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Les hauts et les bas des artistes contemporains

[19/01/2010]

 

Les chiffres d’affaires des artistes contemporains ont certes considérablement fondu en 2009 (14 fois moindre pour Damien Hirst, divisé par 3 pour Jeff Koons), le marché ne s’en porte pas si mal pour autant. Dégraissé, il renoue tout naturellement avec les niveaux de prix de 2004, enregistrés avant la bulle spéculative.

Artprice a établi un Top15 des artistes contemporains par produit des ventes afin d’analyser les bouleversements de la dernière décennie.
Depuis 2003, quatre indétrônables se battent les meilleures places du Top15 : Jean-Michel BASQUIAT, Damien HIRST, Jeff KOONS et Richard PRINCE. Ce classement a opéré une mutation en 2006 avec l’arrivée en force des premiers artistes chinois YUE Minjun, CHEN YifeiZHANG Xiaogang. D’emblée, la présence des Chinois fut écrasante et Zhang Xiaogang cumulait 24,9M$ sur l’année, détrônant Jean-Michel Basquiat sur la première marche du Top15 !

Le cas Damien Hirst
Après une année 2008 triomphale, Damien Hirst fut bien discret dans les salles de ventes en 2009. Rappelons qu’il fut le grand gagnant de la dernière fièvre acheteuse cumulant pas moins de 65 adjudications millionnaires en 2008 et un produit des ventes de 230 M$, tandis qu’il se hissait à deux petits millions de dollars six ans plus tôt ! Ces performances époustouflantes furent stoppées nettes juste après sa vacation Beautiful Inside My Head Forever chez Sotheby’s les 15 et 16 septembre 2008. Le nombre d’œuvres ravalées explosait par la suite, passant de 11% à 55% entre septembre et décembre 2008. En 12 mois, certaines œuvres de Hirst ont retrouvé leur niveau de prix de 2004, balayant quatre ans de hausse spéculative. Après avoir ravalé la Butterfly painting I Miss you le 21 octobre 2008, en plein Krack du marché de l’art, Christie’s divisait son estimation par deux l’année suivante à Londres ! Adjugée l’équivalent de 450 000$, I Miss you renouait alors avec sa première adjudication de 2004 (230 000£ soit 415 000$, 18 octobre 2004, Sotheby’s).
Les appétits des collectionneurs et investisseurs étant nettement modérés en 2009, les catalogues de ventes furent moins garnis, notamment concernant Hirst dont le nombre de sculptures proposées fut révisé au tiers et le nombre de peintures au quart !

Les disparus du Top15
L’Indien Subodh GUPTA, 10ème du Top 15 en 2008 avec un produit de ventes de 15,1M$ a vu le nombre de ses œuvres soumises à enchères divisé par cinq entre 2008 et 2009. L’artiste qui signait deux enchères millionnaires en 2008 culmine cette année à 130 000€ seulement, soit 170 000$ (Untitled, Christie’s Paris, 17 mars 2009).
Gupta est évidemment évincé du Top 15 en 2009.
BANKSY n’a pas non plus réitéré l’exploit des deux enchères millionnaires de 2008 qui lui permettait une entrée fracassante à la 13ème place du Top 15 (12,5M$ de produits de ventes). Son sommet 2009 est signé par la revente de la toile Insane clown pour 320 000$ (Phillips de Pury & Company, New York, 12 Nov 2009). L’œuvre perd près de 80 000$ par rapport à son résultat de 2008 (29 juin 2008).
Idem pour le fer de lance de la création nippone Takashi MURAKAMI, l’un des 15 artistes les plus valorisés en 2003 avec un produit des ventes de 3,4M$ décuplait ce résultat en 2008 (32M$). Il est absent du classement 2009, dont le ticket d’entrée est pourtant retombé à 3,4M$.
Parmi les autres disparus du Top15, citons Jack VETTRIANO (1954) que le résultat de 7,2M$ en 2004 hissait à la 6ème sixième position, derrière les poids lourds Jean-Michel Basquiat, Damien Hirst, Jeff Koons, Maurizio CATTELAN et Richard Prince. Cindy SHERMAN est également absente du classement depuis 2004, Susan ROTHENBERG depuis 2003 et Mark TANSEY depuis 2002.

En 2002, avant la hausse des prix, le ticket d’entrée dans le Top15 n’atteignait pas le million de dollars (812 000 $). Cinq ans plus tard, il culminait à 14,8M$ !
La crise a déjà épuré le marché, écartant quelques spéculateurs attirés par les profits faciles. Contrairement à la précédente crise de 1990-1993, le gel des achats n’a pas eut lieu. La correction est rude, mais les résultats loin d’être catastrophiques. Ils restent meilleurs que ceux du début de la décennie avec un ticket d’entrée dans le Top15 plus valorisé qu’en 2005.

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