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Le dynamisme de l’art cinétique

[19/04/2010]

 

L’art cinétique affiche une belle longévité. Les prémices de cette tendance, regroupant une multitude de groupes et mouvements, remontent aux années 1910/1920, époque animée par le culte du progrès et le mythe de la machine. L’Europe, les Etats-Unis et l’Amérique latine sont les principaux berceaux d’un langage abstrait qui n’est plus figé mais vibrant, via un mouvement virtuel ou réel.Au cours de la dernière décennie (2000-2010), ces œuvres cinétiques ont été considérablement revalorisées. Gonflé par les premières enchères millionnaires, l’indice des prix a grimpé de 128%.

Une décennie de recordsPlus que jamais, l’art cinétique a la cote. L’un des pères du mouvement, Victor VASARELY, signait ses deux plus belles enchères au premier trimestre 2010 avec un record spectaculaire pour la toile Altaï III. Historique, cette toile créée entre 1955 et 1958 provenait de la collection Lenz Schönberg dispersée par Sotheby’s le 10 février dernier. Elle quintuplait presque son estimation basse pour un résultat final de 470 000 £ équivalent à 734 000 $, doublant largement le précédent sommet de l’artiste (env. 300 000 $). Cette vacation de haute qualité autour du groupe Zero a multiplié les records dont celui du Néerlandais Jan SCHOONHOVEN, gagnant pour la première fois le seuil du million de dollars (Weißes Strukturrelief R 62-1 adjugée 660 000 £).
Trois mois avant la dispersion de cette collection, le nouveau record de Yaacov AGAM préparait le terrain. Son œuvre historique 4 Themes Contrepoint (1959) était récompensée par une enchère gagnante de 270 000 $, au quintuple de son estimation et doublant son précédent record (le 24 novembre 2009, Sotheby’s). Une inflation spectaculaire récompensait un autre père de l’art cinétique, Naum GABO qui désignait pour la première fois cette tendance dans le Manifeste Réaliste en 1920. Gabo obtenait sa première enchère millionnaire en 2007 avec Linear Construction in Space No.3, with Red frappée 1,1 m£, soit 2,1 m$, au double de son estimation basse (le 5 février 2007 chez Sotheby’s). La première enchère millionnaire marquant le début de l’inflation pour l’art cinétique remonte à 2002. Elle récompensait alors le fameux ready-made la Roue de bicyclette réalisé par Marcel DUCHAMP en 1913. Cette pièce anticipatrice contient un potentiel cinétique mais se trouve figée sur un tabouret de cuisine en guise de socle. En mai 2002, Phillips de Pury & Company adjugeait la roue sur son tabouret pour 1,6 m$ à New-York. Chez Duchamp, c’est la pensée du regardeur qui doit être cinétique, en mouvement constant face aux œuvres. Ce passionné de physique optique a également créé des boites de Rotoreliefs (1963) dispersées entre 2 000 et 3 500 €. Chaque boîte contient six disques optiques en carton sérigraphié.

Chez les créateurs plus contemporains, des sculptures motorisées de Jean TINGUELY et des mobiles réagissant aux courants d’air d’Alexander CALDER grimpent aussi au million : la Métamatic No.7 de Jean Tinguely atteignait 920 000 £, soit 1,8 m$ en 2008 (le 1er juillet 2008 chez Sotheby’s) et le mobile Baby Flat Top d’Alexander Calder culminait à 4,2 m$ en 2004 (le 10 novembre 2004 chez Christie’s NY). Les amateurs peuvent admirer leurs sculptures vivantes au musée Tinguely de Bâle à l’occasion de l’exposition Le Mouvement. Du cinéma à l’art cinétique (10 février-16 mai 2010).
Les prix les plus spectaculaires sont frappés pour Bridget RILEY, dont le cœur du marché est à Londres. L’héritière des effets optiques de Vasarely bat Alexander Calder avec une enchère de 4,5 m$ plantée le 1er juillet 2008 pour Chant 2 (1967). Bridget Riley est l’artiste la plus prisée de l’Op’ art sur la scène internationale. Ses œuvres ont rythmé le monde des enchères de sept résultats millionnaires entre 2006 et 2009 et seules quelques gouaches de petites dimensions sont encore abordables dans un budget de 10 000 à 15 000 $.

De l’importance de l’Amérique latineLa dernière décennie a également permis de redécouvrir les artistes argentins et vénézuéliens, via de grandes expositions comme Inverted Utopias (Museum of Fine arts de Houston, 2004), L’œil moteur, art optique et cinétique de 1960 à 1975 (Musée d’art moderne de Strasbourg en 2005) ou La Utopia Cinetica (Musée de la Reina Sofia, Madrid en 2007).
Les prix grimpent pour les créateurs d’Amérique latine qui, depuis deux ans, rattrapent leur retard par rapport aux Européens. Le Vénézuélien Jesús Rafael SOTO a tout de même décroché l’équivalent de 555 000 $ le 12 février 2009 (430 000 €, Leno, Casa de Subastas Odalys, Madrid), Alejandro OTERO vend ses Coloritmos entre 130 000 et 340 000 $ (contre 20 000 $ dans les années 90), son compatriote Carlos CRUZ-DIEZ culmine à 210 000 $ aux enchères (Fisicromia, Sotheby’s, 18/11/2008), Julio LE PARC à 260 000 $ depuis mai 2008 (Ordination d’une surface, vitesses progressives de rotation) et l’Argentin Hugo DEMARCO affiche une enchère maximum de 55 000 $ pour un Relief à déplacement continuel de 1966 (30/05/2008, Sotheby’s).

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