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Les 30 artistes de moins de 30 ans : dessin

[07/08/2012]

 

Cet été Artprice dresse le portrait des futurs stars du marché de l’art. Chaque semaine, retrouvez un classement des 30 artistes de moins de 30 ans les plus cotés par médium en 2011 : aujourd’hui le dessin.

 

Top 30 : dessin

Rang Artiste Adjudication
1 Ariadhitya PRAMUHENDRA 51440$
2 Alexandru BUNESCU 50561$
3 Tauba AUERBACH 48000$
4 Dash SNOW 22000$
5 BO Chunyu 14820$
6 Alireza DAYANI 13000$
7 YANG Nan 11587$
8 LI Jiaru 9485$
9 CHEN Jing 9216$
10 WANG Fang 8695$
11 HAN Mei 7904$
12 YANG Yu 7904$
13 ZHANG Zhiyong 7092$
14 ZHANG Xilian 6602$
15 HE Jiawen 6602$
16 Handan FIGEN 5873$
17 KAO Yu 4886$
18 Kristina BENGTH 4518$
19 WEI Jiujie 4401$
20 YAN Yi 4401$
21 FANG Kun 4398$
22 DU Wenfei 3952$
23 LIU Ling 3887$
24 TANG Huijian 3478$
25 Jackson SLATTERY 2969$
26 Achraf TOULOUB 2958$
27 SHEN Yao 2845$
28 Sasayama NAOKI 2822$
29 Ayako ROKKAKU 2644$
30 JIA Liang 2371$

Le trio de tête

Un indonésien, un roumain et une américaine tiennent les trois meilleures adjudications 2011 pour un artiste de moins de 30 ans en matière de dessin.
En première position, l’indonésien Ariadhitya PRAMUHENDRA (né à Sematang en 1984) fait un début de carrière remarqué en intégrant la galerie Perrotin. Il expose dans les locaux hongkongais du galeriste français entre le 22 aout et le 13 septembre 2012 (Religion of science). Dans ses dessins au fusain, le jeune artiste se met souvent en scène avec théâtralité, fait référence aux grandes compositions de l’histoire de l’art et joue de puissants clair-obscur qui évoquent les ambiances d’un Georges de la Tour ou d’un Caravage. Depuis, l’adjudication équivalente à 92 800 $ pour une fresque de 7 mètres reprenant la Cène, son marché s’agite dans toute l’Asie (Holy Mass, 720 000 HK$, le 4 octobre 2010, Sotheby’s Hong Kong).

Le jeune roumain Alexandru BUNESCU (né en 1988), se classait déjà dans le TOP 10 des meilleures adjudications réalisées pour Les dessins d’artistes de moins de 35ans avec son immense pastel Princess, classé ici en seconde position à 50 000 $ (Artmark, Bucarest, 13 avril 2011). Il devance toujours, dans ses deux classements, l’américaine Tauba AUERBACH, qui joue avec nos nerfs optiques dans des compositions élégantes et méthodiques. Sa capacité à renouveler le trompe l’œil a rapidement séduit de prestigieuses galeries : après avoir rejoint la galerie new-yorkaise de Jeffrey Deitch, elle est représentée par Paula Cooper.

Art contemporain chinois : le fossé Asie / Occident
Dans ce classement plus encore que dans les précédents, les jeunes artistes chinois prennent en masse les meilleures adjudications. Ils sont 19 sur les 30 jeunes artistes émergents aux enchères à travers le monde entier. Parmi eux, beaucoup sont valorisés par des amateurs chinois cherchant une continuité avec le langage traditionnel et la majorité d’entre eux ne sortiront pas sur le marché international, tant ils sont éloignés des préoccupations de la création contemporaine.
Parmi ces artistes, BO Chunyu réalise des sujets traditionnels séduisant pour certains de ses compatriotes. Introduit en salles en 2011 à Pékin, chacune des quatre œuvres présentées en salles depuis ont trouvé preneur. Son record flirte avec les 15 000 $ pour le dessin de six grues posées sur des branches en fleurs, dans la plus pure tradition des sujets naturalistes réalisés à l’encre sur soie (vente Rong Bao Auctions, le 12 août 2011). Les mêmes collectionneurs enchérissent sur les paysages à l’encre de ZHANG Zhiyong qui, malgré ses 26 ans, exécute des œuvres qui semblent d’un autre temps pour un regard non exercé (encre entre 5 000 $ et 10 000 $), ou encore sur les paysages de DU Wenfei, abordables pour moins de 5 000 $.

D’autres détournent leurs codes culturels, à l’instar de WANG Fang, qui se joue de la tradition du dessin de paysage en le miniaturisant et le faisant tremper dans un verre d’eau (Landscape in a vase, Rong Bao Auctions, près de 9 000 $, le 11 novembre 2011), ou de HAN Mei, spécialiste du portrait. L’art délicat de Han Mei, sur lequel flotte une douce mélancolie, peine cependant à se vendre. Les amateurs ont préféré enchérir sur une belle scène de genre, Figures from the Beijing opera, atteignant 5 700 $ en novembre 2011 (Rong Bao Auctions, Pékin). Dans la même veine, les encres de WEI Jiujie sont un peu moins cotées (4 400 $ pour un travail de plus de 2 mètres, China Guardian, Pékin, le 20 septembre 2011).

Notons encore un goût prononcé pour quelques mièvreries érotiques. Ainsi, les couleurs acidulées et les pivoines tatouées sur une anatomie féminine largement découverte constituent la recette banale du jeune artiste chinois LI Jiaru (né en 1987) pour faire monter la température en salles des ventes. A 25 ans, ses dessins cotent déjà entre 5 000 $ et 10 000 $ à Pékin. YANG Yu privilégie aussi les femmes lascives, auxquelles il doit d’être classé parmi ces 30 artistes de moins de 30 ans les mieux cotés dans le monde en 2011.
D’autres jeunes artistes chinois surfent sur l’attitude branchée et la critique d’une société de consommation tiraillée entre produits de luxe et jeux régressifs.

Deux japonais aux antipodes : hyper-violence vs tendance régressive
On croise aussi dans ce classement l’hyper violence des œuvres du japonais Sasayama NAOKI. Ce peintre de la catastrophe a développé un art de l’hémoglobine particulièrement prisé à Hong Kong et à Tokyo. En 2007 et 2008, dans l’élan spéculatif d’alors, ses dessins grimpaient par deux fois à plus de 14 000 $. Les prix oscillent aujourd’hui entre 3 000 $ et 6 000 $ en salles.
Jeune protégée de Takashi Murakami et digne héritière de la Kawaii attitude (ou Pop japonaise), Ayako ROKKAKU est souvent présente sur les foires d’art contemporain en Asie. Elle y réalise ses œuvres en public sans croquis préalable, peignant avec les mains. Ses œuvres spontanées sont un retour à l’enfance, dans la technique, l’état d’esprit et le sujet. Elles n’apparaissent encore que dans les salles tokyoïtes et se vendent entre 2 000 $ et 3 000 $.

Face à une majorité écrasante d’artistes asiatiques, les scènes turques et iraniennes prennent leur position. Handan FIGEN est une jeune artiste Turque, formée à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris, puis dans le studio de Jean-Michel Alberola pendant 4 ans. Elle vit entre Paris et Istanbul mais c’est à Londres qu’elle fait son entrée en salles en avril 2011, avec l’aquarelle Stain (tache), adjugée près de 6 000 $ chez Sotheby’s. Six mois plus tard, l’iranienne Alireza DAYANI fait une belle entrée aux enchères : 13 000 $ récompense son superbe dessin à l’encre de chine vendue chez Christie’s Dubaï (untitled, 26 octobre 2011). En début de carrière, ses expositions se comptent sur les doigts d’une main et son travail est à suivre.

Signalons encore deux œuvres, créées d’un bout à l’autre du monde par l’australien Jackson SLATTERY et la suédoise Kristina BENGTH. Le premier glane des images dans National Geographic, Flickr et dans sa collection personnelle pour créer des aquarelles aux ambiances sourdes (autour de 3 000 $ en salles), tandis que la seconde truque le passé et falsifie la mémoire via le dessin. Interprète des archives et des fragments de vie qui ne lui appartiennent pas. Une première vente à Stockholm fut réussie pour l’aquarelle Skiftningar, vendue l’équivalent de 4 500 $ (Stockholms Auktionsverk, 15 novembre 2011).

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