Le meilleur de Hong Kong

[24/05/2013]

 

Le vendredi, c’est Top ! Un vendredi sur deux, Artprice vous propose un classement d’adjudications par thème. Cette semaine : les dix meilleures enchères frappées à Hong Kong !

Si les plus gros succès en salles se jouent encore entre les capitales historiques de New York et de Londres, le développement sans précédent de Hong Kong lui a permis, en quelques années, de s’imposer dans le trio de tête des places fortes du marché de l’art mondial.
Avec sa situation géographique en plein cœur de l’Asie, son réseau d’investisseurs internationaux et sa fiscalité avantageuse, Hong Kong demeure le pôle asiatique le plus attractif pour le marché de l’art. Ancrées depuis les années 1970 et 1980 dans le paysage de l’ancienne colonie britannique, les deux grandes multinationales Sotheby’s et Christie’s sont au centre des plus prestigieuses vacations. Face à leurs résultats exceptionnels, les maisons de ventes asiatiques ont été de plus en plus nombreuses à lorgner sur ce marché lucratif. Certaines, comme Seoul Auction, n’ont pas tardé à s’installer dès 2008. Cependant, il faut attendre la fin de l’année 2012 pour que les deux principales maisons de ventes chinoises, China Guardian et Poly Auction, frappent leurs premiers résultats sur le sol hongkongais (octobre et novembre 2012).
Si « la perle de l’Orient » réunie les conditions idéales pour acheter de l’art en Asie, quels sont les plus beaux résultats enregistrés jusqu’alors ?

Le Top 10 révèle sans surprise quelques lieux désormais communs : la domination des artistes chinois qui représentent 90 % du classement, l’autorité de Christie’s et Sotheby’s qui raflent neufs places à elles deux (cinq pour Sotheby’s et quatre pour Christie’s) et, l’incroyable vivacité de l’année 2011 à l’origine de quatre résultats dont les trois premières marches du podium.

TOP 10 : les dix meilleures enchères frappées à Hong Kong
Rang Artiste Adjudication Oeuvre Vente
1 ZHANG Daqian 21 845 000$ « Lotus and Mandarin Ducks » (1947) 31/05/2011 (Sotheby’s HONG KONG)
2 CUI Ruzhuo 14 113 000$ « Lotus » (2011) 29/11/2011 (Christie’s HONG KONG)
3 ZHANG Xiaogang 9 002 000$ Forever Lasting Love () 03/04/2011 (Sotheby’s HONG KONG)
4 ZENG Fanzhi 8 589 400$ Mask series 1996 No.6 (1996) 24/05/2008 (Christie’s HONG KONG)
5 CAI Guoqiang 8 487 600$ Untitled (2002) 25/11/2007 (Christie’s HONG KONG)
6 ZHANG Daqian 8 481 000$ « Children Playing under a Pomegranate Tree » (1948) 31/05/2011 (Sotheby’s HONG KONG)
7 XU Beihong 8 185 600$ Put down your Whip (1939) 07/04/2007 (Sotheby’s HONG KONG)
8 FU Baoshi 7 985 600$ The Song of the Pipa Player (1945) 30/11/2010 (Christie’s HONG KONG)
9 QI Baishi 7 985 600$ Willows at the Riverside/Begonias (1922) 03/04/2012 (Sotheby’s HONG KONG)
10 Roy LICHTENSTEIN 7 979 400$ Still Life with Stretcher, Mirror, Bowl of Fruit (1972) 07/10/2008 (Seoul Auction HONG KONG)

2011 fait date dans l’historie mondiale du marché de l’art, en entérinant la domination chinoise. Cette année là, la Chine s’impose, pour la 2ème année consécutive dans l’histoire, comme la première place de marché mondial pour la vente d’œuvre d’art. Le marché haut de gamme affiche alors une santé sans précédent et le marché chinois signe une progression exceptionnelle avec une hausse de 49 % par rapport à 2010.

Ainsi, les résultats du trio de tête de ce Top, Lotus and Madarin Ducks de Zhang Daqian (21,84 m$), Lotus de Cui Ruzhuo (14,11 m$) et Forever Lasting Love (9 m$) de Zhang Xiaogang, ont tous été frappés entre avril et novembre 2011.

2011 est aussi une année sans précédent pour les ventes d’œuvres de Zhang Daqian. En cumulant plus de 554 m$ de ventes, Zhang Daqian vole la première place à Pablo Picasso jusqu’alors indétrônable au classement mondial des artistes par chiffre d’affaires. Naturellement grand gagnant de ce Top 10, il signe la 1ère marche du podium grâce à l’enchère record de Lotus and Madarin Ducks adjugée 21,84 m$ le 31 mai 2011 chez Sotheby’s. Il est également le seul artiste à asseoir une double présence grâce aux 8,48 m$ de Children Playing Under a Pomegranate Tree qui lui valent la 6ème place de ce classement. Ces deux enchères records ont un autre point commun : elles sont issues de la dispersion de la collection Mei Yun Tang, le 31 mai 2011 chez Sotheby’s, considérée comme la plus belle collection d’œuvres de Zang Daqian.

Roy Lichtenstein, l’exception

À Hong Kong, les collectionneurs, pour la plupart chinois, se disputent avant tout les œuvres d’art de leurs compatriotes. Un nationalisme assumé, porté par les millionnaires chinois toujours plus nombreux. Le reste du Top 10 confirme la tendance avec les 4ème, 5ème, 7ème, 8ème et 9ème places, toutes occupées par des artistes chinois incluant trois modernes (Xu Beihong, Fu Baoshi et Qi Baishi) et deux contemporains (Zeng Fanzhi et Cai Guoqiang). Des records essentiellement frappés en 2007 et 2008 qui accueillent en bas de tableau une unique adjudication pour 2012 (7,98 m$ pour Willows at the Riverside/Begonias de Qi Baishi à la 9ème place) rappelant le repli du produit de ventes chinois enregistré cette dernière année.

Seule signature occidentale, Roy Lichtenstein détient la 10ème place de ce classement avec son œuvre Still Life with Stretcher, Miror, Bowl of fruit. D’abord cédée 7,14 m$ le 20 juin 2007 chez Chrisite’s Londres, l’heureux acquéreur a eu une bonne intuition en se laissant tenter par le boom du marché asiatique et en la confiant l’année d’après à Seoul Auction pour figurer dans leur vente inaugurale hongkongaise. Still Life with Stretcher, Miror, Bowl of fruit s’est alors adjugée plus de 7,97 m$ le 7 octobre 2008 réalisant une plus-value de 830 000 $ ! Son nouveau propriétaire aura moins de chance lors d’une nouvelle mise en vente en 2011 où le marteau s’arrêtera en dessous de l’estimation basse à 5,8m$ (le 12 mai 2011 chez Phillips de Pury & Company New York).

Seoul Auction essaye depuis longtemps de vendre des lots d’art contemporain occidental en Asie, mais ces dernières tentatives rencontrent plus ou moins de succès. La vente record du Lichtenstein reste à ce jour un cas isolé intimement lié à l’évènement créé par la première vacation hongkongaise de Seoul Auction. Les enchérisseurs comptent toujours sur New York et Londres pour accueillir les ventes de prestiges d’art occidental.

Face à l’effervescence et au haut potentiel d’une ville comme Hong Kong, rappelons qu’une grande partie des ventes asiatiques sont également réalisées à Pékin. D’autres villes cherchent à rivaliser avec « la perle de l’Orient », même si elles sont encore loin derrière. Singapour, Tokyo, Séoul et Taïpei totalisent des volumes de ventes plus importants que certaines places de marchés historiques telles que Paris, Berlin, Milan ou Genève.