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Le Top 10 du Surréalisme

[30/11/2018]

Le vendredi, c’est Top ! Un vendredi sur deux, Artprice vous propose un classement d’adjudications pour vous permettre de décrypter les grandes tendances du Marché de l’Art. Cette semaine, Artprice s’est penché sur les 10 œuvres surréalistes les plus chères du monde. Un Top dans lequel triomphe Joan Miro.

Le surréaliste catalan Joan Miro est doublement mis à l’honneur, à travers une importance rétrospective au Grand Palais de Paris (jusqu’au 4 février 2019) et aux enchères, où ses résultats dominent absolument ceux des autres surréalistes, avec sept adjudications sur 10. Magritte et Dali complètent ce classement historique.

Rang Artiste Adjudication ($) œuvre Vente
1 Joan MIRO (1893-1983) 36 955 821$ Peinture (Etoile Bleue) 19/06/2012 Sotheby’s Londres
2 Joan MIRO (1893-1983) 31 461 029$ Femme et oiseaux 21/06/2017 Sotheby’s Londres
3 René MAGRITTE (1898-1967) 26 830 500$ Le principe du plaisir 12/11/2018 Sotheby’s New York
4 Joan MIRO (1893-1983) 26 590 650$ Painting Poem 07/02/2012 Christie’s Londres
5 Joan MIRO (1893-1983) 23 413 412$ Painting (Women, Moon, Birds) 04/02/2015 Christie’s Londres
6 Joan MIRO (1893-1983) 23 375 000$ Peinture 13/11/2017 Christie’s New York
7 Joan MIRO (1893-1983) 22 590 000$ Femme dans la nuit 15/11/2018 Phillips New York
8 Joan MIRO (1893-1983) 21 687 500$ Femme entendant de la musique 15/05/2018 Christie’s New York
9 Salvador DALI (1904-1989) 21 673 806$ Portrait de Paul Eluard 10/02/2011 Sotheby’s Londres
10 René MAGRITTE (1898-1967) 20 562 500$ L’empire des lumières 13/11/2017 Christie’s New York
copyright © 2018 artprice.com

Miro, le surréaliste le plus apprécié

Miro est incontestablement l’un des artistes phares du Marché de l’art occidental. D’abord parque son imaginaire débridé en fait un artiste profondément singulier de la scène surréaliste, « le plus surréaliste de nous tous », disait d’ailleurs André Breton. Ensuite, parce qu’il fut particulièrement prolifique et que, parmi le millier d’oeuvres mises chaque année aux enchères, se trouvent toujours quelques trésors dignes des plus grands musées. Prolifique, il l’a été, réalisant au moins 2 000 peintures, 5 000 dessins, 500 sculptures, quelques centaines de céramiques et une grande quantité d’estampes qui représentent 91% des lots vendus. Le prix des œuvres sur toiles est extrêmement variable selon l’importance historique et plastique de l’oeuvre. Ainsi, parmi les 17 toiles vendues cette années, certaines oeuvres de petites dimensions (une trentaine de centimètres) sont parties autour de 250 000 $ lorsque d’autres, de dimensions similaires, ont allègrement passé le million de dollars. Un Miro abouti se paie au prix fort et les prix s’envolent pour peu que la qualité du sujet soit couplée avec une toile d’envergure. Les meilleures œuvres passent ainsi les 20 millions de dollars. C’est arrivé à huit reprises dans l’histoire du marché de Miro, avec une accélération notable ces 12 derniers mois où ce seuil de prix a été passé à quatre reprises, avec Peinture (1933), Femme dans la nuit (1945) et Femme entendant de la musique (1945), qui figurent dans ce Top, mais aussi avec Mural I/ Mural II/ Mural III (1933) vendue pour 20 m$ en mai dernier chez Christie’s à New York. Les résultats de l’année 2018 sont particulièrement favorables. Ils hissent Miro parmi les artistes les plus performants du monde, la vente de ses œuvres ayant rapporté 107,6 m$ depuis le mois de janvier. Fort d’un tel résultat, le « mirobolant » Miro prend la 13ème place du classement provisoire mondial établi par Artprice. Considérée comme universelle, son oeuvre a séduit les collectionneurs occidentaux et japonais mais elle n’a pas encore percé un marché essentiel, celui de la Chine…

Magritte, deux nouveaux records en 12 mois

La présence répétée de Magritte dans ce classement est d’autant plus notable que ses deux nouveaux records ont été frappé au cours des 12 dernier mois. Tout d’abord en novembre 2017 avec une toile issue de sa série emblématique L’empire des Lumières. Remontons le temps pour observer l’évolution des prix : en 1996, une importante toile de cette célèbre série atteignait 3,5 m$ à Londres. En 2002, une autre, datée de 1952, passait le cap de 12,6 m$ à New York. Jamais un artiste surréaliste n’avait alors atteint un tel prix. En 2017, il fallait presque doubler la mise : L’empire des lumières de 1949 passait les 20,5 m$ à New York. Ce record, ajouté à deux autres au cours de la même année 2017, marquait la plus fructueuse année dans l’histoire des enchères du Surréaliste Belge, avec des performances annuelles établies à 77,8m$. Un tel engouement fut certainement activé par l’actualité culturelle, notamment par l’exposition La trahison des images, organisée au Centre Pompidou de Paris puis à la Schirn Kunsthalle Frankfurt (2016-2017).

L’agitation s’est poursuivie cette année. En février dernier, Magritte emportait déjà la plus haute enchère des ventes surréalistes de Londres (organisées par Christie’s et Sotheby’s en février) devant Miro, avec une œuvre pionnière de 1926, Le groupe silencieux, vendue pour 10 m$. Puis, le 12 novembre dernier, Sotheby’s enregistrait un nouveau record, absolu cette fois, à 26,8 m$. L’oeuvre la plus chère de Magritte porte ce titre poétique et énigmatique : Le principe du plaisir. Il s’agit d’un portrait d’Edward James, magnat américain des trains et mécène de Magritte qui a pu résider et peindre dans sa résidence londonienne pendant deux ans. Le principe du plaisir a excédé de plus de 10 m$ son estimation basse, contre 74 000 $ offerts pour cette œuvre il y a 40 ans.

Un amour surréaliste

Le troisième surréaliste du classement n’est autre que le « grand » Salvador Dali avec une œuvre dont le prix pourrait paraître excessif en regard de ses dimensions modestes : 33 x 25 centimètres. Portrait de Paul Eluard est en effet une petite huile sur carton dont le prix est passé de 2 m$ en 1989 (Christie’s New York) à 21 m$ en 2011. Un résultat d’autant plus explosif que les prévisions données par Sotheby’s lors de sa dernière mise en vente annonçaient une estimation comprise entre 5 et 8 m$. Le prix de cette œuvre a donc été multiplié par 10 en une vingtaine d’années, plantant le record mondial de Dali. Réalisé en même temps que le Grand Masturbateur, le Portrait de Paul Eluard condense l’iconographie dalinienne de l’époque, notamment avec la tête de lion rugissant symbolisant le désir. Nous sommes en 1929 lorsque Dali dresse ce portrait délirant du poète venu le visiter à Cadaquès avec son épouse de l’époque Gala. Dali tombe immédiatement amoureux de Gala, qui deviendra son inspiratrice. Cette œuvre n’est pas seulement le portrait de Paul Eluard, elle signe les prémices du couple le plus célèbre du surréalisme. Face à une si grande histoire d’amour, l’ambition du prix ne se limite pas au format de l’oeuvre…

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