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Marché de l’art contemporain en France

[09/08/2016]

 

Le marché de l’art contemporain français est l’un des plus denses, les plus riches, et les plus diversifiés qui soit en terme d’offre. Sur l’échiquier mondial, la France est même la seconde place de marché selon le nombre d’oeuvres contemporaines vendues aux enchères, juste derrière les Etats-Unis, mais devant le Royaume-Uni. Une telle diversité et une telle appétence tiennent à la tradition culturelle française multi-séculaire de la collection d’oeuvres d’art, mais pas seulement. A cette spécificité française s’ajoute la force de frappe de Christie’s et Sotheby’s opérant sur l’Hexagone. S’ajoute aussi l’identité des sociétés de ventes françaises elle-même, avec une offre abordable et des propositions qui ne sont pas auto-centrées sur la demande locale. Cornette de Saint Cyr et Millon ont par exemple choisi d’opérer un pont entre Paris et Bruxelles avec des ventes dans les deux capitales, Tajan mise sur la vague du Street art dont l’engouement est mondial, Artcurial vient de s’ouvrir au marché hongkongais et compte développer sur place l’une de ses grandes spécialités, celle de la bande dessinée, etc.

Les trois leaders

Sotheby’s et Christie’s ont une position forte sur le marché français et sur son rayonnement à l’international. Ensemble, elle génèrent 37% des recettes de l’art contemporain sur le sol Français (18% pour Christie’s France et 19% pour Sotheby’s France). Aucune de ses grandes sociétés ne prend néanmoins l’ascendant sur la société Artcurial, leader incontesté du marché de l’art contemporain en France avec 23 % du produit de ventes.
Quelques coups de marteau importants, supérieurs à 5m$, ont déjà scandé l’histoire d’Artcurial, mais de tels niveaux de prix restent rares en France. Depuis 2005, année du lancement de son département de bandes dessinées, Artcurial a conquis de nouveaux acheteurs et emporté plusieurs records dans le secteur. Les stars du Neuvième Art, Enki BILAL, HERGÉ ou Hugo PRATT, atteignent des sommets pour des planches d’exception. Le marché de la bande dessinée s’est d’ailleurs révélé si explosif que Christie’s et Sotheby’s se sont récemment lancées sur le secteur, mais Artcurial compte bien imposer son leadership mondial en prenant ses marques à Hong Kong. C’était tout l’enjeu d’une vente inaugurale menée sur place début octobre 2015, From Paris to Hong Kong, où une pendulette XVIIIème côtoyait des œuvres de Wang Keping, de Tang Haywen, et des planches de Bilal ou Moebius (Jean GIRAUD). Leader de la bande dessinée en France, Artcurial entend être le premier à prendre ce secteur en Chine, secteur à priori porteur tant les consommateurs de comics et de manga sont légions en Asie.

Le haut de gamme français n’est pas le haut de gamme occidental

Les principales sociétés françaises prennent soin d’alimenter leurs ventes d’art contemporain avec des grands artistes de renommées internationales. Au gré des catalogues, l’amateur croise les noms de Andy Warhol, Roy Lichtenstein, Francis Bacon, Arman, Christo, Miguel Barcelo, Atlan, Sol Lewitt ou Jean Michel Basquiat. Si les signatures cataloguées pour le marché français sont aussi alléchantes dans les catalogues des ventes de prestige de Londres et de New York, la grande différence reste l’importance des œuvres mises à l’encan. Dans la pléthore d’œuvres contemporaines en circulation sur le marché français, rares sont en effet celles susceptibles de passer le million de dollars. Sur ce créneau de prix, les vendeurs privilégient les ventes Outre-Manche et Outre-Atlantique. Seules deux œuvres ont passé le seuil millionnaire en France sur les 12 derniers mois. Elles sont signées, sans surprise, de l’artiste contemporain le plus coté et le plus international qui soit, à savoir Jean-Michel BASQUIAT. Ces deux enchères millionnaires ne sont pas le fait d’une société française : elles ont toutes deux été enregistrées chez Sotheby’s Paris. Par ailleurs, le meilleur coup de marteau (3 m$ pour Untitled, 1986, Sotheby’s, le 7 juin 2016) est l’unique résultat français parvenu à se glisser parmi les 100 meilleures adjudications de l’année, les meilleures adjudications se révélant à New York, Londres, Pékin et Hong Kong.

A l’heure actuelle, la force du marché français réside justement dans cette indépendance vis à vis du marché très haut de gamme. En effet, depuis un an, le ralentissement du marché global touche essentiellement la course aux records engagée dans les mégapoles de l’art. Etrangère à cette compétition, la place de marché française résiste tout à fait aux incertitudes qui lui sont liées. Elle demeure la seconde place de marché européenne derrière le Royaume-Uni.

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