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Le Top des meilleures enchères par ville

[12/01/2018]

Le vendredi, c’est Top ! Un vendredi sur deux, Artprice vous propose un classement d’adjudications par thème. Découvrons cette semaine les résultats de dix villes au cœur du marché des enchères.

Le fait d’observer avec précision les meilleurs niveaux d’enchères d’une ville à l’autre en dit long sur la dynamique actuelle du marché de l’art… Parmi les villes les plus attractives du marché, le fossé s’avère phénoménal en terme d’adjudication record, les plus hautes sphères des prix étant indubitablement réservées à New York, Londres, Pékin, Hong Kong – quatre pôles d’échanges internationaux capables de concentrer le meilleur de l’offre comme de la demande – et Paris dont les résultats de l’année 2017 et la qualité de l’offre sont parmi les plus convaincants de la planète.

Rang Artiste Adjudication ($) œuvre Vente
1 New York LEONARDO DA VINCI (1452-1519) 450 312 500$ Salvator Mundi 15/11/2017 Christie’s New York
2 Beijing QI Baishi (1864-1957) 140 954580$ Screens of landscapes
17/12/2017 Poly International Auction Co.,Ltd Beijing
3 London Gustav KLIMT (1862-1918) 59 004637$ Bauerngarten 01/03/2017 Sotheby’s London
4 Paris Alberto GIACOMETTI (1901-1966) 29 497 454$ Grande femme II 19/10/2017 Christie’s Paris
5 Hong Kong FU Baoshi (1904-1965) 26 259 721$ The song of the Pipa player 28/11/2017 Christie’s Hong Kong
6 Taipei SAN Yu (1901-1966) 935 2734$ Vase of Chrysanthemums with red Ground 04/06/2017 Ravenel International Art Group Taipei
7 Shanghai WU Hufan (1894-1968) 7 229 590$ Landscape 25/06/2017 Shanghai DuoYunXuan auction Shanghai
8 Guangzhou QIAN Weicheng (1720-1772) 5 369 120$ Landscape
27/05/2017 Holly International Co.Ltd Guangzhou
9 Vienna Egon SCHIELE (1890-1918) 2 752 678$ Liegende Frau 21/11/2017 Dorotheum Vienna
10 Hangzhou ZHU Da (1626-1705) 2 542 650$ Pine and deer
15/07/2017 Xiling Yinshe Auction Hangzhou
copyright © 2017 artprice.com

Difficile néanmoins d’imaginer que Le Salvator Mundi de Léonard de Vinci aurait pu atteindre 450 m$ au sein de la capitale française plutôt que dans la Grosse Pomme, car Paris n’a pas la force de frappe de New York… Les plus incroyables chefs-d’oeuvre partent généralement se vendre là où ils sont susceptibles d’atteindre les plus haut prix, c’est à dire là où les villes ont le plus fort potentiel de rayonnement et où elles déploient le plus de moyens pour promouvoir les œuvres. Les frais de monstration et de marketing ont bien sûr un coût d’autant plus élevé que l’oeuvre est cotée, et seules les plus puissantes sociétés de ventes aux enchères peuvent se permettre d’organiser des expositions itinérantes visant à faire connaître les lots phares de leurs catalogues à Hong Kong et à Londres avant les ventes de prestige new-yorkaises. Or, c’est souvent en passant par cette itinérance qu’elles parviennent à réunir suffisamment de collectionneurs à travers le monde autour des lots exceptionnels, la loi du nombre et de la concurrence faisant grimper les prix.

D’une ville à l’autre, le marché de l’art ne se ressemble donc pas, les niveaux de prix non plus. Ce classement révèle par exemple le fossé existant entre le marché autrichien, mené par la ville de Vienne, dont la meilleure enchère 2017 affiche 2,7 millions de dollars et le marché londonien qui culmine à 59 m$ avec la vente du superbe Bauerngarten (1907) de Gustav Klimt, qui rappelons-le, est un artiste autrichien ! La toile Bauerngarten, exposée à Vienne en 1909, puis à Prague, avait fini par gagner une collection londonienne il y a 23 ans par le biais de la société Christie’s, à Londres. L’importance de Londres pour la vente de chefs-d’oeuvre modernes européens n’est donc pas un phénomène nouveau, loin de là.

La nouveauté du marché de l’art tel qu’il existe aujourd’hui comparé à celui qu’il était une vingtaine d’années plus tôt réside dans le formidable essor des villes asiatiques et dans leur ambition de développement. Le nouveau record récemment planté pour le maître moderne chinois Qi Baishi à plus de 140,9 m$ à Pékin illustre à la fois l’engagement des grands collectionneurs chinois auprès de leurs artistes et l’ascension de Pékin à des niveaux de prix autrefois  »réservés » à New York. Rappelons que Qi Baishi (1864-1957) est devenu, le mois dernier, le premier artiste chinois vendu au-delà des 100 millions de dollars, intégrant de fait le cercle très restreint des sept artistes à avoir dépassé le seuil des 110m$ aux enchères, avec Pablo Picasso, Amedeo Modigliani, Alberto Giacometti, Francis Bacon, Edvard Munch et Jean-Michel Basquiat (voir AMI du 02 janvier 2018 Les chiffres de l’année 2017. Chapitre 4).

Hong Kong, plateforme plus internationale encore que Pékin, exerce son pouvoir d’attraction sur les acteurs occidentaux et pan-asiatiques du marché, les collectionneurs comme les marchands. Si l’exceptionnel record établi pour Qi Baishi vient de creuser un écart considérable entre Hong Kong et Pékin, un autre écart vient de se combler : celui que l’on constatait habituellement entre Hong Kong et Paris. Pour la première fois depuis des années, la meilleure enchère annuelle parisienne est plus puissante que celle de Kong Kong, et ce grâce à première adjudication française d’une œuvre de Giacometti à plus de 10 millions de dollars. Il était temps que Paris puisse bénéficier du rayonnement de cet artiste majeur, dont 35 œuvres ont déjà passé le seuil des 10 millions (et jusqu’à 141 m$, avec L’homme au doigt, Christie’s NY, 11 mai 2015) à Londres et à New York…

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