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Le Top du Surréalisme en 2018

[11/05/2018]

Le vendredi, c’est Top ! Un vendredi sur deux, Artprice vous propose un classement d’adjudications par thème. Le Top de la semaine se concentre sur l’un des grands mouvements fondateurs du XXème siècle, le Surréalisme, auquel Christie’s et Sotheby’s consacrent chaque année des ventes thématiques.

Rang Artiste Œuvre Adjudication ($) Date Maison de ventes
1 René MAGRITTE (1898-1967) Le groupe silencieux (1926) $10,031,386 27/02/2018 Christie’s Londres
2 Joan MIRO (1893-1983) Painting (1925-1964) $5,021,781 27/02/2018 Christie’s Londres
3 Salvador DALI (1904-1989) Maison pour érotomane (c.1932) $4,878,246 28/02/2018 Sotheby’s Londres
4 René MAGRITTE (1898-1967) « L’oasis » (1926) $4,353,834 27/02/2018 Christie’s Londres
5 Salvador DALI (1904-1989) Gradiva (1931) $3,710,735 28/02/2018 Sotheby’s Londres
6 René MAGRITTE (1898-1967) « Le jockey perdu » (194748) $2,659,734 28/02/2018 Sotheby’s Londres
7 René MAGRITTE (1898-1967) Les signes du soir (1926) $2,516,978 27/02/2018 Christie’s Londres
8 René MAGRITTE (1898-1967) « La recherche de l’absolu » (1948) $2,433,485 27/02/2018 Christie’s Londres
9 Joan MIRO (1893-1983) Painting (1926) $2,183,005 27/02/2018 Christie’s Londres
10 Joan MIRO (1893-1983) Tête d’homme (1931) $2,016,018 27/02/2018 Christie’s Londres

En 1924, André Breton, le  »Pape du Surréalisme », décrit son nouveau mouvement comme un  »automatisme psychique pur, par lequel on se propose d’exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée, en l’absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale ». Expression des forces psychiques, rêverie, libres associations… les surréalistes ouvrent le champ des possibles et se livrent à toutes les expériences. Le renouvellement qu’ils apportent à l’art et à la littérature ne s’est toujours pas essoufflé à notre époque. Il a toujours un impact sur la création actuelle et sur le monde qui nous entoure. Par ailleurs, la singularité d’artistes tels que Salvador Dalí, Max Ernst, Man Ray, Yves Tanguy, Masson, De Chirico, Miro ou Magritte est toujours respectée sur le marché : les Surréalistes constituent  »un genre à part » et ne sont, à ce titre, pas mélangé aux autres artistes de leur époque lors des ventes de prestige de Londres. Christie’s et Sotheby’s ont en effet pour tradition de consacrer au mouvement un catalogue indépendant, au moment des grandes sessions impressionnistes et modernes de février. Les dernières vacations spécialisées se sont tenues les 27 et 28 février 2018, en se concentrant, comme toujours, sur un petit nombre de lots de haute qualité (25 lots vendus le 27 février chez Christie’s et 10 lots vendus le lendemain chez Sotheby’s). A défaut d’emporter de nouveaux records absolus, les résultats confirment une tendance au beau fixe pour le trio Magritte-Miro-Dali.

Magritte : le grand premier

Une scène énigmatique peinte en 1926, et intitulée Le groupe silencieux, donne à Magritte la première place du classement surréaliste de l’année. Dans la présentation qui était consacrée à la toile avant sa mise en vente, Christie’s sur-renchérissait sur son importance historique, décrivant cette œuvre comme l’une des plus belles issue d’une série pionnière réalisée entre janvier 1926 et avril 1927, alors que Magritte préparait sa première exposition solo, à la Galerie Le Centaure à Bruxelles. Cette exposition, ouverte au printemps 1927, marque un pivot dans la carrière du jeune surréaliste belge alors âgé de 29 ans. Le groupe silencieux était ainsi présentée comme une œuvre remarquable de précocité et éclairante sur le chemin que venait de choisir Magritte, alors fortement impressionné par la peinture de Chirico. Acquérir Le groupe silencieux impliquait de remonter à la source de la nouvelle inspiration métaphysique et poétique d’un Magritte désormais absolument surréaliste. Le fait de proposer une telle œuvre sur le marché des enchères constitue, pour une maison de ventes, un petit exploit bienvenu, d’autant que la cote de Magritte n’a jamais été meilleure. L’année 2017 fut en effet marquée par trois nouveaux records venus récompenser des toiles de maturité (de la fin des années 40 au début des années 60), vendues entre 13,6 et 20,5 m$ chacune. A l’issue de l’année dernière, le résultat global de Magritte cumulait plus de 77,7 m$ pour 109 lots vendus dont 14 œuvres sur toiles. Jamais son résultat annuel n’avait été si élevé par le passé…
L’œuvre de Magritte compte une production dense et complète, avec environ 1 110 tableaux, beaucoup de dessins, quelques sculptures et des estampes. C’est à Londres que ses toiles se vendent le mieux (60 % de son produit de ventes) mais les enjeux sont tels que les très belles toiles sont de plus en plus fréquemment envoyées sur les sessions de ventes new-yorkaises, où furent signées l’an dernier deux des trois meilleures adjudications de l’artiste.

Duel surréaliste entre Magritte et Miro

Pendant plusieurs années, les meilleures adjudications de Magritte ont récompensé en premier lieu des versions de sa série de peintures connue sous le titre L’Empire des Lumières. Le prix des œuvres de cette série a progressé de façon spectaculaire au cours des 20 dernières années. En 1996, une version se vendait pour 3,5 millions de dollars à Londres. Six ans plus tard, une toile de la même série atteignait 12,6 millions à New York, signant là le record absolu pour l’oeuvre d’un artiste surréaliste aux enchères. Il aura fallu attendre 2007 pour que celle-ci soit détrônée par une toile de Joan Miro, intitulée Le Coq, et vendue 13,1 m$, le 18 juin 2007 chez Christie’s à Londres. Mais les hausses de prix se sont véritablement accélérées après 2010… Entre 2012 et 2015, trois chefs-d’oeuvre signés de Miro se sont vendus pour plus de 20 m$ chacun. L’un d’eux signait au passage le nouveau record absolu du Surréalisme, à hauteur de 36,9 m$ (Peinture (Etoile Bleue) vendue en juin 2012 chez Sotheby’s à Londres). Dans le duel de cote qui se joue entre l’artiste belge et le catalan, Magritte rattrapait quelque peu son retard l’an dernier, encore grâce à une toile de la fameuse série L’empire des lumières, vendue pour 20,5m$ (le 13 novembre 2017, Christie’s New York). Ce nouveau record absolu génère un autre duel de cote, mettant Magritte au coude à coude avec Dali, alias Avida Dollars.

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