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Le Top de la sculpture

[14/12/2018]

Le vendredi, c’est Top ! Un vendredi sur deux, Artprice vous propose un classement d’adjudications pour vous permettre de décrypter les grandes tendances du Marché de l’Art. Cette semaine, Artprice s’est penché sur les meilleurs coups de marteau emportés pour des sculptures au cours de l’année 2018.

Les meilleurs coups de marteau de l’année pour des œuvres en trois dimensions récompensent en premier lieu les artistes français du 20e siècle : Giacometti obtient cinq nouveaux résultats supérieurs à 10 millions, Rodin enregistre sa quatrième meilleure adjudication avec Baiser, moyen modèle dit Taille de la Porte (1890), Matisse sa seconde meilleure enchère avec Nu allongé I (Aurore) (1907), Brancusi, enfin, plante un nouveau record mondial. Un seul artiste contemporain frappe aussi fort que ces illustres figures de l’Histoire de l’Art, Jeff Koons, dont le marché n’est pas au beau fixe malgré tout…

Rang Artiste Adjudication ($) œuvre Vente
1 Constantin BRANCUSI (1876-1957) 71 000 000$ La jeune fille sophistiquée (Portrait de Nancy Cunard) 2018-05-15 – Christie’s New York
2 Jeff KOONS (1955) 22 812 500$ Play-Doh 2018-05-17 – Christie’s New York
3 Henri MATISSE (1869-1954) 20 528 006$ Nu allongé I (Aurore) 2018-03-08 – Phillips Londres
4 Alexander CALDER (1898-1976) 17 975 000$ 21 Feuilles Blanches 2018-11-15 – Christie’s New York
5 Alberto GIACOMETTI (1901-1966) 17 187 500$ Le Chat 2018-11-11 – Christie’s New York
6 Alberto GIACOMETTI (1901-1966) 16 647 567$ Le chat 2018-06-19 – Sotheby’s Londres
7 Auguste RODIN (1840-1917) 16 634 673$ Baiser, moyen modèle dit Taille de la Porte 2018-06-20 – Christie’s Londres
8 Alberto GIACOMETTI (1901-1966) 15 781 250$ La Clairière 2018-05-15 – Christie’s New York
9 Alberto GIACOMETTI (1901-1966) 13 812 500$ Femme assise 2018-11-11 – Christie’s New York
10 Alberto GIACOMETTI (1901-1966) 10 482 303$ Lustre avec femme, homme et oisera 2018-02-28 – Sotheby’s Londres
copyright © 2018 artprice.com

Un nouveau record mondial pour Brancusi

Vendue au prix de 71 m$, la sculpture la plus coûteuse de l’année n’est autre qu’un jalon de l’Histoire de l’Art du 20e siècle, une œuvre unique défiant le temps depuis 90 ans. Il s’agit de La jeune fille sophistique (Portrait de Nancy Cunard) réalisée par Brancusi en 1928, un bronze doré admirablement poli, et surélevé d’un socle en marbre blanc. Si précieuse dans son habit doré, cette forme dynamique et contrastée représente Nancy Cunard, une femme engagée, militante pour l’égalité raciale et les droits civiques aux États-Unis, éditrice, proche du surréalisme et du dadaïsme, muse, enfin, d’Aragon, de Joyce et de tant d’autres. La jeune fille sophistiquée a été vendue en mai dernier chez Christie’s New York, plantant le record absolu de Brancusi, loin devant son précédent sommet emporté en mai 2017 pour sa célèbre Muse endormie de 1913. La progression des prix de cette Muse endormie vendue à plusieurs reprises au cours de la dernière décennie, traduit une forte ré-évaluation des chefs-d’oeuvre de Brancusi : valorisée 6,6 m$ en 1997, la Muse fut estimée entre 25 et 35 m$ en 2017, pour atteindre in fine 57,3 m$ après une bataille d’enchères interminable de près de dix minutes. Les occasions étant rares d’enchérir sur cette figure emblématique de la sculpture, les plus belles œuvres s’envolent bien au-delà des tentatives d’estimations.

Alberto Giacometti tient la moitié du Top

Avec cinq des 10 meilleures adjudications de l’année, Alberto Giacometti domine le marché haut de gamme de la sculpture. Comme pour Picasso ou Warhol, ses œuvres comptent parmi les plus convoitées de la planète. Giacometti fait d’ailleurs partie du cercle fermé des artistes vendus plus de 100 m$, depuis la vente de L’homme qui marche I en 2010 (103,6m$ chez Sotheby’s), suivie par L’homme au doigt en 2015 (141,2m$ chez Christie’s). A observer de plus près les résultats récurrents, l’euphorie de 2010 (année du premier passage des 100 millions) est quelque peu retombée. En témoigne la vente, par deux fois, de l’une de ses plus fameuses sculptures en bronze : Le Chat. L’exemplaire 3/8 du félin filiforme qui s’était arraché pour 20,8 m$ en 2010, a été revendu pour quatre millions de moins en juin dernier, après avoir été ravalé dans une fourchette d’estimation de 20 à 30 millions de dollars en mai (Sotheby’s). Cette importante décote ne relève pas d’une désaffection mais d’un assagissement des acteurs du marché très haut de gamme. L’heure n’est plus à la course aux records pour un Alberto Giacometti qui a déjà fait ses preuves sur le marché. Malgré l’absence de coups d’éclats majeurs cette année, la demande est particulièrement vive pour cette signature phare : Giacometti reste l’un des artistes les plus demandé du marché avec un taux d’invendus particulièrement bas (18%). Il tient la quatorzième place du classement provisoire 2018 selon des performances annuelles établies par Artprice. Résultat annuel ? un peu plus de 100 millions de dollars.

Un seul contemporain

La présence de Jeff Koons au sein de ce classement tient à la vente de sa sculpture Play-Doh (1994-2014), plus de trois mètres d’aluminium polychrome représentant un amoncellement de pâtes à modeler et surtout, une œuvre jamais apparue aux enchères avant sa dispersion par Christie’s en mai dernier. Payée 22,8 m$, Play-Doh s’inscrit dans le Top 10 du prince du kitsch. Cette adjudication marquante sauve l’année de l’artiste américain, dont les chiffres sont malgré tout en forte baisse. Ses performances annuelles affichent en effet 32,4 m$ contre 89 m$ il y a 10 ans, tandis que son indice des prix chute de 27 points sur l’année. En cause ? Un net ralentissement de l’offre haut de gamme couplé à une dilution du marché sous la profusion d’oeuvres multiples.

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