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La folie Gerhard Richter

[28/08/2012]

 

Depuis le début de l’année 2012, Gerhard Richter a décroché quatre enchères à plus de 15 millions de dollars ! Retour sur le fer de lance de la peinture contemporaine allemande, devenu l’artiste vivant le plus cher du moment.Artiste allemand, né en 1932 à Dresde, Gerhard Richter vit et travaille à Cologne. Depuis le début des années 1960, l’artiste étonne par son utilisation de nouvelles techniques et de nouveaux thèmes, son art allant du réalisme photographique à l’abstraction. Sa carrière prend son envol lorsqu’il représente l’Allemagne à la 36ème Biennale de Venise (1972) avec 48 portraits basés sur une série de photographies d’hommes célèbres.

La peinture comme médium de la photographie
C’est une réflexion ironique sur le statut de la peinture à l’époque de la photographie qui conduit Gerhard RICHTER et son ami, l’artiste Sigmar POLKE à lancer en 1963 à Düsseldorf le Réalisme Capitaliste transformant des photographies en objets picturaux. Dès 1962, Gerhard Richter reproduit sur la toile des clichés de paysages, de natures mortes (comme ses célèbres Kerze / Bougies) ou encore des scènes intimes à l’image de l’œuvre Renate und Marianne (1964) représentant sa première femme Emma et sa sœur Renate. Les sources documentaires de ses œuvres, les photographies de presse, les clichés privés et les travaux d’amateurs qu’il collectionne sont réunis et archivés dans son Atlas, exposé pour la première fois en 1972.
Reproduire ce qui est déjà une reproduction est une idée auparavant cultivée par le Pop art. Richter, par dérision, se réclamera le représentant du Pop art allemand; en réalité il ne retiendra qu’une seule chose, la photographie, et réalise des toiles aux allures de photographies un peu floues.
Ce traitement particulier de l’image n’a de cesse d’influencer et d’inspirer ses contemporains. Très convoitées, ce type d’œuvres affichent des cotes millionnaires dès les années 90, comme en témoigne l’œuvre susmentionnée Renate und Marianne, déjà adjugée 660 000 £ (plus d’un million de dollars) chez Sotheby’s Londres en 1998.
En dehors de ses peintures réalistes basées sur des photographies, son œuvre protéiforme comprend des abstractions gestuelles colorées telles ses fameux Asbtraktes bild (Tableaux abstraits, qu’il nomme invariablement selon leur date de création). Usant à l’excès des explosions de couleurs et de lumières étincelantes, maîtrisant la technique fameuse du « raclage », le peintre appelle le regardeur à s’immerger dans la matière. Sa meilleure enchère récompense d’ailleurs une œuvre de cette série, Abstaktes Bild (798-3),, emportée pour 19,4 m$ chez Christie’s New York le 8 mai 2012.

2011-2012 : les records s’enchaînent
Classé n°8 au rang mondial des artistes les mieux vendus en 2011 avec 175 m$ d’œuvres vendues sur l’année (derrière ZHANG Daqian, QI Baishi, Andy WARHOL, Pablo PICASSO, XU Beihong, WU Guanzhong, FU Baoshi), Gerhard Richter était alors, le seul artiste vivant présent au Top 10 des artistes classés par produit de ventes (devant Francis BACON et LI Keran).
Paraissant avoir atteint le sommet de sa carrière et de sa cote, l’artiste est depuis l’automne 2011 fêté par la rétrospective itinérante Panorama (Tate Modern Londres, 6 octobre 2011-8 janvier 2012 ; Staatliche Museen Berlin, 12 février-13 mai 2012 ; Centre Pompidou Paris, 6 juin-24 septembre 2012) rendant hommage à cinq décennies de carrière artistique. Cette actualité itinérante et prestigieuse a non seulement propagé encore l’aura de Richter à travers l’Europe, mais aussi propulsé sa cote, nous réservant de nouveaux records en 2012. Pour preuve, à la fin de l’été 2012, la vente de ses oeuvres a déjà généré plus de 157 m$ et Richter nous réserve certainement encore des surprises pour les cessions d’automne-hiver 2012. Il est bien parti, en tout cas, pour écraser son score de 2011.

La hausse spectaculaire des prix de Richter a un effet de levier sur d’autres artistes allemands car certains collectionneurs se tournent vers des compatriotes souvent plus jeunes et toujours moins chers. Ainsi, l’Allemand Albert OEHLEN signait deux enchères records en 2012 (dont un sommet pour Untitled, 600 000 $, Sotheby’s New York, le 10 mai) pour des abstractions tout aussi imposantes que celles de Richter. Le 15 février 2012, A.R. PENCK, de son vrai nom Ralf Winkler, doublait grassement sa fourchette d’estimation pour planter un nouveau record à 270 000 £ (424 000 $, Methode, Fertigzuwerden, Sotheby’s Londres). Un troisième résultat étaye la démonstration : Thomas SCHÜTTE (né en 1954), qui fut d’ailleurs l’élève de Gerhard Richter dans les années 70, plantait une enchère de 800 000 $, la quatrième enchère de son palmarès, avec sa sculpture Untitled (Untitled Enemies), le 10 mai chez Phillips de Pury & Company.

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