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Le symbolisme : les évolutions de prix fort divergentes au sein d’un mouvement pluriel

[09/10/2003]

 

En réaction contre l’impressionnisme et l’essor du matérialisme issu de la révolution industrielle, aux alentours de 1890 naît un peu partout en Europe un nouveau langage pictural : le symbolisme. Les symbolistes ne se contentent pas de reproduire le monde réel. En rupture avec la peinture narrative, paysagiste et ses canons, ils essaient de communiquer avec la sensibilité du spectateur à travers des formes et des couleurs. Si globalement ce mouvement artistique jouit d’une hausse des prix régulière depuis 10 ans (+116% entre 1992 et juin 2003), la diversité des personnalités et des nationalités qui le compose se reflète au niveau des prix.

Artprice Index de la peinture symbolistebase 100 en janvier 1993 France En France, le mouvement éclôt autour de Gustave MOREAU, de Pierre PUVIS DE CHAVANNES et d’Odilon REDON. Avec Eugène Anatole CARRIERE, ce dernier est le symboliste français le plus prolixe. Plus de 530 œuvres de l’artiste sont passées en ventes publiques depuis le 1er janvier 1997, dont 60% d’estampes. Si son record s’élève à 1,2 millions de dollars pour Le Monde des Chimères, une toile adjugée en 1998 chez Sotheby’s New-York, 80 de ses œuvres sur papier sont vendues moins de 150 000 euros. Comptez néanmoins 300 000 – 500 000 euros pour un grand pastel. Mais les prix de cet artiste phare ont diminué de 15% depuis 1997. A l’inverse les travaux d’Henri MARTIN, très répandus sur le marché, profitent d’une hausse des prix de 18% depuis le début de l’année. Il passe annuellement plus de 50 toiles de cet artiste. Parmi les artistes ayant battu leur record au premier semestre 2003, on retrouve Charles FILIGER, Armand POINT et Henri Jules Charles DE GROUX. BelgiqueEn Belgique, le mouvement a gravité autour de deux importants Salons : le Salon des XX et celui de la Libre Esthétique. Il est essentiellement illustré par Théo VAN RYSSELBERGHE, James ENSOR, Eden BLAKELOCK, Ernst JOSEPHSON, Jean DELVILLE, Léon SPILLIAERT et Antoine WIERTZ. Non seulement James ENSOR est le plus productif de tous avec près de 1000 œuvres échangées depuis 1992 mais il est aussi l’un des plus porteurs cette année : sa cote a doublé durant le premier semestre. A l’inverse, Théo van RYSSELBERGHE a vu la sienne s’effondrer depuis le début de l’année, alors qu’il avait établi un nouveau record avec Voilier de l’Escault en novembre 2002 : 2,4 millions de dollars chez Sotheby’s New-York. Nord de l’EuropeProches de l’école belge, on retrouve quelques symbolistes néerlandais. Les plus reconnus sont Johan THORN PRIKKER et Jan TOOROP. Ce dernier a vu sa cote tripler depuis 1992. Nombre d’artistes s’inspirent de ce mouvement en Scandinavie, à l’image de Vilhelm HAMMERSHOI, d’August STRINDBERG, de Gustaf FJAESTAD, et de Jens-Ferdinand WILLUMSEN. Le plus important reste sans conteste Edvard MUNCH. Mais comme beaucoup de symbolistes nordiques, la cote de ses dessins et peintures tend à baisser depuis le début de l’année. Celle de ses estampes, abondantes aux enchères, s’est même effondrée : elle est actuellement inférieure de moitié au niveau atteint en 2002, ce qui la porte sensiblement aux valeurs de 1998. Il n’est pas rare de voir certaines lithographies se vendre bien en deçà des estimations. Ainsi, Madona, une épreuve de 1895 estimée 150 000 – 200 000 dollars n’a trouvé preneur qu’à 95 000 dollars à la Swann Galleries le 1er mai 2003. AllemagneLe symbolisme germanique accueille le plus coté de tous : Gustav KLIMT. Représentant près du quart de sa production peinte, ses paysages peuvent atteindre plus de 10 millions de dollars aux enchères. Son record, 13,200,000 de livres sterling avec Schloss Kammer am Attersee II (1909), date de 1997 ; depuis 2001 son indice des prix ne cesse de fléchir. A l’inverse, à l’origine d’une importante production d’estampes, Max KLINGER a le vent en poupe. Ses prix ont progressé de 8% au premier semestre 2003. Mais la plupart des symbolistes allemands ou autrichiens sont rarement mis en vente. Il n’a été proposé qu’une seule toile de Carlos SCHWABE et trois de Ludwig VON HOFMANN en 2002. Ce dernier vient de battre son record avec Frühlingstanz (26 000 euros à Berlin chez Villa Grisebach, en mai 2003). Les artistes germaniques ont eu de l’influence sur leurs voisins suisses, notamment, Ferdinand HODLER, dont est célébré cette année le 150ème anniversaire de naissance. Suite à quelques expositions médiatiques en Suisse, ItalieEn Italie, le mouvement eu un large écho. Mais si les œuvres de Giovanni SEGANTINI s’arrachent parfois plusieurs millions de dollars en vente publique, celle des artistes moins réputés font l’objet d’un taux de ravalement important. Aucune des toiles de Giuseppe PELLIZZA DA VOLPEDO et de Nino COSTA mises en ventes en 2002 n’ont trouvé d’acquéreur.

Même s’il réserve encore quelques belles surprises, la prudence est de mise sur ce segment de marché. Plus que jamais l’amateur doit étudier de près le marché de son artiste avant d’acheter une œuvre invendable sans subir de lourdes pertes.

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