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Le Top de Singapour

[17/01/2014]

 

Le vendredi, c’est Top ! Un vendredi sur deux, Artprice vous propose un classement d’adjudications par thème. Cette semaine : les dix plus belles enchères enregistrées à Singapour.

Top 10 des plus belles enchères enregistrées à Singapour
Rang Artiste Adjudication Oeuvre Vente
1 Raden Sjarief Bastaman SALEH 1 990 000$ The Deer Hunt (1846) 31/03/1996 (Christie’s SINGAPORE)
2 Raden Sjarief Bastaman SALEH 1 299 540$ Lying in Wait (1849) 03/10/1999 (Sotheby’s SINGAPORE)
3 Raden Sjarief Bastaman SALEH 1 244 880$ Lions and a Snake fighting outside a Grotto in a Tropical Landscape (1839) 30/03/1997 (Christie’s SINGAPORE)
4 Walter SPIES 961 860$ Blick von der Höhe (View from above) (1934) 30/09/2001 (Christie’s SINGAPORE)
5 AFFANDI 935 160$ Food Stall under the Banyan Tree (1968) 09/06/2012 (Borobudur Auction Ptd.Ltd. SINGAPORE)
6 Adrien Jean LE MAYEUR DE MERPRES 890 898$ Terrace affording a View of the Sea with Pollok under an Umbrella 28/03/1999 (Christie’s SINGAPORE)
7 Walter SPIES 792 120$ Balinesische Legende 30/09/2001 (Sotheby’s SINGAPORE)
8 Walter SPIES 776 020$ Rehlandschaft in Djembrana 01/04/2001 (Sotheby’s SINGAPORE)
9 Miguel COVARRUBIAS 774 100$ Bather Holding Up Her Kemban 12/01/2012 (Borobudur Auction Ptd.Ltd. SINGAPORE)
10 Sindudarsono SUDJOJONO 707 310$ Tempat Mandi di Pinggir Laut (Seaside Bathing Place) (1964) 23/10/2011 (Borobudur Auction Ptd.Ltd. SINGAPORE)

Pourquoi Singapour ? Parce qu’elle devient un centre asiatique du le marché de l’art, que cette identité se construit depuis le milieu des années 90 (avec les premières ventes marquantes) et se confirme depuis quatre ans (avec le positionnement de la Art Stage et du quartier de galeries Gillman Barracks). Du strict point de vue du marché des enchères, trois maisons de ventes sont en lice – Christie’s, Sotheby’s et Borobudur – lesquelles mettent l’accent sur des artistes locaux (indonésiens, malaisiens, quelques signatures phares de l’art chinois et japonais). Christie’s organise sa première vente à Singapour en 1993 et Sotheby’s crée des ponts entre les ventes de Hong Kong et Singapour depuis 1990. En 20 ans, les deux leaders du marché mondial se sont taillé la part du lion à Singapour et devancent Borobudur par la puissance de leurs enchères (Christie’s et Sotheby’s tiennent 7 des 10 enchères de ce Top).

Les artistes les plus performants de la place de marché singapourienne sont essentiellement des artistes d’origine indonésiennes, ou des artistes européens ayant vécu et développé leur art en Indonésie.

Le plus remarquable en terme de résultats est Raden Sjarief Bastaman SALEH. Admirateur d’Eugène Delacroix et proche d’Horace Vernet, l’artiste a déployé un univers romantique et un réseau international de son vivant. Ce jeune prodige de la peinture part étudier au Pays-Bas ou il apprend notamment la lithographie. Sur place, il fut l’élève de Cornelius Krussemen et Andreas Schelfhout avant d’exposer à La Haye et à Amsterdam. Il revient au Pays-Bas en 1844 après quelques mois passés en Allemagne et se voit nommé peintre du palais, vit et travaille en Europe jusqu’en 1851, séjournant aussi en Autriche et en Italie. Ce parcours, atypique pour un artiste indonésien du XIXème siècle, et ses talents de peintre, ont fait de lui une figure marquante tout autant de l’histoire de l’art européenne qu’indonésienne. Les amateurs de son œuvre sont ainsi de nationalités diverses et cette internationalisation de la demande est à la clef d’une cote solide. D’ailleurs, parmi les quatre enchères millionnaires ayant déjà honoré son œuvre, la plus forte ne fut pas signée à Singapour mais à Cologne, en Allemagne. Son tableau le plus cher est un sujet à la fois exotique, romantique et dynamique, un moment de tension extrême qui précède la mort de trois sujets en pleine action : intitulée In letzer Not (Dernière détresse), la toile a explosé son estimation haute de 600 000 euros pour gagner un million de plus chez Van Ham Cologne en 2011 (adjudication à hauteur de 1,6 millions d’euros, plus de 2,27 m$). Raden Saleh est le seul artiste – indonésien de surcroît – capable aujourd’hui de décrocher des enchères millionnaires à Singapour.

D’autres artistes de ce classement parviennent à des niveaux de prix millionnaires, mais pas encore sur la place de marché singapourienne, notamment Walter SPIES, qui a décroché 3,483 m$ à Hong Kong en 2013, un record pour une toile précédemment achetée environ 962 000 $ à Singapour (en 2001, 4ème enchère du Top). Peintre et musicien d’origine allemande, Walter Spies vécu en Indonésie et les toiles qu’il réalisa in situ séduisirent, déjà dans les années 1930, les collectionneurs européens. Aujourd’hui, l’offre et la demande se trouvent du côté de l’Asie, l’Allemagne étant totalement dépourvue d’oeuvres.

Autres cas d’artistes européens ayant élu domicile en Indonésie : l’artiste belge Adrien Jean LE MAYEUR DE MERPRES tient la sixième enchère du classement. Quatre fois millionnaires sur la place de marché hongkongaise, Singapour est la deuxième place de marchépour vendre au meilleur prix ses scènes balinaises colorées. La Belgique, son pays d’origine, disperse des oeuvres dans des gammes de prix moindre qu’en Asie : le record singapourien se hisse à 890 000 $, soit 500 000 $ de plus qu’à Anvers (le record d’enchère en Belgique est signé en 2005 à 320 000 euros, soit 375 000 $ pour Dames tenant un parasol dans un jardin à Bali).

L’artiste mexicain Miguel COVARRUBIAS constitue un troisième exemple d’artistes étrangers prisés à Singapour : découvrant l’Indonésie à l’occasion de son voyage de noce, l’ami de Diego Rivera s’est plongé dans les coutumes indonésiennes, à tel point qu’il écrivit un ouvrage ethnographique sur le sujet intitulé The Island of Bali (1937). Ses toiles les plus cotées s’avèrent être des sujets balinais, lesquels se vendent aussi bien à New York qu’à Singapour. Miguel Covarrubias est l’un des artistes les plus convoités par des collectionneurs déterminés… ses prix explosent depuis10 ans : le tableau d’une balinaise nue dans une rivière a grimpé de 300 000 $ entre 2002 et 2012. La toile en question, Bather Holding Up Her Kemban, tient la neuvième place du Top 10.

Ces belles surenchères ne sont pas rares pour les grands artistes indonésiens ou fortement imprégnés de culture locale. AFFANDI et Sindudarsono SUDJOJONO, deux autres artistes parmi les plus performants font l’objet de surenchères particulièrement musclées. Si le meilleur exemple de Sudjojono est hongkongais (l’artiste a quadruplé une estimation initiale pour un prix marteau de 1,16 m$ chez Sotheby’s le 4 octobre 2010, New Down, 1956), celui d’Affandi est tenu par Borobudur Singapour : en juin 2012, une toile de 1968 décrochait 935 000 $ contre une estimation préalable de 116 000-195 000 $. Singapour se constitue ainsi, face à Hong Kong, comme une autre place de marché haut de gamme dans le paysage asiatique.

 

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