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La rentrée des records français

[02/10/2012]

 

Les artistes contemporains français gagnent du galon en cette rentrée des ventes aux enchères.Entre les figures phares, ayant marqué la scène culturelle française depuis les années 60 et les « jeunes artistes » nés après 1945, les Français se voient pousser des ailes de Paris à New-York.

A New-York tout d’abord, Sotheby’s voyait une toile sans titre de Philippe PASQUA s’envoler à 120 000 $, contre une fourchette d’estimation comprise entre 70 000 $ et 90 000 $. Cette huile sur toile imposante (300 x 279 cm) est – jeu des devises oblige – un nouveau record en euros pour l’artiste. En effet, Untitled culmine à 92 000 € hors frais quand sa meilleure enchère, signée l’an dernier, se hissait à 90 000 € pour Caphi, transsexuel exhibé en attente d’une nouvelle identité (Cornette de Saint-Cyr, le 22 octobre 2011). Le nouveau record de Pasqua talonne ainsi l’enfant chéri de l’art contemporain français, Robert COMBAS qui a débuté sa carrière dans les années 70 et dont la cote en hausse depuis quatre ans installait un nouveau record à 106 000 € (141 000 $) en avril 2012 chez Cornette de Saint-Cyr avec Les 4 peluches de l’Ave Maria, 1987.

Deux jours après le sommet new-yorkais de Philippe Pasqua, la dispersion chez Sotheby’s de la Collection Marcel Brient (La Page Française, 24 septembre 2012) faisait tomber plusieurs records.Le plus important est celui de Simon HANTAÏ, peintre français d’origine hongroise, artiste majeur dont le travail sur le support de la toile, le pliage, l’empreinte, l’espace et la mémoire a profondément marqué la création européenne. Avec un résultat à 600 000 € (près de 800 000 $) pour son Étude, un travail de pliage bleu de 1969, quand une toile similaire (Étude, 1969) se vendait 200 000 € le 21 octobre 2007 chez Artcurial Paris, le marché français opère ici un formidable réajustement de cote.
La Page Française de Sotheby’s a aussi permis à Bertrand LAVIER et à Bernard FRIZE d’enregistrer leur première enchère supérieure à 100 000 €, bien au-delà des prévisions : Peinture blanche et dorée no.3 de Bertrand Lavier s’est vendue 110 000 € (près de 143 000 $) et Thouan de Bernard Frize s’est vendu 105 000 € (136 000 $). Michel PARMENTIER y signait aussi son nouveau record à 80 000 € (près de 104 000 $) pour une grande peinture glycéro sur toile intitulée Peinture no.10, doublant largement son précédent sommet à 36 000 € (43 000 $) enregistré le 6 octobre 2005 pour Sans Titre, 1984, chez Sotheby’s Paris. Cet artiste conceptuel radical, méconnu des salles françaises (cinq résultats d’enchères dont quatre à Paris) et inconnu des salles étrangères voit ainsi sa cote révisée à la mesure de son importance dans l’histoire de l’art contemporain en France. Il avait en effet co-fondé, en 1966, le groupe B.M.P.T avec Daniel BUREN, Olivier MOSSET et Niele TORONI.

Chez Michel Parmentier, le langage systématique se traduit en bandes horizontales de couleur unique (la couleur change chaque année), qui alternent avec les bandes blanches de la toile. Ces bandes horizontales étaient jusqu’alors bien moins cotées que les bandes verticales de Daniel Buren. En effet en octobre 2007, Buren vendait deux de ses œuvres conceptuelles entre 52 000 € et 70 000 € chez Artcurial Paris : Blanche et orange, 1970, 52 000 € (près de 92 000 $) et On Mahogany, 1989, 70 000 € (101 000 $). Daniel Buren, dont le curriculum vitae est bien plus fourni et plus international que celui de Michel Parmentier voit donc son ancien compagnon de travail (ils ont tous deux fréquenté l’atelier de Simon Hantaï avant de fonder BMPT) rattraper son retard de cotation. Buren signait ce même 24 septembre une adjudication à 78 000 € (101 000 $) pour Peinture acrylique blanche sur tissu rayé blanc et noir, une œuvre de 1979 mesurant 138,50 x 87,50 cm. C’est sa première adjudication supérieure à 100 000 $ cette année (il en cumule six) quand son record culmine à 450 000 $ (320 000 €) pour Peinture émail sur toile de coton vendue lors de la vente Carte Blanche à Philippe Ségalot chez Phillips de Pury & Company le 8 novembre 2010.

Gérard Rancinan. Batman Family (Girls), 2011. C print, 179 x 264 cm, édition 1 sur 3. Copyright Gérard Rancinan.

Du côté des photographes français, Gérard RANCINAN confirmait son succès lors d’une vente caritative à Dallas le  22 septembre chez Phillips de Pury. Le 17 mai 2012, la même maison de ventes adjugeait Batman Family (girls), fresque photographique de 179 x 264 cm éditée à 3 exemplaires, à 80 000 £ (127 500 $), plus de six fois son estimation basse et un premier sommet supérieur à 100 000 € ! Ne reste plus à l’artiste qu’à conquérir le marché new-yorkais.

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