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New York : records historiques pour les ventes d’art d’après-guerre et contemporain

[20/11/2012]

 

Faisant fi de la sinistrose, les ventes d’automne à New York ont atteint cette année un niveau inégalé. Surpassant les ventes plus mesurées d’art moderne et impressionniste frappées une semaine auparavant, c’est une fois de plus le segment après-guerre et contemporain qui remporte haut la main la bataille. Preuve que rien n’ébranle la vitalité de ce marché refuge.
Quant à l’autre bataille, celle menée entre les leaders Christie’s et Sotheby’s, Christie’s l’emporte haut la main en réalisant 364m$ lors de la vente du soir du 14 novembre, soit le plus beau résultat de son histoire pour une vente d’art d’après-guerre et contemporain (le record absolu étant détenu par la vacation d’art impressionniste et moderne avec 437 m$ en 2006). La veille, Sotheby’s encaissait tout de même 331 m$ et signait son record de vente absolu en détrônant la vente d’art d’après-guerre et contemporain du 14 mai 2008 qui avait enregistré 320 m$ !
Le moins que l’on puisse dire est que les acheteurs se sont bien rassasiés et ce particulièrement chez Christie’s qui enregistre seulement 8 % de taux d’invendus et 56 enchères millionnaires dont 10 au-dessus de 10 m$, là où Sotheby’s comptabilise 16 % de taux d’invendus et 42 enchères millionnaires dont 7 frappées au-dessus de 10 m$. Bien évidement dans un tel contexte, les deux maisons signent une pluie de nouveaux records : 8 pour Christie’s et 8 pour Sotheby’s.
La plus haute enchère des deux vacations est emportée par la toile No. 1 Royal Red and Blue de Mark ROTHKO cédée 67 m$, soit 17 m$ de plus que son estimation haute, chez Sotheby’s ! Elle reste malgré cela la deuxième plus belle enchère pour l’artiste face à Orange, Red, Yellow adjugée 77,5 m$ en mai 2012 chez Christie’s New York.

Un habituel festival de stars
Face aux artistes américains, qu’ils soient issus des mouvements pop art ou de l’expressionnisme abstrait, c’est encore et toujours le même engouement. Parmi eux, notons un nouveau record de vente pour Jackson POLLOCK chez Sotheby’s. De format pourtant modeste (76,5 cm x 63,5 cm), la toile Number 4 trouve preneur pour 36 m$ soit plus de 15 m$ de plus que son dernier record, Number 28 (76,5 cm x 137,4 cm), adjugé 15,7 m$ chez Christie’s New York le 8 mai 2012.
Star toujours, les œuvres d’Andy WARHOL ont encore largement arrosé les enchères, totalisant 13 lots sur les deux ventes. Et ce sans compter les 354 lots dispersés lors du premier volet du partenariat signé entre Christie’s et la Fondation Warhol, le 12 novembre. Les deux vacations n’ont cependant pas réussi à frapper assez haut pour détrôner les 2 plus belles ventes de cet habitué des record, encore attribuées à Green Car Crash (Green Burning Car I) adjugé 64 m$ chez Christie’s New York le 16 mai 2007 et Men in her life adjugé 56,5 m$ chez Phillips de Pury & Company New York, le 8 novembre 2010. Néanmoins, Statue of Liberty trône désormais à la 3ème place des exploits de Warhol grâce à une adjudication au-delà de tout pronostic à 39 m$ (Christie’s). Comptant parmi les œuvres cultes de l’artiste, elle a aussi la particularité d’expérimenter la future technique en 3D et d’être ainsi visible en volume grâce au port de lunettes vert et rouge.
Le mouvement minimalisme n’est pas en reste avec un retour aux sommets millionnaires pour Agnes MARTIN ou encore un record rafraîchi pour Donald JUDD à hauteur de 9 m$ pour la sculpture Untitled, 1989 (Bernstein 89-24).
Du côté des mastodontes de l’art contemporain la Jean-Michel BASQUIAT mania continue son chemin grâce à un nouveau chef-d’œuvre, Sans-titre, qui sort de l’ombre et s’envole au-delà du seuil de 20 m$ chez Christie’s. Avec ses 23,5 m$, l’œuvre surpasse de près de 5,6 m$ son ultime meilleure vente enregistrée quelques mois plus tôt avec Untitled, adjugée 17,9 m$ chez Christie’s Londres, le 27 juin 2012. Jeff KOONS s’affirme, lui, comme l’un des artistes vivants les plus chers au monde avec la vente d’une sculpture monumentale : cédée 30 m$, Tulips devient son nouveau meilleur résultat.

Quelques nouveaux noms dans les plus hautes sphères
Figure majeure de l’expressionnisme abstrait, Franz KLINE était assez discret aux enchères ces dernières années, la signature de sa plus belle vente remontant à l’année 2005 avec les 5,7 m$ de Crow Dancer enregistrés chez Christie’s New York le 11 mai 2005. Les ventes des 13 et 14 novembre 2012 changent désormais la donne : sur les six lots proposés par les deux maisons de ventes, quatre deviennent les nouveaux records de l’artiste. L’adjudication de Untitled, huile sur toile grand format (200,7 cm x 280,4 cm), pour 36 m$ le place même sur un pied d’égalité avec le nouveau record de Pollock également frappé à 36 m$. Encore du côté de l’expressionnisme abstrait, les toiles des années 70/80 de l’Américain Richard DIEBENKORN (1922-1993) ont aussi le vent en poupe : en trouvant preneur à 12 m$ chez Christie’s, Océan Park # 48 doublait presque son record de 2011 quand Ocean Park #121 était adjugée 6,8 m$ chez Christie’s New York, le 11 mai.

Artiste vivants, des envolées confirmées
La peinture géométrique de Mark GROTJAHN (1968) continue sur sa lancée en signant une belle performance avec les 3,65 m$ de Untitled (Red Butterfly II Yellow MARK GROTJAHN P-08 752) enregistrés chez Christie’s, ce résultat doublant en à peine 6 mois les 1,8 m$ frappés pour « Untitled (Yellow Butterfly III) » lors des ventes printanières chez Sotheby’s New York, le 9 mai 2012.
Toujours dans la mouvance géométrique-minimalisme, Wade GUYTON, qui depuis février 2011 enregistre onze adjudications entre 250 000 $ et 560 000 $, persiste et signe un nouveau record à hauteur de 650 000 $ pour Untilted, chez Sotheby’s. Véritable star aux États-Unis, Wade Guyton a, depuis 2002, troqué son pinceau contre une imprimante jet d’encre, ce qui lui a plutôt réussi. Ses motifs et lettrages aux erreurs, coulures et autres défauts d’impression sont d’ailleurs, depuis le mois d’octobre 2012, au cœur d’une exposition personnelle au Whitney Museum of American Art de New York.

Les moins
Christie’s semblait bien partie pour signer un nouveau record avec l’œuvre Bait de Robert RAUSCHENBERG dont l’estimation promettait une enchère entre 7 m$ et 10 m$. De même style et de même époque que Overdive, son record frappé 13 m$ chez Sotheby’s New York en 2008, elle n’a pas réussi à trouver preneur. Il semble que les amateurs aient moins d’appétit pour celui que l’on considère comme le père du Pop Art. Rauschenberg n’a d’ailleurs signé aucune enchère millionnaire depuis 2010. Les offreurs se sont moins emballées que ces derniers mois autour des œuvres de Gerhard RICHTER. Néanmoins pas d’inquiétude, les six lots répartis entre les deux maisons de ventes ont tous trouvé preneur dans leur fourchette d’estimation.

Ces deux ventes historiques prouvent une fois de plus que peintures de qualité, artistes établis, de préférence américains et d’après-guerre, sont les maîtres mots récidivistes capables de porter les plus beaux records mondiaux. Ces sensationnelles performances prouvent que même l’ouragan Sandy et les élections américaines ne peuvent détourner l’attention des collectionneurs toujours plus friands du segment de marché après-guerre et contemporain.

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