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L’effet Art Basel

[09/12/2014]

 

Les foires parallèles s’égrènent autant que les évènements privés et institutionnels greffés à l’effet Art Basel. Un marathon s’est joué, auquel ont participé quelques dizaines de milliers d’amateurs d’art venus du monde entier, pendant une semaine. Une semaine durant laquelle les plus endurants ont tenté de digérer non seulement l’incontournable Art Basel mais aussi la plupart de ses salons satellites, à savoir : Design Miami, Untitled, Scope, Spectrum, Select, Art Miami, Context, Ink Miami, Pulse, Nada, Fridge, Red Hot, Sculpt… entre autres. Lorsque la Fiac de Paris draine cinq ou six salons satellites, la Art Basel électrise Miami d’une douzaine de salons. Une telle programmation arrive à saturation même pour les aficionados les plus compétitifs, d’autant que les foires ne viennent pas seules. L’effet Art Basel impacte aussi les musées, les collectionneurs privées ou les marques de luxe, qui enchainent « cocktail party » et évènements Pop toutes les heures. L’état d’esprit des expositions muséales (Zero Tolerance avec le MoMA PS1, les 50 ans de mariage et de collection du couple Rubell avec la complicité de 20 galeries, Peter Marino: One Way curatée par Jérôme Sans au Bass Museum, etc.) résonnent avec le luxe des soirées privées Don Pérignon, Ruinart, BMW, Cavalli, Marc Jacobs, Vanity fair, Roger Vivier.

Sans don d’ubiquité, impossible d’embrasser toute la programmation. Aucun n’a pourtant manqué la reine de la semaine, Art Basel, qui n’a pas de véritable concurrente dans le monde. Elle reste la foire d’art contemporain la plus prestigieuse et la plus courue de toutes.Pour sa 44ème édition mondiale et sa 13ème à Miami (Art Basel fut créée en Suisse dans les années 1970), les quelques 300 galeries internationales exposant au Convention Center ont sélectionné leurs meilleures œuvres, pour s’adapter à un marché haut de gamme euphorisé par les résultats exceptionnels annoncés cette année en salles des ventes.

L’Effet mondialisation : Pour l’édition 2014, les galeries sélectionnées sur Art Basel sont issues de plus de 30 pays. Outre la présence incontournable des mastodontes américaines (dont les galeries Gagosian, Acquavella ou Malborough), de nombreuses galeries européennes et quelques asiatiques sont présentes. Près de 20 galeries françaises – où implantées en France – ont participé dont la galerie Chantal Crousel, la GDM, la galerie Karsten Greve Paris, la galerie Max Hetzler Paris, la galerie Perrotin, Mor Charpentier, la galerie Kamel Mennour, la galerie Nathalie Obadia, la galerie Thaddaeus Ropac, la galerie Frank Elbaz, la Almine Rech Gallery, Tornabuoni Art et la galerie Jocelyn Wolff (secteur Nova réservé aux émergents).
Par ailleurs, l’Amérique latine fut particulièrement bien représentée avec une trentaine de galeries (soit 1/10ème des exposants) venues du Brésil, d’Argentine, du Mexique, de Colombie, du Pérou et d’Uruguay. Les artistes d’Amérique latine trouvent à Art Basel un public des plus nombreux, grâce à la grande communauté latino-américaine implantée à Miami, mais aussi grâce au niveau de prix de ces artistes, beaucoup plus abordables que les stars américaines et européennes.

L’Effet monumental : La bonne santé du marché et la haute tenue d’un salon se mesure aussi à la démesure des pièces. La Art Basel affichait son lot d’œuvres monumentales signées Tapiès, Dubuffet (galerie Waddington Custot, Londres), Jean-Michel Basquiat ou Barry Flanagan. La présence récurrente de larges toiles de Jeff Koons, qui aime surdimensionner, transformer le populaire en spectaculaire, appuyait encore ce syndrome : il faut voir grand.
Monsieur Nahmad vendait d’ailleurs la pièce la plus imposante de la foire dès le premier jour : le mobile Sumac (1961) d’Alexander CALDER, annoncé au prix de 35 m$. Ce niveau de prix aurait pu passer pour excessif il y a encore deux ou trois ans mais rappelons que Calder à signé un record de 23 m$ en mai dernier chez Christie’s New York (avec le mobile Poisson volant, payé près de 26 m$ frais inclus). Les pièces multimillionnaires étaient souvent les plus imposantes, comme le large quadriptyque Terrarium (206.4 x 373.4 cm) réalisé en 1977 par James ROSENQUIST, vendu 2 m$ sur le stand de la Galerie Thaddaeus Ropac.

L’Effet d’entrainement : Les galeries créent autant qu’elles s’adaptent à la demande. Leurs propositions passent par une sélection drastique d’œuvres les plus qualitatives possibles et de signatures les plus en vogue. Cela passe encore et toujours par Picasso, notamment chez les galeries Hammer, Nahmad, Acquavella., Gmurzynska. Par Picasso et quelques autres valeur sûres de l’art moderne, par des pièces majeures de la première moitié du XXème siècle signées Kurt Swchitters, Wassily Kandinsky, Juan Miro, via la superbe exposition conçue par le réalisateur Baz Luhrmann, sur le stand de la galerie suisse Gmurzynska, laquelle présentait un chef-d’œuvre de Kasimir Sevrinovitch MALEVICH qui entrerait dans le Top 3 des enchères de l’artistes si elle passait en salle de ventes. Elle pourrait en effet se vendre bien au-delà des 30 m$.
Cela passe aussi par les véritables contemporains : Jeff KOONS, l’incontournable n°1 du marché dans ce secteur, exposé en ce moment au Centre Pompidou de Paris ; par le chinois Ai Weiwei, le britannique Damien Hirst ou l’italien Rudolf STINGEL. Ce dernier, qui fait partie des artistes italiens contemporains les plus cotés aux enchères (record d’adjudication à 2,3 m$) fut particulièrement convoité auprès des galeries Massimo De Carlo, Sadie Coles et Gagosian, qui ont toutes vendues des œuvres de Stingel autour de 2m$. Les incontournables Christopher WOOL, Mark BRADFORD, Sigmar POLKE ou Gerhard RICHTER, dont les prix explosent en salles des ventes, faisaient encore partie des incontournables d’Art Basel, une foire-miroir du marché des ventes publiques.

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