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Les Frenchies les plus appréciés

[16/07/2013]

 

À l’exclusion des grands maîtres impressionnistes et modernes, peu d’artistes français s’imposent sur le marché international des enchères au niveau haut de gamme. Au vue de la cote flamboyante d’Yves Klein ces dernières années, Artprice.com fait le point sur les quelques élus du marché parmi les 150 meilleures adjudications enregistrées pour des artistes français nés après 1900.

Klein et les autres

Outre l’écrasante domination du nouveau réaliste le plus métaphysique du groupe (Yves KLEIN tient 38,6 % des 150 meilleures adjudications et la moitié du Top 50), les signatures les plus prisées qui parviennent à s’imposer dans le « Top 50 enchères » sont celles de Louise BOURGEOIS (à 8 reprises), Jean DUBUFFET (7 fois), BALTHUS (4 fois), Pierre SOULAGES (seul artiste vivant du Top, 3 fois), François-Xavier LALANNE (2 fois) et Martial RAYSSE (1 fois).
Ce cénacle composé de six artistes reste invariable jusqu’à la 97ème adjudication où émerge alors Georges MATHIEU (avec la vente de L’abduction d’Henri IV par l’archevêque Anno de Cologne, 1958, 26 mai 2008, Sotheby’s Paris), devançant l’autre nouveau réaliste du classement, CÉSAR (102ème place, avec Pouce, 20 octobre 2007, Cornette de Saint-Cyr Paris) et Roman OPALKA (150ème avec Opalka 1965-1-infini detail-4875812-4894230/Opalka 1955-1-infini…, 14 octobre 2010, Christie’s Londres).

Avec un indice de prix en hausse de plus de 500 % en dix ans (depuis janvier 2003), un produit de ventes annuel partant de 2,4 m$ en 2002 pour atteindre 109,8 m$ en 2012, et une enchère plantée à 19,5 m$ lors des dernières ventes de juin 2013 (Sculpture Éponge Bleue Sans Titre, Se 168, 1959, 14 mai 2013, Sotheby’s New York), Yves Klein est l’un des artistes favoris des collectionneurs européens et américains. Si l’artiste rayonne aussi bien aux États-Unis (où plus de 45 % de son produit de ventes est enregistré), c’est parce que les amateurs américains ont été initiés tôt à son œuvre. N’oublions pas en effet qu’il exposait en 1961 chez Léo Castelli, immense galeriste qui découvrit entre autres Jasper Johns et Andy Warhol et parvint à faire de New York la capitale mondiale de l’art.
Un soutien si influent du vivant de l’artiste qui a permis d’installer rapidement une cote puissante, et ce malgré une carrière fulgurante (1954-1962). Les premières enchères millionnaires tombent en effet en 1989-1990 entre Londres et New York. Une vingtaine d’années plus tard, le marché s’emballe et, le 14 mai 2008, MG9 (Monogold à la feuille d’or) triple une estimation multi-millionnaire pour s’arrêter à 21 m$ chez Sotheby’s New York. L’ascension n’était pas achevée pour autant, bien au contraire. L’année dernière, Klein signait deux résultats à plus de 32 m$ chacun (plus de 36 m$ frais inclus), devenant l’un des rares Français capables de rivaliser avec les artistes américains les plus cotés et l’un des plus rentables pour les maisons de ventes (son produit de ventes annuel flambait de 107,4 m$ entre 2002 et 2012) (« Yves Klein au prix de Lichtenstein ? »)

Cette ouverture sur le marché américain est encore une fois essentielle pour la cote des artistes français (et européens en règle générale). Si l’on s’en tient aux 50 meilleures enchères de ce classement, on constate d’ailleurs que 64 % d’entre elles sont frappées à New York, contre 30 % à Londres et seulement 6 % à Paris. Seuls Louise Bourgeois et Pierre Soulages ont suffisamment stimulé les ventes parisiennes pour imposer des adjudications équivalentes à 4 m$ et 2,8 m$ (Louise Bourgeois : sculpture Spider de 2003, vendue 2,55 m€, chez Christie’s Paris le 25 mai 2008, et Pierre Soulages : Peinture 130 cm x 162 cm de 1956, 2 m€ chez Sotheby’s Paris le 31 mai 2011). Si les artistes français ont besoin d’internationaliser la demande pour asseoir leur cote, la place de marché parisienne a quant à elle foncièrement besoin de voir mises à l’encan des œuvres fortes de ses propres artistes. Son rayonnement en dépend et, malheureusement, le marché français s’enlise encore cette année, avec l’annonce récente d’un relèvement du taux de TVA à l’importation des œuvres, qui pourrait passer à 10 %, au lieu des 7 % actuels.

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