christie’s New York.

L’art occidental commence à entrer fermement dans les collections permanentes et le rythme devrait s’accélérer chez les collectionneurs privés, grâce au enchères mais aussi grâce aux foires, dont la Shanghai Art Fair (du 3 au 6 novembre 2016) qui, pour ses 20 ans, met en exergue des oeuvres de Picasso, Rembrandt, Chagall, Monet, Renoir, au même titre que celles de Xu Beihong et Zhang Daqian.

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