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Le Top 10 des introuvables IV – Art d’après-guerre

[21/08/2015]

Le vendredi, c’est Top ! Un vendredi sur deux, Artprice vous propose un classement d’adjudications par thème. Le classement révèle cette semaine les 10 artistes d’après-guerre les plus rares et les plus performants de l’année aux enchères.

Au Top des introuvables, ce classement rend hommage à quatre artistes américains (dont deux femmes) déjà célébrés par les plus grands musées et galeristes. Les prix atteints sanctionnent ici des parcours artistiques bien ancrés dans l’histoire de l’art du XXème siècle. A côté des américains, un artiste iraquien et trois asiatiques émergent. Leur présence, pour le moins inattendue, révèle de nouvelles tendances portées par la vitalité des places de marchés de Dubaï et Hong Kong.

Top 10 des introuvables 2015 – Post-war
Rang Artiste Adjudication Oeuvre Vente
1 Vija CELMINS 1 1000 000$ Long Ocean (1973) 2015-05-13 Sotheby’s NEW YORK NY
2 Vija CELMINS 820 000$ Blackboard Tableau #8 (Edward) (2012) 2015-05-13 Christie’s NEW YORK NY
3 YUAN Yunfu 361 200$ Jiangnan Waterscape (1981) 2015-04-04 Sotheby’s HONG KONG
4 Jim NUTT 300 000$ Gulf (1991) 2015-03-06 Christie’s NEW YORK NY
5 Robert Alan BECHTLE 280 000$ Alameda Intersection – Clay and Mound Streets(2004) 2015-05-13 Sotheby’s NEW YORK NY
6 Mahmoud SABRI 260 000$ Jnazet (Funeral) (1961) 2015-03-18 Christie’s DUBAÏ
7 Jo BAER 205 686$ Untitled (1966/70) 2015-02-11 Sotheby’s LONDRES
8 Myeun Ro YOUN 187 050$ Crack 77-710 (1977) 2015-05-31 Seoul Auction HONG KONG
9 Robert Alan BECHTLE 160 000$ Potrero Stroller-Crossing Arkansas Street (1988) 2015-03-05 Sotheby’s NEW YORK NY
10 LEE Reed 154 800$ Homesickness (1983) 2015-05-31 Ravenel Art Group HONG KONG
copyright © 2015 artprice.com

 

L’hyper-réalisme américain  : 40% du classement avec Vija Celmins et Robert Alan BechtleGrande figure de l’hyperréalisme américain, Vija CELMINS (1939) décide de son destin d’artiste en 1962. Elle entame alors des étude d’art à l’université de Californie (1962-1965), puis commence à prendre des photographies qui seront la base de ses œuvres (à partir de 1966) et compile des images issues de magazines en privilégiant les vues de déserts, de constellations et de mer. Sa cote flambe pour ses œuvres très rarement présentées aux enchères (seules 25 œuvres originales en 25 ans), mais très demandées par les amateurs américains. Lorsque des pièces puissantes arrivent sur le marché, elles peuvent défier tous les pronostics. Ce fut le cas lors de la vente Good to go, organisée par Sotheby’s le 24 septembre 2014, comprenant un rare ensemble d’œuvres de Celmins, issu de la collection de Joni Gordon de la Newspace gallery. L’engouement fut absolument avec trois nouveaux records, dont les 3,4 m$ signés Burning Plane (1965), qui triplait presque son estimation haute. Puis, en mai 2015, Sotheby’s offre une belle vue d’océan (Long Ocean, 1973), qui changea de propriétaire pour 1,33 m$ frais inclus. Artiste la plus côté de ce classement, Celmins défend un hyperréalisme méditatif très éloigné de l’imagerie typiquement américaine de son compatriote Robert Alan BECHTLE (1932), qui tient aussi deux places de ce classement. Moins connu internationalement que les hyperrealistes Chuck CLOSE, John Louis DE ANDREA et Duane HANSON, Robert Alan Bechtle est pourtant tout aussi coté qu’eux aux Etats-Unis, y compris pour des œuvres récentes. Sa cote s’est envolée en 2006, année où il plante d’abord un record à 66 000 $ pour une aquarelle de 1987 (Broome Street Walkman, Sotheby’s New York, le 15 novembre 2006), puis enterre tous les pronostics le lendemain avec 408 000 $ pour l’huile sur toile 62 Chevy (1970). Pourquoi en 2006  ? Robert Alan Bechtle commençait alors à travailler sérieusement par la galerie Gladstone avec, en prime, ses œuvres exposées la même année au Whitney Museum of American Art de New York (exposition Full House).

Surréalisme et Minimalisme : deux opposés se rejoignent

Deux autres grands mouvements américains sont encore représentés ici  : le surréalisme populaire de Jim NUTT (1938) et le minimalisme radical de Jo BAER (1929).Surréaliste puisant son inspiration dans la culture populaire américaine, au même titre que les artistes Pop Art, Jim Nutt est considéré comme un pionnier, en tant que fondateur du groupe des imagistes de Chicago, autrement appelé Hairy who. Travaillant avec David Nolan Gallery (New York) et ayant bénéficié d’une grande rétrospective au musée d’art contemporain de Chicago en 2011 (Jim Nutt: Coming Into Character, 29 janvier-29 mai 2011), Jim Nutt est bien défendu mais son marché aux enchères manquait de vitalité jusqu’en 2013, année marquée par deux résultats hors normes enregistrés à Paris (deux résultats multipliant par 15 et 27 les estimations initiales). L’année suivante, en 2014, de mirobolants résultats furent enregistrés à New York, dont celui de Please, Stop Smiling (1977, toile estimée 20 00 $ et vendue 269 000 $, Christie’s, le 14 mai 2014). Cet engouement correspond-il à un réveil du marché sur les américains «  historiques  » du XXème siècle, où est-il lié au récent sursaut médiatique dont Nutt a bénéficié avec les rétrospectives Jeff KOONS, qui l’ont présenté comme un personnage clef dans le développement du style personnel de Koons ? L’ascension de Jim Nutt reste en tous cas parmi les plus notables de ces deux dernières années.Jo Baer atteint elle aussi ces niveaux de prix depuis peu, avec une oeuvre et un parcours radicalement différents. Son travail fut honoré par les acteurs les plus influents du monde de l’art dès les années 1960 (notamment à la Documenta IV de Kassel en 1968), et ses œuvres font partie des plus éminentes collections américaines, dont le MoMA de New York, le Guggenheim et le Whitney. Malgré ce parcours sans faute, l’artiste (qui vit aujourd’hui à Amsterdam) demeure confidentielle. Rares sont les amateurs d’art minimal à convoiter ses monochromes radicaux entre 100 000 et 250 000 $… Jo Baer est défendue par la galerie Gagosian qui ne l’a, pour l’instant, exposée qu’en Suisse. La cote pourrait évoluer encore si elle se trouve portée par une bonne actualité américaine.

De Dubaï à Hong Kong

Si les quatre américains résonnent sur l’ensemble du marché occidental (avec des ventes à Londres, Paris, etc.), il en est autrement pour Mahmoud SABRI, YUAN Yunfu, Myeun Ro YOUN et LEE Reed, confinés géographiquement.C’est à Dubaï, et seulement à Dubaï, que les amateurs sont capables de s’arracher les meilleures toiles de l’iraquien Mahmoud Sabri (1927-2012) pour plus de 300 000 où de 400 000 $. Exposé en 2013 à Londres, où il fut présenté comme l’un des artistes clefs du renouvellement de la peinture en Iraq, Mahmoud Sabri n’a pas encore percé sur le marché occidental mais sa valorisation illustre la vitalité du marché de l’art dans les Emirats Arabes Unis.Quant à Yunfu Yuan, Myeun Ro Youn et Lee Reed, ils affichent tous un nouveau record cette année grâce aux ventes hongkongaises  : le coréen Myeun Ro Youn (1936) dont les grandes œuvres peinaient 5 000 $ il y a 10 ans, culmine désormais à 187 000 $ (Crack 77-710, 1977, Seoul Auction, le 31 mai 2015). Son marché est en train de décoller, depuis sa rétrospective au Musée national d’art contemporain de Corée en 2013 et grâce aux ventes de Seoul Hong Kong…L’artiste taïwanais Lee Reed (1921) est quant à lui convoité aussi bien à Taiwan qu’en Chine (il vécu près de 10 ans dans la province du Sichuan avant de rejoindre son île. Son travail abstrait commence tout juste à percer sur le marcher haut de gamme avec un record de 185 000 $ enregistré en mai 2015 chez Ravenel (Homesickness). Il ne manque qu’une visibilité plus globale pour parfaire cette ascension.

 

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