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Marathon à Hong Kong

[27/11/2012]

 

Le marathon ne se court pas avant février à Hong Kong, mais la semaine de ventes qui vient de s’achever a laissé les collectionneurs et acteurs du marché de l’art épuisés alors qu’une vingtaine de ventes et au moins autant d’expositions étaient au programme ces derniers jours dans l’ancienne colonie anglaise.

Le bal s’ouvrait vendredi matin à Bonhams, qui fait le pari depuis quelques années de diversifier ses lieux de ventes. Avec une salle des ventes à San Francisco ou Dubaï, Bonhams a aussi ouvert depuis 2007 une salles des ventes à Hong Kong.
Ce 23 novembre, Bonhams proposait plus de cent vingt lots, dont à peine la moitié trouvait preneur, pour un produit des ventes hors frais de 2,9 m$. Nous sommes bien loin des 11,3 m$ espérés au minimum.
Avec seulement six lots ayant dépassé le million de HK$, Bonhams a récolté les fruits d’une vente beaucoup trop orientée moderne. En alignant les maîtres modernes Li Keran, Zhang Daqian, Wu Guanzhong et Qi Baishi, Bonhams pensait attirer les collectionneurs chinois en masse. Ceux-ci n’ont cependant pas répondu aux attentes : trois QI Baishi sur cinq n’ont pas trouvé preneur, tout comme la moitié des quatre oeuvres de LI Keran, pourtant auteur d’un nouveau record il y a quelques mois. Quelques beaux résultats cependant pour les deux œuvres de WU Guanzhong : Lion Grove Garden in Suzhou parti pour 451 500 $, dans la fourchette d’estimation, et Lacebark Pine in the Beijing Imperial Palace adjugée 413 000 $. L’œuvre White Chrysanthemums in Yellow Vase de SAN Yu a elle aussi fait grimper les enchères, puisqu’elle s’est échangée 142 000 $. SAN Yu était à l’honneur cette semaine : treize de ses œuvres ont été présentées entre Bonhams, Christie’s et Poly Auction.

Poly justement, menait sa première vente ce samedi 26. A l’occasion de son arrivée à Hong Kong, un grand nombre de collectionneurs en provenance de l’autre côté de la frontière avaient fait le déplacement pour être témoins de sa première vente en dehors de Chine continentale. Le succès fut immédiat, avec un résultat de 67 m$ (frais inclus, toutes ventes confondues). En quatre ventes ce weekend, Poly réalisait un grand coup pour son arrivée sur le territoire hong-kongais. La 4ème maison de ventes au monde a frappé d’autant plus fort qu’elle a dépassé le total de 58 m$ (avec frais) réalisé le mois dernier, lors des premières ventes hong-kongaises, par sa rivale chinoise et numéro 3 mondial, China Guardian.
Si Bonhams n’a pas eu beaucoup de succès avec les artistes chinois modernes, Poly a eu des résultats bien différents. Dans une salle de ventes à l’accent chinois (la vente ne s’est déroulée ni en anglais, ni en cantonnais, les deux langues officielles de Hong Kong, mais en mandarin), les lots qui ont défilé ont été souvent vendus au-dessus des estimations.
Ainsi dès les lots numéro 2 et 3, deux oeuvres de SAN Yu, les acheteurs ont joué la surenchère. Nude a été frappée à 967 500 m$, et la suivante, Horses rambling on the grassland, est partie à 1,5 m$. Le lot numéro 4 a ajouté à la surexcitation d’une salle déjà très bruyante puisque l’œuvre Untitled 248 de CHU Teh-Chun s’arrachait à 645 000 m$, plus de quatre fois son estimation basse. Les œuvres de Chu Teh-Chun ont suscité énormément d’intérêt cette semaine. Chez Poly, les quatre œuvres proposées le samedi après-midi sont parties pour un total de 5,6 m$. Bizarrement, son maître ZAO Wou-Ki s’en est un peu moins bien tiré : 1.4.82, le lot phare de la vente, partait à 1,4 m$, 130 000 $ de moins que son estimation basse, tandis que l’œuvre plus petite et plus vieille 18.3.67 partait dans sa fourchette d’estimation à 645 000 $.

Christie’s organisait samedi soir sa vente d’art asiatique moderne et contemporain, avec ici aussi des œuvres de Chu Teh-Chun et Zao Wou-Ki. La salle bondée attendait impatiemment de voir la force du marché asiatique, après les signaux mixtes envoyés par les ventes à New York (échec de l’impressionnisme, et succès du contemporain et après-guerre). Les seuls applaudissements de la soirée furent entendus pour l’œuvre La forêt blanche II (1987), qui, en étant adjugée 6,8 m$, signait un nouveau record pour l’artiste et un des seuls deux records de cette session. L’autre record couronnait d’une manière un peu moins spectaculaire l’œuvre Abstract Triptych de CHEONG Soo Pieng adjugée 451 500 $.
Si son disciple s’octroyait un nouveau record, Zao Wou-Ki n’était pas en reste puisque l’œuvre 15.5.60 a trouvé preneur pour 3,9 m$ (son sixième plus beau résultat à ce jour) alors que l’oeuvre 23.05.61 réalisée une année après, est partie pour 2,8 m$.
SAN YU et ZENG Fanzhi viennent compléter les 5 adjudications les plus importantes de la soirée. Pot de chrysanthèmes roses de SAN Yu a réalisé 3,7 m$, soit le double de son estimation basse. Mask Series N10 de Zeng Fanzhi a été frappé à 967 500 $, juste en dessous de son estimation basse ; c’est une légère déception pour cette œuvre présentée comme le chaînon manquant entre l’art contemporain occidental et asiatique. Les œuvres de ZHANG Xiaogang ont peiné à atteindre leurs estimations basses chez Christie’s, tout comme l’œuvre de LIU Ye, pourtant placardée sur tous les abribus de la ville de Hong Kong, qui réalisait 1 m$, contre les 1,5 m$ attendus. Quelques bonnes surprises néanmoins, comme l’œuvre Man, eagle and Eye in the sky: eye-kite flying people de CAI Guoqiang qui réalisait 774 000 $, 130 000 de plus que l’estimation haute, ou encore la sculpture “Cahaya Bumi (light earth)” de Rudi MANTOFANI qui devient, avec son prix de 122 500 $, la sculpture la plus chère de l’artiste. Ceci démontre encore une fois l’appétit du public pour les sculptures de l’artiste, puisqu’aucune de celles présentées en salle des ventes depuis 2007 n’a pas trouvé preneur! 
Ce soir-là, Christie’s a récolté au total 46,5 m$ en trente-neuf coups de marteau (87% de lots vendus), soit 16,8 m$ de plus que les 29,7 m$ attendus.
Mais ce n’était pas fini pour Christie’s, puisque dimanche la maison de ventes anglaise organisait une vente marathon de cinq cent trente-neuf lots. Malgré un nombre important de lots restés sur le carreau (110), la maison de ventes a conclu sa semaine de ventes hong-kongaises avec un total de 75 m$ pour ses ventes fine art uniquement.

Le marathon prenait fin lundi matin chez Seoul Auction qui organise depuis quelques années déjà deux sessions de ventes par an à Hong Kong. La maison de ventes essaye depuis longtemps de vendre des lots d’art contemporains occidental en Asie, à Seoul ou Hong Kong. En ce lundi matin ce fut encore le cas, avec plus ou moins de succès. L’œuvre Panda Bear de Andy WARHOL est restée invendue mais un collectionneur s’est porté acquéreur d’un Let us pray de Damien HIRST pour 387 000 $. Le lot phare de la vente était une oeuvre de l’artiste coréen Ufan LEE, From Point , qui n’a pas déclenché la folie dans une salle quasi vide. La maison de ventes en attendait entre 2 m$ et 2,6 m$, mais n’en obtint que 2 m$. Avec quatorze lots invendus sur cinquante, Seoul Auction pâtit probablement d’être la dernière vente au calendrier hong-kongais. En effet il était possible pendant ce week-end d’aller admirer une batterie et une guitare repeintes par Damien Hirst, vendues chez Ravenel dimanche soir, ou d’assister à une vente très nippone chez United Asian Auctioneers où étaient présentées quatre oeuvres de Kusama, six lots de Yoshimoto Nara, et six œuvres de Murakami, qui, hasard du calendrier, est exposé à Gagossian HK à partir de cette semaine.

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