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Le meilleur de l’Arte Povera

[07/06/2013]

 

Le vendredi, c’est Top ! Un vendredi sur deux, Artprice vous propose un classement d’adjudications par thème. Cette semaine : les dix meilleures enchères de l’Arte Povera.
Près d’un demi-siècle après sa naissance officielle en Italie, l’Arte Povera a si bien renouvelé le champ créatif qu’il tient toujours le devant de la scène. En Europe surtout, et dans quelques galeries new-yorkaises parmi les plus puissantes. Des expositions emblématiques, dans des lieux reflétant la notoriété et l’importance des figures tutélaires du genre, se tiennent en France (Michelangelo PISTOLETTO au Louvre, 24 avril – 2 septembre 2013 ; Giuseppe PENONE à Versailles, 11 juin – 31 octobre 2013), tandis que les galeries Gagosian Paris et Cheim & Read New York exposent respectivement Mario MERZ et Jannis KOUNELLIS (jusqu’à fin juin).
La grande exposition qui s’est récemment tenue au Kunstmuseum de Bâle (9 septembre 2012 – 3 février 2013) a permis de réactiver le marché des artistes historiques, si bien que trois des dix records de l’Arte Povera ont été signés entre octobre 2012 et mai 2013. Parmi les dix artistes les plus cotés, cinq ont déjà atteint des seuils millionnaires (Piero MANZONI, Alighiero BOETTI, Michelangelo PISTOLETTO, Mario MERZ, Jannis KOUNELLIS) et l’artiste dont la carrière fut la plus fulgurante, Piero MANZONI, dépasse de très loin les autres figures tutélaires du genre.

Le meilleur de l’Arte Povera
Rang Artiste Adjudication Oeuvre Vente
1 Piero MANZONI 12 500 000$ Achrome (1958) 15/05/2013 (Christie’s New York)
2 Alighiero BOETTI 2 411 360$ Mappa (1989) 30/06/2010 (Christie’s Londres)
3 Michelangelo PISTOLETTO 1 720 400$ Autoritratto del 62 (Self-Portrait of 62) (1962-1965) 13/02/2013 (Christie’s Londres)
4 Mario MERZ 1 298 430$ «Igloo Objet cache-toi» (1968-1977) 09/02/2005 (Christie’s Londres)
5 Jannis KOUNELLIS 1 072 538$ Untitled (1960) 20/10/2008 (Christie’s Londres)
6 Luciano FABRO 897 344$ Nazione Italica (1969) 12/10/2012 (Christie’s Londres)
7 Giulio PAOLINI 389 865$ Le Tre Grazie (1978) 16/10/2006 (Christie’s Londres)
8 Giovanni ANSELMO 382 912$ Torsione (1968) 06/10/2005 (Sotheby’s Paris)
9 Pier Paolo CALZOLARI 176 368$ «1 et 2 giorno come gli orienti sono due» (1970) 16/10/2006 (Christie’s Londres)
10 Claudio PARMIGGIANI 88 717$ Omaggio del sole e della luna alla luce 01/06/2007 (Lempertz Cologne)

 

Un marché essentiellement européen
Même s’ils n’étaient pas tous présents lors de l’exposition génoise fondatrice organisée par Germano Celant en 1967, 12 artistes sont traditionnellement considérés comme les artistes historiques de l’Arte Povera : Alighiero Boetti, Giovanni Anselmo, Pier Paolo Calzolari, Luciano Fabro, Jannis Kounellis, Mario et Marisa Merz, Pino Pascali, Giulio Paolini, Giuseppe Penone, Michelangelo Pistoletto et Gilberto Zorio. La première exposition réunissait des artistes de Rome, Turin et Milan. Aujourd’hui, on trouve certes des pièces absolument majeures en Italie, mais du côté des salles de ventes, on retrouve ces pièces plus régulièrement à Londres qu’à Milan. Les records millionnaires d’Alighiero e Boetti, Michelangelo Pistoletto, Mario Merz et Jannis Kounellis y ont tous été signé ces dernières années. Par contre, l’unique résultat très haut de gamme emporté par un artiste Arte Povera (soit le seul dépassant non plus le million mais les 10 m$) fut décroché à New York, épicentre des ventes de cette envergure.
Ce résultat à 12,5 m$ récompense Piero Manzoni qui, malgré son décès prématuré à l’âge de 30 ans, est à l’origine de l’une des œuvres les plus inventives du XXème siècle : Achrome, réalisée en 1958. Si son œuvre est donc antérieure à la création officielle du Mouvement, sa sensibilité contestataire et son attitude artistique l’incarne pourtant. L’Achrome record était adjugée le 15 mai 2013 chez Christie’s New York, dépassant de 3,5 m$ son estimation haute et enterrant d’autant un précédent sommet atteint en 2008 pour une œuvre similaire (Achrome, 1958, 9 m$, 14 mai 2008, Sotheby’s New York). Piero Manzoni a toujours été très apprécié des collectionneurs et sa cote n’a finalement progressé que de 50 % sur la décennie. En termes de progression de cote, la percée la plus spectaculaire est celle réalisée par Alighiero Boetti (en 2ème place du Top avec un record équivalent à 2,4 m$ pour Mappa) avec un indice de prix en hausse de +253 % sur la décennie.

Arte anti-marché
Dans le contexte des années 1960, l’Arte Povera apparaît comme une aventure artistique et intellectuelle radicale, visant notamment à se défaire des scories consuméristes et à élargir le champ d’action artistique. Le régime de possession ou de propriété de l’œuvre est d’ailleurs lui-même repensé chez certains artistes, qui prennent le contre-pied du Pop Art de l’époque et de la production artistique de masse. Cette résistance face au marché pouvant s’exprimer par la pénurie volontaire d’œuvres mises en circulation, qui se retrouve naturellement en salles des ventes. Les artistes Giovanni ANSELMO et Luciano FABRO affichent ainsi un marché particulièrement restreint et l’amateur se doit d’être aux aguets, car une quarantaine d’œuvres seulement ont été soumises à enchères en 20 ans de ventes publiques.
Les signatures les plus aisées à trouver en salles des ventes sont celles d’Alighiero BOETTI, Michelangelo PISTOLETTO et de Jannis KOUNELLIS… Trois artistes pour lesquels la moitié des œuvres offertes sont en moyenne accessibles à moins de 10 000 $, et dont les prix records ne sont finalement pas si élevés si on les compare aux artistes américains de la même génération.

 

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