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Les artistes américains de moins de 40 ans (Juin 2011- Mai 2012)

[22/06/2012]

 

Le vendredi, c’est Top ! Un vendredi sur deux, Artprice vous propose un classement d’adjudications par thème. Cette semaine : les dix plus belles enchères d’artistes américains de moins de 40 ans.

L’histoire de l’art américain débute par une volonté d’exister face à la tutelle de l’Europe, d’affirmer son autonomie par rapport au modèle qu’elle véhicule. La fondation par Alfred STIEGLITZ, en 1902, du groupe de la Photo Sécession ; le tapage de l’Armory Show en 1913, première exposition internationale d’art moderne ou encore l’arrivée, pendant la seconde guerre mondiale, d’artistes fuyant le nazisme et l’Europe en guerre sont autant d’évènements déclencheurs d’une nouvelle culture. Ainsi, durant la seconde moitié du 20ème, l’art américain s’affranchit de tous complexes d’infériorité par rapport à l’Europe, Paris perdant, dans le même temps, sa suprématie au profit de New York. De l’expressionnisme Abstrait en passant par le Pop Art, le Minimalisme ou encore l’Art Conceptuel : Willem DE KOONING, Jackson POLLOCK, Mark ROTHKO, Robert MORRIS, Andy WARHOL, Jean-Michel BASQUIAT… l’avant-garde américaine est en marche. Le marché de l’art friand de cette période leur attribue aujourd’hui encore des enchères records. A l’image d’un Warhol dont la plus belle enchère culmine à 64 m $ (Green Car Crash (Green Burning Car I), Christie’s New York, le 16 mai 2007) ou encore d’un De Kooning à 24,2 m $ (Untitled XXV, Christie’s New York le 15 novembre 2006).
Dans un marché en crise et avec l’arrivée de la Chine à la 1ère place mondiale du marché de l’art, où en est la relève américaine ?

Top 10 : Les 10 plus belles enchères d’artistes américains de moins de 40 ans (juin 2011 – mai 2012)

Rang Artiste Adjudication Oeuvre Vente
1 Matthew Day JACKSON 430920$ Tennanaut II (2008) 28/06/2011 (Christie’s LONDON)
2 Dana SCHUTZ 400000$ « Death Comes to Us All » (2003) 10/05/2012 (Phillips de Pury & Company NEW YORK NY)
3 Sterling RUBY 270000$ « SP40 » (2008) 07/11/2011 (Phillips de Pury & Company NEW YORK NY)
4 Nate LOWMAN 240000$ This Marilyn (2011) 07/11/2011 (Phillips de Pury & Company NEW YORK NY)
5 Barnaby FURNAS 235980$ « Duel (July 4th) » (2004) 14/10/2011 (Christie’s LONDON)
6 Matthew Day JACKSON 235724$ Study Collection V (2010) 15/02/2012 (Christie’s LONDON)
7 Barnaby FURNAS 218778$ Flood (Red Sea) (2006) 12/10/2011 (Phillips de Pury & Company LONDON)
8 Jacob KASSAY 210964$ Untitled (2010) 12/10/2011 (Phillips de Pury & Company LONDON)
9 Jacob KASSAY 191568$ Untitled (2009) 27/06/2011 (Phillips de Pury & Company LONDON)
10 Jacob KASSAY 188040$ Untitled (2009) 13/10/2011 (Sotheby’s LONDON)

Le Top révèle les noms de 6 artistes, en majorité nés dans les années 70 et âgés de 33 à 40 ans. Néanmoins à 28 ans, Jacob KASSAY pourrait se faire porte-parole d’une nouvelle génération prometteuse en raflant 3 places à lui seul. Culminant à 430 000 $, la première œuvre du classement prouve que les jeunes signatures américaines se portent bien, d’autant que 4 d’entre elles signent de nouveaux records (Dana SCHUTZ, Sterling RUBY, Nate LOWMAN, Jacob KASSAY). Tous ces résultats ont été frappés en terres anglo-saxonnes entre Londres et New-York. Néanmoins sur ces 10 plus belles adjudications, 7 résultats sont signés à Londres contre seulement 3 à New-York ce qui démontre la complémentarité New-York/Londres.

D’abord introduit au public lors de l’exposition Greater New York Show à PS1 Contemporary Art Center (une annexe du Moma à New York) en 2005, les œuvres de Matthew Day JACKSON (1974) entrent aux enchères dès 2006 et signent déjà une belle adjudication au-dessus de l’estimation haute : 4 500 $ pour un tirage de la photographie Hungry Ghosts from the civil War Battlefield (estimée 3 000 – 4 000 $, Phillips de Pury & Companie, New York, le 13 mars). En 4 ans, ses résultats ont connu une évolution fulgurante. Sa meilleure enchère est passée de 7 400 $ pour l’huile sur toile Alamo en 2008 (121,9 x 242,5cm, Christie’s Londres, le 11 décembre) à 783 000 $ en 2010 pour Bucky (Huile sur toile, 241x 180 cm, Christie’s Londres, le 11 février), soit un prix marteau de 100 fois supérieur ! Un résultat d’autant plus incroyable qu’il était inattendu, car l’estimation annonçait 30 000 – 40 000 £ (Christie’s). Un tel élan spéculatif pouvait mettre en doute un maintient de la cote à de tels niveaux de prix pourtant, l’artiste continue de signer de beaux résultats comme le prouve sa présence à la 1ère et 6ème place de ce Top. En grande gagnante, Tennataut II est une œuvre issue de sa technique la plus prisée, sorte de marqueterie contemporaine où se mêlent des incrustations de marbre, de métal, de bois ou encore de pierres sur panneaux de bois ou en formica… En trouvant preneur pour 430 000 $ le 28 juin 2011, elle est aussi devenue le 3ème record de l’artiste. Aujourd’hui largement présent dans certaines des plus importantes collections telles que The Rubel Family (Miami), The Franks-Suss (Londres, Sydney et Hong Kong), Rosenblum (Paris), Zabludovitch (Londres)…, Matthew Day Jackson est perçu par certains comme l’un des plus talentueux représentants de l’art contemporain américain et le marché le lui rend bien.

L’année 2012 commence fort pour Dana SCHUTZ, dont l’œuvre Death Comes to Us All a, le 10 mai, révisé son record de 2007 (Night in Day, adjugée 240 000 $, Christie’s New York le 10 mai) en trouvant acquéreur à 400 000 $. Représentant une figure hybride, homme machine aux couleurs vibrantes, Death Comes to Us All n’est pas seulement une œuvre fantaisiste. Dana Schutz envisage ses œuvres comme des réalités plausibles où la vie et l’art convergent. Entre fantaisie et réalité, humour et horreur, ses œuvres mettent en scène des situations improbables tout droit sorties de son imagination sans bornes. Créatrice d’un monde parallèle, la carrière de Dana Schutz a pris de l’ampleur depuis une dizaine d’années. En 2003 pendant la Biennale de Venise, elle participe à l’exposition Clandestine curatée par le célèbre Francesco Bonami. Dès 2004 elle expose dans des galeries influentes (Saatchi, Perrotin…) et sa carrière s’accélère. Puis en 2005 elle participe, tout comme Matthew Day Jackson, à Greater New York (Ps1 Contemporary Art Center) et signe une entrée fracassante en salles des ventes grâce à une adjudication à 80 000 $ pour Project at Kensington (Christie’s New York, le 9 novembre).

Autre artiste américain très en vogue, Sterling RUBY arrive en 3ème position de ce Top avec les 270 000 $ de SP40 (Phillips de Pury & Company, New York, le 7 novembre). Dans ce tableaux monumental abstrait peint au spray, Ruby Sterling concentre son attention sur la déconstruction des formes minimalistes et plus particulièrement celle de l’idéal géométrique de la grille. Issu de sa fameuse série Spectrum Ripper, dévoilée en 2008 lors de sa première exposition personnelle à Londres, elle détrône son ancien record établi en 2008 pour une œuvre similaire (SP 28, adjugée 260 000 $, Phillips de Pury & Company, New York, le 15 mai). Parler d’ascension fulgurante est peu dire concernant l’évolution de ses résultats. En effet, c’est après une première entrée aux enchères en 2007 en dessous des attentes (Kin#1 estimée 6 000 – 8 000 $, adjugée pour 4 800 $ Christie’s New York, le 10 novembre), et une exposition chez Gagosian plus tard que Ruby Sterling signe en 2008 son record à 260 000 $.

Entre graffitis collages, réappropriation d’objets et d’images, Nate LOWMAN est un artiste qui aime jouer avec les codes de la consommation et de la vie quotidienne….Bercé d’influences Pop Art, la blonde iconique Marylin ne pouvait lui échapper. C’est ainsi avec This Marilyn et ses 240 000 $ (Phillips de Pury & Company, New York, le 7 novembre 2011) qu’il rejoint la 4ème place de ce classement. Il signe une année 2011 prometteuse en enregistrant 3 résultats au-dessus de son précédent record frappé près de 66 000 $ en 2010 (Pink Escalade, Sotheby’s Londres le 11 février). Ces résultats arrivent non sans raison puisque Nate Lowman peut se vanter d’avoir déjà participé à des expositions dans les plus grands musées (le Whitney, le Guggenheim, Punta della Dogana/Palazzo Grassi, Palais de Tokyo….) et d’être présent dans les collections les plus influentes (Rubell Family, Dakis Jouanou…).

Lorsque l’œil du spectateur rencontre les œuvres de Barnaby FURNAS, l’image paraît hors de contrôle. La spontanéité et l’expérimentation sont parties prenantes de son travail dont les thématiques abordées sont autant de scènes chaotiques et violentes. Néanmoins, il envisage ses compositions de sorte que la surface de la toile, telle une caméra, fasse écran aux éclaboussures de sang. Reconnaissables grâce à l’omniprésence du sang, les œuvres de Barnaby Furnas tendent à flirter avec l’abstraction, voir à l’épouser. Adjugée près de 236 000 $, l’œuvre Duel (July 4th) lui vaut la 5ème place de ce Top. Elle pourrait à s’y méprendre faire penser à un grand feu d’artifice tant de vives éclats de couleurs recouvrent la quiétude d’un grand ciel bleu. Le mot carnage s’avère plus approprié. Le titre l’indique, il s’agit d’un duel et à y regarder de plus près les taches rouges dégoulinantes ressemblent bien à du sang….Du coté de l’œuvre Flood (Red Sea) qui lui vaut la 7ème place, on retrouve, malgré une toute autre dynamique, l’omniprésence du sang qui une fois de plus engloutit et efface la sérénité du ciel bleu. Cette œuvre au titre biblique évocateur a trouvé preneur pour près de 219 000 $ (Phillipps de Pury, Londres, le 10 octobre 2011). Sans pour autant rivaliser avec son record de 2006 (450 000 $, Heartbreak Ridge (2002) , Sotheby’s, New York le 14 novembre), en 2011 les ventes de ses peintures ont eu le vent en poupe en s’échangeant entre 177 000 et 236 000 $.

Un engouement général règne autour du benjamin de ce Top, Jacob KASSAY (1984), avec ses 3 résultats au dessus de 180 000 $ il s’accapare la 10ème, 9ème et 8ème place. Tout commence en 2009 tandis que Phillips de Pury & Company (New York) adjuge un de ses monochromes estimé 6 000 – 8 000 $ pour 70 500 $, soit presque dix fois son estimation haute. Jacob Kassay utilise un procédé industriel et chimique inédit pour réaliser ses monochromes argentés : l’électro-galvanisation. De ce procédé, consistant à déposer par électrolyse des ions d’argent sur la toile, il en résulte un aspect réfléchissant proche de celui d’un miroir. Grâce à ces miroirs imparfaits, Jacob Kassay joue, au sens propre comme au figuré, sur l’opacité, le reflet et le transfert. Le regardeur devient acteur d’une expérience sensible où ses moindres mouvements modifient l’aspect de la surface de l’œuvre, ouvrent une fenêtre sur un autre monde. Avec 19 résultats d’adjudications enregistrés depuis son entrée sur le second marché en 2009 incluant 12 compris entre 80 000 $ et 240 000 $, Jacob Kassay a déjà de belles cordes à son arc !

Malgré les récents bouleversements du marché, les artistes américains signent toujours des enchères records souvent liées à de fulgurantes ascensions. Avec des institutions rayonnant dans le monde entier et le soutien de collectionneurs influents, les Etats-Unis continuent d’être un foyer majeur d’artistes « bankable ». Si aller aux Etats-Unis était devenu une étape clef dans la carrière d’un artiste européen, les résultats de vente du frenchie installé à New York Jules DE BALINCOURT sont la preuve que cette vérité non plus n’a pas changé.


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