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Le prix du dessin

[22/03/2010]

 

La 4ème édition du Salon du dessin contemporain de Paris, du 25 au 28 mars 2010, est l’occasion de faire un point sur le marché du 9ème art. Comment a-t-il résisté à la crise ? Quels sont ses secteurs et ses artistes les plus porteurs aujourd’hui ?

Certes, la cote du dessin a été entraînée par les hauts et les bas du marché de l’art global, mais ses fluctuations sont restées modérées. Au pic de la bulle spéculative en effet, les prix du dessin gonflaient de 27% “seulement” quand l’art contemporain explosait de 93% (entre 2002 et 2008). Epargnées par les spéculateurs, les feuilles sont donc tombées de moins haut. Elles ont, pour tout dire, mieux résisté aux 18 mois de tourmente que n’importe quel autre médium artistique, affichant une baisse des prix de 11% face à une déflation de 36% de l’indice global des prix de l’art entre le 1er janvier 2008 et octobre 2009. Ce segment plus abordable, moins spéculatif et donc moins risqué que l’art contemporain n’a pas subi de désaffection. Les ventes ont même gonflé en 2009. La petite baisse de régime du marché du dessin n’est plus qu’un lointain souvenir et la cote remonte déjà bien la pente (+10% sur les 12 derniers mois).
S’il n’a pas connu de réel mouvement spéculatif, le dessin n’affiche pas un encéphalogramme plat pour autant. Son marché a été fortement stimulé par quelques feuilles anciennes (dont un record mondial frappé le 8 décembre 2009 pour un visage de muse de Raphaël adjugé 26 m£ chez Christie’s), par le dynamisme du marché chinois et par une niche particulièrement porteuse, la bande dessinée, nouvel eldorado dont les prix concurrencent désormais les plus belles signatures de la peinture.

La bande dessinée ne connaît pas la crise
L’explosion récente du marché de la BD est assez spectaculaire. Extrêmement populaire, reconnue et exposée comme un art à part entière, elle a conquis des collectionneurs fortunés se disputant les meilleures feuilles au prix d’une toile originale de Georges Braque ou de Fernand Léger.Ce marché est particulièrement dynamique en Belgique (Namur et Bruxelles) et en France (Millon & Associes depuis mars 2009 et Artcurial depuis 2005). Artcurial orchestre deux ventes par an, l’une en mars, quelques jours avant l’ouverture du Salon du dessin de Paris, la seconde en novembre.Il y a deux ans, une gouache d’HERGÉ était cédée 620 000 € au marteau, un record mondial (29 mars 2008). Les collectionneurs se sont battus férocement pour cette pièce de 1932 qui servit à la couverture de l’album de Tintin en Amérique. Elle a largement doublé une estimation déjà record (280 000 €). Un autre record tombait le même jour, pour Hugo PRATT cette fois. L’aquarelle de Corto Maltese décuplait les estimations pour s’envoler à 240 000 €. Ces nouveaux scores 2008 déclassaient largement le premier record du genre. En l’occurrence, celui d’Enki BILAL pour Bleu Sang frappé 145 000 € en mars 2007.

En 2009, les signatures phares comme Hergé et Hugo Pratt ont maintenu de très beaux résultats : Le crabe aux pinces d’or d’Hergé grimpait par exemple à 310 000 € le 14 mars. Au mois de mai à Namur, deux de ses planches au crayon, L’Affaire Tournesol et Les bijoux de la Castafiore furent respectivement cédées 220 000 et 250 000 €. Sur l’année 2009, les recettes générées par des planches d’Hergé dépassent le million d’euros (mais 70% de ses dessins sont abordables à moins de 10 000 € en salles). Quant à Hugo Pratt, son Corto maltese en Siberie atteignait 200 000€ le 21 novembre 2009 (Artcurial).
Ces incroyables résultats ont fait entrer la bande dessinée dans la cour des grands et les collectionneurs fortunés se multiplient. Pour l’heure, le marché reste démocratique avec des originaux signés Jacques TARDI, Moebius (Jean GIRAUD), Enki BILAL, André FRANQUIN ou PEYO accessibles pour quelques centaines d’euros en salles des ventes.

La présence d’amateurs de dessins durant cette période à Paris est l’occasion pour les Maisons de Ventes de la capitale française d’orchestrer des ventes dédiées au genre. Au programme : de la bande dessinée le 13 mars chez Artcurial, des dessins animaliers de Nicolas ROBERT et de Baraban le 17 chez Blanchet & Associés, des dessins anciens du XIXe siècle dont quatre dessins de Jean Auguste Dominique INGRES le 24 mars (Thierry de Maigret), des dessins anciens le 25 chez Piasa et, pour clore le mois, environ 200 dessins de TETSU (Tetsu) le 28 mars 2010 (V.A.E.P. Marie-Françoise Robert & Franck Baille).

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