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Londres. Premiers résultats et ventes stars à venir

[05/03/2019]

Est-il intéressant d’acheter à Londres puisque la livre sterling a fortement baissé ces deux dernières années face au dollars avec les rebondissements sur le Brexit ? Le Marché de l’art parlant le langage du dollar, c’est fort probable. Sotheby’s affirme en tous cas que sa dernière vente impressionniste et moderne est la plus internationale jamais vue à Londres, avec des participants issus de 51 pays. Mais qu’en est-il des premiers résultats à quelques jours de l’ouverture des grandes sessions contemporaines ? Ceux de Sotheby’s paraissent cohérents en regard des attentes mais décevant comparés à ceux obtenus l’an dernier à la même époque pour ces grandes ventes d’art impressionniste moderne et surréaliste. Sotheby’s vend 82 % de ses lots pour un total de 115,3 m$ (soit 87,7 m£ répartis avec 73,9m£ pour l’art impressionniste et moderne et 13,78 m£ pour l’art surréaliste) contre près de 164 m$ obtenus l’an dernier (le 28 février 2018). D’une année sur l’autre, le résultat baisse donc de 49 m$. Pour autant, la plupart des chefs-d’oeuvre ont trouvé preneurs dans leurs fourchettes d’estimation et le ratio d’oeuvres vendus est très bon, avec 91% pour la session d’art impressionniste et moderne du 26 février. Le bilan est plus inégal pour les surréalistes, avec cinq invendus parmi les 17 lots offerts.

Parmi les résultats les plus probants, un dessin de Egon SCHIELE a triplé l’estimation hausse pour atteindre 2 m$. Quelques minutes plus tard, l’une de ses toiles excédait de deux millions son estimation haute pour finir à 14 m$ (Trieste Fishing boat). Un troisième lot de Schiele (Sitzende, Rückenakt) n’a pourtant pas convaincu dans son estimation de 1 à 1,5 million de livres. Une estimation plus basse aurait certainement été plus attractive pour déclencher les enchères. Le lot phare de cette vente Sotheby’s, Le Palais Ducal de Claude Monet, marque un record pour une vue vénitienne de l’artiste à 36,2 m$. Quant à René MAGRITTE, très présent sur ces ventes de février, il a bien rencontré le succès escompté. Les quatre œuvres proposées chez Sotheby’s se sont toutes vendues. La plus importante, L’Etoile du matin, juxtaposant le visage d’un indien d’Amérique et celui de la femme de Magritte, excède d’un million les meilleures estimations et rejoint une collection américaine pour 6,9m$.

Le lendemain chez Christie’s, la toile la plus importante de Magritte, Le lieu commun, est partie pour 24,4 m$, plantant la seconde meilleure adjudication de l’artiste, trois mois après son record mondial. La demande reste donc extrêmement motivée pour le surréaliste belge dont sept œuvres se sont vendues plus de 10 millions de dollars en moins de deux ans… Le résultat global de Christie’s est à relever, puisque les165,4 m£ réalisés constituent la seconde meilleure performance jamais enregistrée à Londres pour l’art impressionniste, moderne et surréaliste. Comme chez Sotheby’s, 82 % des lots ont trouvés preneurs, mais plusieurs échecs de ventes important sont à déplorer, notamment pour des œuvres de Bonnard, Matisse et même de Van Gogh, pourtant si rare et prisé par les plus grands collectionneurs et musées dans le monde. La plus grande déception concerne le lot phare de cette vente Christie’s, Saule pleureur et bassin aux nymphéas de Claude Monet. Annoncée en couverture du catalogue de vente, l’oeuvre est restée sur le carreau dans un contexte pourtant favorable pour le père de l’impressionniste qui a battu son record d’enchère il y a moins d’un an (84,7 m$ pour des Nymphéas en fleur vendues le 8 mai 2018 chez Christie’s à New York). Finalement, l’oeuvre la plus couteuse vendue par Christie’s est une Nature morte de pêches et poires, de Paul CÉZANNE partie pour 28,2 m$. Trois danseuses d’Edgar Degas ont déclenché une bataille acharnée atteignant 5,5 m$ contre une estimation basse d’un million, et de nouveaux records mondiaux ont été atteints pour Paul Signac (Le Port au soleil couchant, près de 26 m$) et Gustave Caillebotte (Chemin montant, 22,1 m$).

Arrivée des ventes contemporaines

L’artiste vivant le plus coté du monde, David HOCKNEY, est en bonne place dans les catalogues d’art contemporain avec trois œuvres prévues chez Sotheby’s le 5 mars et autant chez Christie’s le lendemain. Le plus impressionnante de ses toiles est un double portrait représentant Henry Geldzahler, conservateur en chef du Met dans les années 1960 (décédé en 1994) et son compagnon Christopher Scott. Cette imposante toile (210 x 300 cm) datée de 1969 est attendue autour de 40 millions de dollars chez Christie’s, soit un prix 40 fois supérieur à sa précédente adjudication le 17 novembre 1992 (1m$, Sotheby’s, New York). Les artistes les mieux représentés pour répondre à la demande actuelle sont Pierre Soulages (deux œuvres chez Christie’s le 6 mars), Nicolas de Stael, Martin Kippenberger (trois œuvres à vendre chez Sotheby’s), Peter Doig (deux œuvres chez Christie’s et une chez Phillips) et Gerhard Richter sur qui nous proposons un focus.

Gerhard Richter : un milliard en cinq ans

Une vente contemporaine de prestige se doit d’offrir des oeuvres de Gerhard RICHTER. Le maître allemand est le 11e artiste le plus performant du monde en terme de produit de ventes annuel et ses meilleures toiles valent des millions. En novembre dernier, un lot de deux compositions abstraites s’est arraché pour 32 m$ (Sotheby’s NY, 14 novembre 2018) ce qui n’est pas pour autant le record de l’artiste, record établi à 46,3 m$ le 10 février 2015 chez Sotheby’s à Londres. Richter est un incontournable du marché que les plus grands collectionneurs s’arrachent : en cinq ans, la vente de ses œuvres a généré plus d’un milliard aux enchères. De fait, il est l’un des artistes les mieux représentés sur les prochaines sessions de mars avec cinq œuvres mises en vente, trois chez Sotheby’s, une chez Christie’s et une autre chez Phillips.

Un prix multiplié par 53 en 22 ans ?

Das ce cas précis ou sa cote est si vive et les marges de progression si conséquentes, les cas de reventes aux enchères sont assez fréquent. Le lot 26 de Christie’s, la toile A B, Tower (1987) estimée entre 3,9 et 6,5 m$ en est à sont quatrième passage en salle en 22 ans. Les résultats successifs obtenus pour cette œuvre témoigne bien de la hausse rapide et spectaculaire du prix des œuvres : A B, Tower passe aux enchères une première fois en 1997 et se vend pour 123 500 $ chez Sotheby’s NY. Elle réapparait dans une vente Christie’s en 2006 à Londres et multiplie sa valeur par 10 (1,2 m$). 11 ans plus tard, elle vient pour la troisième fois en salle. Son prix est cette fois multiplié par trois. Le dernier résultat du 16 novembre 2017 a établi la valeur de cette toile à 3,8 m$ (Sotheby’s NY), soit à peu près l’estimation basse offerte aujourd’hui, tandis que l’estimation haute, 6,5 m$, suggère que son prix pourrait encore doubler.

Le risque d’une garantie

Le lendemain, jeudi 7 mars, Phillips fait un pari important pour vendre la toile Jet Fighter (1963) du même artiste. L’oeuvre est annoncée entre 13 et 19 m$ contre une estimation comprise entre 25 et 35 m$ en 2016. Une telle révision de prix découle dans ce cas particulier d’un péché d’optimisme remontant à sa précédente mise en vente en novembre 2016 : sous le titre Düsenjäger, la toile n’a pas atteint son prix garanti de 24 m$. Engagée contractuellement, Phillips a dû verser au vendeur (Paul Allen, co-fondateur de Microsoft, décédé en octobre dernier) les 24 m$ promis, un tiers garant ayant finalement refusé de payer malgré son obligation auprès de Phillips. C’est le risque des garanties : si l’enchère n’excède pas le prix minimum engagé, le garant doit acheter l’œuvre. La perte est donc substantielle pour Phillips qui, en plus d’avoir réglé 24m$ au vendeur, a engagé des frais d’avocats conséquents auprès du tiers garant, un riche homme d’affaires chinois. La maison de ventes espèrent récupérer une partie de la somme engagée le 7 mars.

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