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Londres : mobilisation internationale mais résultats mitigés

[26/06/2018]

Le 19 juin dernier, la société Sotheby’s donnait sa vente d’art impressionniste et moderne de prestige. Résultat : 72 % des lots vendus, soit 26 œuvres de haute qualité contre 10 ravalées pour un montant total de 115,7m$, soit une forte baisse comparé à la même session organisée l’an dernier, où le résultat global affichait 163,8m$… d’un année sur l’autre, le produit de ventes de Sotheby’s annonce ainsi une chute de l’ordre de -30%. Le résultat est plus puissant du coté de Christie’s, qui orchestrait sa vente impressionniste et moderne le lendemain, vendant pour 170,3 m$ d’oeuvres d’art contre 190,3m$ atteint le 27 juin 2017, soit un produit de ventes en baisse de 10,5% comparé à cette même session en 2017.

Plus de 84 m$ pour Picasso

Au total la vente de huit toiles de Pablo PICASSO a généré 84,4 m$ en deux jours : avec quatre toiles vendues par Sotheby’s pour un montant total de 53 m$ et autant chez Christie’s le lendemain pour un total de 31,4 m$. La vente de Sotheby’s a été mené par le Buste de femme de profil (Femme écrivant), une toile de 1932 représentant Marie-Thérèse Walter, vendue pour 36,1 m$ soit près de 10 fois son prix établi en 1997 sous le titre Femme écrivant (vente Sotheby’s du 12 novembre 1997). L’atout Picasso de Christie’s était un portrait de Dora Maar, vendu 25,6 m$ alors qu’il fut ravalé en 1990, faute d’atteindre son estimation basse de 5m$ (Femme dans un Fauteuil, vente Sotheby’s Londres du 26 juin 1990). Ce résultat est plutôt positif compte-tenu du fait que les dernières œuvres comparables à ce portrait de Dora Maar se sont vendues autour de 22 millions de dollars en salle.

Une toile de Monet en première position

Dans notre précédent article, nous annoncions que la plus belle toile de ces ventes, La Gare Saint-Lazare, vue extérieure peinte par Claude MONET en 1877 et annoncée chez Christie’s, pourrait passer les 30 m$, compte tenue de la vente, le 8 mai dernier, d’une toile de la même série et de même dimension pour 32,9m$ (Christie’s New York). Ces deux œuvres, prenant pour sujet la gare Saint-Lazare font partie d’une série de 12 toiles sur le même thème, sont emblématiques des recherches menées sur le cadrage, la dissolution des couleurs dans le mouvement, et de l’intérêt voué à la modernité par le chef de file de l’impressionnisme Claude Monet. Christie’s proposait donc une toile véritablement muséale, digne de celle conservée dans les collections permanentes du Musée d’Orsay à Paris. Elle s’est finalement vendue exactement au meme prix que celle du mois de mai.

Déception par contre, toujours sous la signature de Claude Monet, chez Sotheby’s, ou trois des quatre œuvres soumises aux enchérisseurs sont restées invendues… Seule la toile la plus importante, La méditerranée par vent de mistral, a trouvé son nouveau propriétaire, un collectionneur privé américain, au prix de 9,4m$, c’est à dire sans surprise, dans sa fourchette d’estimation.

Dispersion de deux sculptures phares

La sculpture était peu représenté en terme de densité (peu de lots aux deux catalogues) mais la qualité et le prestige de deux œuvres en particulier a permis l’obtention de beaux résultats. Chez Sotheby’s tout d’abord, qui présentait Le chat d’Alberto GIACOMETTI. L’oeuvre a été acquise par un collectionneur privé européen au prix de 16,6m$, un prix honorable à défaut d’un record puisque ce même bronze emblématique, créé en 1951 et fondue chez Susse à Paris sur 8 exemplaires, a déjà passé le seuil des 20 m$ aux enchères (Christie’s New York du 4 mai 2010).

Christie’s attendait pour sa part au moins 6 m$ pour sur une version l’une des trois épreuves en bonze de 86 centimètres du fameux Baiser d’Auguste RODIN. Le résultat final double les premières attentes, avec un score de 16,6m$. Un résultat remarquable, d’autant que cette même épreuve partait pour 2,7 m$ en 2000… Ce Baiser devient la troisième sculpture la plus chère de l’artiste, sachant que la première sur le podium est une œuvre unique en marbre : un Eternel printemps culminant à 20,4m$ depuis une adjudication chez Sotheby’s New York en 2016.

Ces deux ventes témoignent d’une bonne tenue du marché haut de gamme mais aussi d’un fort niveau d’exigence, comme en témoigne les échecs de vente des œuvres de Monet par exemple. D’autres artistes sont visiblement plus en lice actuellement que le chef de file impressionniste, notamment Gauguin et Schiele, dont les œuvres proposées ont doublé les estimation préalables (Fleurs dans un panier chez Sotheby’s et Kniendes Mädchen chez Christie’s).

Plusieurs collectionneurs asiatiques se sont positionnés sur des chefs-d’oeuvre de l’art occidental, dont Le Boulevard Montmartre de Camille PISSARRO, payés 4,6 m$ et le Buste de Diego par Alberto GIACOMETTI emporté pour 3,8 m$ par un collectionneur japonais. La force de ces deux jours de vente tient dans l’attrait international de l’art impressionniste et moderne occidental : des amateurs issus de plus de 30 pays étaient, cette fois, inscrits comme enchérisseurs.

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