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Le Top Italien

[16/09/2017]

Le vendredi, c’est Top ! Un vendredi sur deux, Artprice vous propose un classement d’adjudications par thème. Cette semaine, Artprice analyse les meilleures enchères de l’année enregistrées du côté de l’Italie.

En Italie comme sur l’ensemble du marché de l’art, le marché haut de gamme repose sur la création du XXème siècle, en particulier la création dite « d’après-guerre ». Le Top révèle d’ailleurs que tous les résultats millionnaires de l’année 2017 sont le fait d’oeuvres signées Fontana et Castellani, à l’exception d’une œuvre du Surréaliste Belge René Magritte, La recherche de l’absolu (1948), qui devient le meilleur résultat « magrittien » jamais obtenu sur le sol italien.

Rang Artiste Adjudication ($) œuvre Vente
1 Lucio FONTANA (1899-1968) 1 715 067$ Concetto Spaziale, [Attese] 27/04/2017 Christie’s Milan
2 Enrico CASTELLANI (1930) 1 214 261$ Superficie bianca 27/04/2017 Christie’s Milan
3 Lucio FONTANA (1899-1968) 1 112 074$ Concetto spaziale, attese 04/05/2017 Sotheby’s Milan
4 Lucio FONTANA (1899-1968) 1 029 753$ Concetto spaziale, Attese 27/04/2017 Christie’s Milan
5 Lucio FONTANA (1899-1968) 1 020 086$ Concetto spaziale, attesa 04/05/2017 Sotheby’s Milan
6 René MAGRITTE (1898-1967) 1 003 604$ La recherche de l’absolu 27/05/2017 Farsetti Prato
7 Giorgio MORANDI (1890-1964) 882 364$ Natura morta 27/05/2017 Farsetti Prato
8 Josef ALBERS (1888-1976) 770 403$ Study for: Homage to the Square « Towards Fall II » 04/05/2017 Sotheby’s Milan
9 Josef ALBERS (1888-1976) 691 556$ Study for Homage to the Square: sel.: E. B. 1 04/05/2017 Sotheby’s Milan
10 Alberto BURRI (1915-1995) 665 273$ Combustione plastica 04/05/2017 Sotheby’s Milan
copyright © 2017 artprice.com

Période à la fois « fraîche » pour ne pas être si éloignée de notre époque, et ancrée sur le marché en tant que une valeur sûre, l’art italien d’après-guerre suscite un vif engouement. Sa reconnaissance et sa valorisation ne sont pas seulement prégnantes sur le marché intérieur italien, elles le sont aussi sur l’ensemble du marché occidental, voire du marché mondial, car les artistes révélés par ce top sont collectionnés dans le monde entier, jusqu’en Asie, Giorgio Morandi affichant deux résultats millionnaires décrochés en Chine en deux ans.

Sixième puissance mondiale du marché derrière la France et l’Allemagne (176m$ en 2016), l’Italie pèse 95 m$ sur le premier semestre 2017 avec près de 12 000 œuvres d’art vendues en six mois (un niveau de transactions qui a doublé depuis le début des années 2000), contre 24 m$ obtenus par le marché Belge (voir notre précédent article sur Le Top Belge). Le résultat italien est certes honorable, il ne tire pourtant pas tous les bénéfices de l’extrême valorisation de ses meilleurs artistes nationaux. La meilleure vente de l’année, emportée pour une œuvre de Lucio Fontana cédée pour 1,7m$, paraît en effet un peu mince lorsque l’on sait que quatre œuvres de l’artiste se sont vendues plus chères à Londres depuis le début de l’année, et qu’un Concetto Spaziale rouge à passé les trois millions de dollars à New York en mai dernier.

Depuis quatre ans, on assiste à une forte agitation pour les artistes transalpins d’après-guerre tels que Fontana, Castellani et Burri, essentiellement depuis Londres, où Sotheby’s et Christie’s organisent des ventes dédiées à l’art italien à l’époque de la grande semaine artistique et marchande de la Frieze Art Fair. En 2015, les “Italian Sales” de Sotheby’s et Christie’s (15 et 16 octobre 2015) ont été le théâtre d’une véritable flambée des prix, les deux maisons de ventes ayant réalisé plus de 62m$ chacune, avec d’impressionnants records. Point d’orgue de ces deux jours de vacation: Sotheby’s enregistrait un nouveau sommet à 24,4m$ pour Lucio Fontana, un record détrôné le mois suivant à 29,1m$ chez Christie’s à New York.

Cette ruée sur les grandes signatures italiennes tient en partie à une loi d’exportation italienne de 1939, obligeant l’obtention de licences d’exportations pour les œuvres italiennes créées il y a plus de 50 ans (dont le seuil est récemment passé à 70 ans), dans le but de limiter la fuite du patrimoine en dehors du pays. Cette limitation gouvernementale est à la source d’une véritable course contre la montre, et les prix ont flambé dans une forme d’urgence, en témoigne la progression phénoménale de l’indice des prix de Enrico Castellani : +1 038 % depuis l’année 2000. Les meilleures enchères de Castellani se joue en premier lieu à Londres, en second lieu à Milan. Proche de Piero Manzoni et fondateur de la revue Azimuth, Castellani a planté un record absolu à 6 m$ frais inclus en octobre 2014, à Londres, avec Superficie Bianca, vendue chez Sotheby’s.

Pour celles et ceux ayant acquis des oeuvres de Fontana il y a des années, les plus-values potentielles se chiffrent en millions de dollars : 10 œuvres de l’artiste ont d’ailleurs passé les 10 millions de dollars chacune ces dernières années, les plus cotées d’entre elles état issues de sa série La Fine di dio (quatre résultats à plus de 20m$). Le succès de Fontana est certes important pour l’Italie qui a vendu pour 150 m$ d’oeuvres de l’artiste depuis 2000, mais il l’est plus encore pour le Royaume-Uni, qui affiche plus de 572 m$ d’oeuvres vendues sur la même période.

Si la vitalité constatée sur les grands artistes italiens s’est quelque peu tarie en salles depuis 2015, les prochaines ventes spécialisées de Londres donneront plus fermement la tendance de l’année : l’Italian sale de Sotheby’s est prévue le 5 octobre prochain et Thinking Italian de Christie’s se tiendra le lendemain.

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