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La Russie contemporaine – Un marché émergent

[06/05/2007]

 

Après la vente d’art contemporain russe de Sotheby’s en février et la seconde édition de la biennale d’art de Moscou qui s’est tenue en mars dernier, l’art contemporain russe est en ébullition.La liberté d’expression des artistes russes est un phénomène récent si l’on se réfère au scandale de 1974, quand une exposition de «non-conformistes» à Moscou fut démantelée au bulldozer. Le visage culturel de la capitale russe a profondément changé, fort de centres d’art contemporain ouverts ces dernières années. Bien que de nombreuses œuvres se concentrent sur la critique sociale et politique de l’ancien régime, les langages artistiques se diversifient. L’art contemporain russe rencontre des amateurs de plus en plus nombreux mais les collectionneurs chevronnés sont, à l’heure actuelle, essentiellement des russes.

Ilya KABAKOV, ukrainien né en 1933, est incontournable dans la création actuelle. Il est habitué au feu des enchères avec plus de 60 lots dispersés en ventes publiques, dont une majorité de dessins qui cotent entre 4 000 et 8 000 €. Le 31 mai 2006 chez Sotheby’s Londres, un lot de 31 dessins réalisés dans les années 70 et intitulé Where are they? a décuplé son estimation et s’est envolé à 220 000 £, soit plus de 320 000 € ! Le marché est en pleine ébullition autour des artistes de la même génération de Kabakov, nés entre le milieu des années 20 et les années 40. Pour ces artistes, la hausse des prix s’est accélérée en février dernier chez Sotheby’s Londres qui réalisait une vente dédiée à la création contemporaine russe, comme tous les ans depuis 1988. Parmi les artistes présentés, on comptait Grisha BRUSKIN, Vitalii KOMAR, Boris ORLOV, Vladimir OVCHINNIKOV, Oskar RABIN, Viktor PIVOVAROV, , Natalia NESTEROVA ou Mikhail CHEMIAKIN. La vente fut un succès avec 80% des lots vendus. La plus belle adjudication fut signée par Evgeny CHUBAROV pour une œuvre sans titre évoquant les dripping de l’américain Jackson POLLOCK. Estimée entre 40 000 et 60 000 £, l’œuvre fut enlevée pour 240 000 £ (plus de 358 000 €), un résultat d’autant plus spectaculaire qu’il s’agissait de la première œuvre de Chubarov soumise aux enchères ! La seconde adjudication record fut celle de Révolution-Perestroika, une toile d’Eric BULATOV provenant d’une collection américaine privée. Le marteau est tombé pour 165 000 £ (plus de 246 000 €), un nouveau sommet pour Bulatov! Un troisième record enfin pour la toile Avid Eye de Mikhail Matveevich SHVARTSMAN (1926-97) qui a trouvé amateur à 160 000 £ (près de 230 000 €), plus de trois fois au-delà de son estimation. Une surprise compte tenu de la nouveauté de ce marché, s’agissant de la seconde toile de Mikhail Matveevich SHVARTSMAN soumise aux enchères !… la première, en novembre 2006, était Morning Road qui fut adjugée pour 40 000 £ (un peu moins de 60 000 €).Outre ses belles adjudications, quelques œuvres étaient accessibles pour moins de 5 000 £ comme la nature morte de Dmitri PRIGOV intitulée Evening in Koktebel emportée pour 3 000 £, soit 4 481 €.

Parmi la jeune génération, soit les artistes nés dans les années 50 et 60, le marché des ventes publiques n’en est encore qu’à ses balbutiements. Pourtant, les collectionneurs français s’engagent sur ce terrain et suivent des jeunes artistes comme Vladimir & Alexander DUBOSSARSKY & VINOGRADOV. Le 1er avril dernier, par exemple, Cornette de Saint-Cyr proposait à Paris la troisième huile de ce duo soumise aux enchères : le Landscape doublait son estimation pour s’envoler à 27 000 € ! La présence à Paris de galeries spécialisées dans l’art russe a défriché la scène créative russe. De plus, la maison de ventes française Calmels-Cohen soutient activement les impressions numériques du groupe AES, fondé en 1987. Les trois œuvres soumises aux enchères par l’auctioneer trouvèrent toutes acquéreur, pour des adjudications comprises entre 800 et 2 200 € (09 juin 2005). Autres figures de cette scène créative, des artistes comme Vladislav Mamyshev-Monroe, Viatcheslav Mizine, Alexandre Chabourov, Constantin Batynkov, Alexandre Ponomarev ou Avdei Ter-Oganyan commencent à faire parler d’eux dans les expositions et médias spécialisés mais sont encore inconnus (ou presque) dans les ventes publiques… les bons résultats de Sotheby’s cette année nous invitent à nous méfier de l’eau qui dort !

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