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Le Top Allemand

[29/09/2017]

Le vendredi, c’est Top ! Un vendredi sur deux, Artprice vous propose un classement d’adjudications par thème. Cette semaine, Artprice analyse les meilleures enchères de l’année enregistrées du côté de l’Allemagne.

Les plus hautes enchères allemandes se situent certes loin derrière celles des Etats-Unis, de la Chine ou du Royaume-Uni, capables de vendre des oeuvres plus de dix fois millionnaires. L’Allemagne n’en demeure pas moins une place forte du marché de l’art européen, classée juste derrière la France, avec 2% du marché mondial en 2016 malgré des recettes annuelles en baisse de 7%. Les ventes allemandes proposent des œuvres importantes, sous des signatures étrangères très demandées comme celles de ZAO Wou-Ki, Andy WARHOL, Camille PISSARRO ou Paul CÉZANNE, mais l’efficacité de son marché repose en premier lieu sur la création d’artistes allemands ayant profondément marqué l’art du XXème siècle, et dont les œuvres sont demandées bien au-delà des frontières du pays.

Rang Artiste Adjudication ($) œuvre Vente
1 Max BECKMANN (1884-1950) 1 684 800$ Tiergarten im Winter 01/06/2017 Grisebach Berlin
2 Max BECKMANN (1884-1950) 1 548 989$ Château d’If 10/06/2017 Ketterer Kunst GmbH Munich
3 Heinrich CAMPENDONK (1889-1957) 901 366$ Mädchen mit Katze 31/05/2017 Karl & Faber Munich
4 Georg BASELITZ (1938) 815 022$ Zwei halbe Kühe 10/06/2017 Ketterer Kunst GmbH Munich
5 ZAO Wou-Ki (1921-2013) 740 784$ Deux cimes 30/03/2017 Nagel Stuttgart
6 Gerhard RICHTER (1932) 675 272$ Rot-Blau-Gelb 10/06/2017 Ketterer Kunst GmbH Munich
7 Josef ALBERS (1888-1976) 561 600$ Homage to the Square 01/06/2017 Lempertz Cologne
8 August MACKE (1887-1914) 538 464$ Kaffeetafel im Grünen 31/05/2017 Lempertz Cologne
9 Andy WARHOL (1928-1987) 505 035$ Mona Lisa (Four Times) 02/06/2017 Grisebach Berlin
10 Gabriele MÜNTER (1877-1962) 503 100$ Berglandschaft mit Haus 10/06/2017 Ketterer Kunst GmbH Munich
copyright © 2017 artprice.com

Max BECKMANN. LA signature

C’est à ce seul artiste allemand, Max Beckmann, classé parmi les « peintres dégénérés », exilé à Amsterdam en 1933 avant de rejoindre les Etats-Unis en 1947, que l’Allemagne doit les deux seules adjudications millionnaires enregistrées cette année sur son sol. Les deux œuvres en question sont parties bien au-delà de leurs estimations hautes, car les acheteurs mobilisés au début du mois de juin sur ces toiles sentaient venir un nouveau record du côté de Londres. Ils ne se sont pas trompés.

Les œuvres de Beckmann se vendent mieux à Londres que n’importe où ailleurs. C’est là que se joue 58 % de son chiffres d’affaires sur les 10 dernières années contre 27% en Allemagne. C’est aussi là que sa toile Bird’s Hell établissait un nouveau record absolu, à hauteur de 45,8m$ le 27 juin 2017, contre un précédent sommet établi à 22,5 m$ en 2001. Bien évidemment, le fait de doubler son record à un tel niveau de prix ne s’explique que par le fait que Bird’s Hell est une œuvre  »à part » dans l’histoire de l’art, une œuvre profondément remarquable et un monument contre l’oubli. Ce chef-d’oeuvre commencé à Amsterdam et achevé à Paris est une véritable plongée dans l’enfer où de monstrueux oiseaux de mauvaise augure torturent et lacèrent les peaux humaines. Nous sommes en 1938 lorsque Beckmann se lance dans cette fresque anti-nazi, ce pamphlet pictural contre l’oppression et la terreur. Pour bien des historiens, cette toile est à Beckmann ce que Guernica est à Picasso.

Bataille des places de marché

Il en va de même pour tous les grands Expressionnistes allemands. Les meilleures œuvres font leurs meilleures prix à Londres plutôt qu’en Allemagne qui détient pourtant l’offre la plus dense. Comme Beckmann, Heinrich CAMPENDONK a emporté ses records d’enchères à Londres par le passé, mais les sociétés de ventes allemandes se défendent mieux que pour Beckmann, Campendonck étant moins coté que ce dernier. Le million de dollars (frais inclus) obtenu en mai dernier à Munich pour sa toile Mädchen mit Katze (1918) plante la seconde meilleure performance de l’artiste sur le sol Allemand, or ce niveau de prix s’avère proche des meilleures enchères décrochées à Londres.

Signature importante de l’art du XXème siècle, Campendonck fait peu parler de lui aux enchères car ses œuvres sont rares. Néanmoins, son indice des prix progresse vertueusement : + 434 % depuis l’année 2000, contre + 109 % pour Georg BASELITZ, + 105 % pour Gabriele MÜNTER et 8% seulement pour August MACKE sur la même période.

Outre l’exceptionnelle ascension de Beckmann cette année, la progression la plus vive est incontestablement celle de Josef ALBERS. Ses meilleures (et ses plus grandes) toiles issues de la série Hommage to the square qui commençaient à se vendre plus de 200 000 $ en 2001, s’arrachent aujourd’hui entre 1 et 2 millions de dollars en moyenne. Son indice global de prix a progressé de + 1004 % depuis cette époque, ce qui fait de lui l’un des artistes allemands les plus convoités sur le marché, notamment aux Etats-Unis où son impact artistique est colossal. Car après avoir dirigé le célèbre « cours préliminaire » du Bauhaus à Weimar, Josef Albers quitte l’Allemagne en 1933 pour les États-Unis. Il enseigne alors pendant quinze ans au Black Mountain College, puis devient directeur du Département de Design de l’Université Yale à New Haven de 1950 à 1959. L’apport de l’expérimentation fondamentale menée par Albers anticipe le minimalisme et l’art optique, soit un pan entier de la création de la seconde moitié du XXème siècle. New York et Londres se disputent ses œuvres, garanties de succès pour leur grandes ventes d’après-guerre. D’ailleurs, au cours de cette dernière semaine de septembre, pas de cinq œuvres ont été mises en ventes à New York, où se joue 49% de son chiffre d’affaires depuis 10 ans, contre 5% en Allemagne.

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