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La seconde Ecole de Paris au premier rang des ventes d’art moderne

[07/04/2003]

 

Paris, le 2 avril 2003 – essai transformé pour Christie’s qui vient d’orchestrer avec brio une vente d’art moderne : 100% des lots vendus, 2,6 millions de chiffre d’affaires.

Le défi était très audacieux : mettre aux enchères en pleine guerre du Golfe des artistes de la seconde Ecole de Paris (abstraction française 1940 – 1965) dont la cote avait été déjà fort malmenée entre 1991 et 1996. Aujourd’hui encore, le niveau des prix des peintres de ce mouvement est tout juste au niveau de 1992. Malgré tout, les fidèles amateurs ont répondu présents et se sont disputés fiévreusement les quelque 41 tableaux de la vacation. A maintes reprises, les estimations, certes peu audacieuses, ont été dépassées puis écrasées.

Artprice Index des peintures de la Seconde Ecole de Paris (1992-2002)base 100 en 1992

Le premier lot mis en vente a rassuré : adjugé 80 000 euros, Femme nue couchée, de Albert MARQUET a taquiné l’estimation haute.
La troisième a exalté les enchères. Le lot numéro 4, Composition jaune et noire de Fernand LÉGER a ouvert le bal des surenchères. Estimée 90 000 – 105 000 euros, la toile a trouvé acquéreur à 250 000 euros
On retiendra surtout le succès des peintures abstraites de Serge POLIAKOFF, dont une Composition abstraite de 1969, juste avant le décès de l’artiste. Ce grand format (162 x 130 cm) est parti à 320 000 euros pour une estimation de 120 000 – 180 000 euros. A la qualité de la toile s’ajoute une hausse des prix de 90% en 6 ans des œuvres de Poliakoff. Plus surprenant, le résultat de Pierre SOULAGES : ses prix sont retombés au même niveau qu’en 1997 après une très belle hausse entre 1998 et 2000. Malgré tout, il s’est distingué par deux adjudications à 105 000 euros, dont l’une, Peinture 97 x 162 cm, 27 juin 71, double les estimations. Quant aux Hans HARTUNG, la seule huile de la vente s’est arrachée 190 000 euros, alors que les trois pastels sont restés dans les fourchettes d’estimation.

Si les résultats de la vente sont très prometteurs, nous sommes encore bien loin des prix atteints à la fin des années 1990. A titre d’exemple, T 47-10, de Hans Hartung s’était adjugé l’équivalent de 1,2 millions d’euros chez Jutheau (Paris) le 20 juin 1990. 9 compositions de Poliakoff avaient dépassé le seuil des 500 000 euros entre 1989 et 1990. Depuis, cela ne s’est jamais reproduit. Même si de très belles productions d’Maurice ESTEVE, Alberto MAGNELLI, Jean FAUTRIER,Maria Elena VIEIRA DA SILVA ou Jean-Michel ATLAN passent régulièrement en vente, l’évolution des prix de ces artistes ne leur permet pas de battre les records qu’ils ont décrochés en 1990. Il faut ajouter à cela que ce courant s’exporte plutôt peu : 60% des transactions sont réalisées en France. Les collectionneurs sont essentiellement français. Mais si les maisons anglo-saxonnes s’intéressent de plus près à ce morceau d’histoire de l’art moderne, on peut parier que la cote de ces artistes reviendra à son plus haut niveau très rapidement.

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