Londres lance la saison !

[04/02/2020]

Alors que le divorce du Royaume-Uni auprès de l’Union européenne vient d’être formalisé, le Marché de l’Art bat son plein à Londres avec les premières grandes ventes de la saison 2020. Ce mardi 4 février et le 5 février ont en effet lieu les premières grandes ventes impressionniste, moderne et surréaliste, des cessions regroupant les signatures les plus recherchées du marché. Picasso, Cézanne, Giacometti, Magritte, Pissarro, Renoir, Rodin, Signac… Tous les grands noms sont rassemblés à travers 82 lots (49 chez Christie’s et 33 chez Sotheby’s) accompagnés d’estimations comprises entre 40 000 $ et 16m$. Ces deux jours sont essentiels pour prendre le pouls du Marché, en ce début d’année 2020.

Sotheby’s le 04.02.2020

Sotheby’s ouvre le bal le 4 février, avec une vente menée par un magnifique trio de peintures néo-impressionnistes, par Camille Pissarro (2) et Paul Signac (1). Restitués aux héritiers du célèbre mécène et collectionneur d’art Gaston Lévy en 2018, ces chefs-d’œuvre témoignent d’une nouvelle direction radicale dans la manipulation de la lumière et de la couleur. Parmi les autres temps forts de la vente, citons deux remarquables natures mortes de Fernand Léger, une excellente gouache de l’artiste Der Blaue Reiter Franz Marc et une œuvre dynamique Le cycliste de Jean METZINGER.

Christie’s le 05.02.2020

Les lots phares de Christie’s – Le Portrait de Marjorie Ferry de Tamara de Lempicka (1932) et Trois hommes qui marchent d’Alberto Giacometti (1948) – sont attendus dans la même fourchette d’estimation que le chef-d’oeuvre de Pissarro chez Sotheby’s, à savoir entre 10 et 16m$, estimation maximale de ces deux journées de ventes. Deux autres œuvres remarquables figurent au catalogue : une toile très politique de de George Grosz de 1918 et une rare nature morte de la période fauve de Vlaminck Nature morte à la table verte (1907), restées dans des collections privées pendant plus de 50 ans et qui apparaîtront aux enchères pour la première fois. Un groupe de trois natures mortes de Pablo PICASSO témoigne de son dévouement à l’évolution du genre tout au long de sa carrière avec des exemples exceptionnels des années 40, 50 et 60. Les œuvres sur papier de Gino Severini, Egon Schiele, Paul Klee, ou Max Ernst complètent cette vacation.

Quels records sont attendus ?

Voir l’article du 31 janvier

George GROSZRoute Dangereuse (1918)

Estimée entre entre 6 et 8,6m$ chez Christies le 5 février

Record actuel de l’artiste : 2m$ en 1996 (Wildwest, 1916)

Tamara DE LEMPICKAPortrait de Marjorie Ferry (1932)

Estimée entre 10,5 et 16 m$ chez Christies le 5 février

Record actuel de l’artiste : 13,4 m$ en novembre dernier

Jean METZINGERLe Cycliste (1912)

Estimée entre 2 et 2,6m$ chez Sotheby’s le 4 février

Record actuel de l’artiste : 2,4 m$ en 2007 (Paysage, c.1916-1917)

Pyke KOCHFlorentine Garden (1938)

Estimée entre 263 000 $ – 394 000$ – Sotheby’s le 4 février

Record actuel de l’artiste : 533 000 $ en 2016 (Rustende schoorsteenveger, 1936)

La promesse d’un Hockney

La meilleure adjudication obtenue à Londres en 2019 s’est élevée à 49,5m$, avec la vente de Henry Geldzahler and Christopher Scott par David Hockney chez Christie’s. Ce résultat spectaculaire représente la 10e meilleure adjudication mondiale de l’an dernière, derrière neuf résultats frappés à New York.

 

Podium des adjudications en Occident en 2019:

  • New York : 110,7m$ – Claude Monet (Les Meules)
  • Londres : 49,5m$ – David Hockney (Geldzahler and Christopher Scott)
  • Paris : 22,2m$ – Nicolas de Stael (Le Parc des Princes)

 

Mais avant ce superbe résultat, David HOCKNEY tenait déjà le statut d’artiste vivant le plus cher du monde, ayant obtenu 90,3m$ en novembre 2018 pour sa toile Portrait of an Artist (Pool with Two Figures) vendue par Christie’s à New York. Cette fois, c’est à Sotheby’s d’être en capacité de faire valser les enchères, avec une emblématique œuvre, The Splash (1966), dont elle espère 39m$, c’est à dire 8 fois son prix de vente en 2006 ! La véritable star des sessions londoniennes ne sera donc ni impressionniste, ni moderne, mais bien vivante !