L’Art Minimal

[02/01/2006]

 

Fortement soutenu par le marché américain, les pièces historiques des années 60 atteignent des prix records.

Parce que « simplicité de la forme ne signifie pas nécessairement simplicité de l’expérience » (Robert Morris), l’art minimal épure le langage plastique pour n’en conserver que les formes abstraites et géométriques dans un registre coloré restreint (couleurs primaires, noir, gris, blanc en général). Pour Carl André, Dan Flavin, Donald Judd, Sol Lewitt ou Robert Morris, artistes les plus représentatifs du mouvement, il n’existe pas d’art minimal puisque leurs œuvres visent à un effet maximal, à une expérience de l’espace et du temps dans un langage universel parce que simplifié.Né au début des années 60 à New-York et Los Angeles, soit plus de quarante ans après le « suprématique » carré blanc sur fond blanc de Kasimir Malévitch, ils utilisent principalement des matériaux sériels, usinés tels que des poutres de bois brut, tubes de néon, plaques de métal, plexiglas, aluminium ou acier et proposent une vision radicalement innovante et un art extrêmement sensible.

Ce nouveau langage, qui visait à créer un espace perceptif, ne fut pas compris à ses balbutiements. Il est désormais incontournable. Les américains soutiennent massivement leurs artistes avec presque 90% des œuvres minimales dispersées sur leur territoire et un faible taux d’œuvres ravalées (environ 15%). Les œuvres historiques des années 60 font de très bons résultats, d’autant qu’elles sont peu nombreuses sur le marché.

Cinq artistes affichent des records supérieurs à 2 000 000 USD avec, en tête, Donald JUDD et Frank STELLA qui culminent à plus de 4 000 000 USD. C’est Donald Judd, l’un des théoriciens du mouvement, qui détient la plus forte enchère pour une œuvre unique de 1966, composée de six unités en plexiglas jaune, partie chez Christie’s New York pour 4 200 000 USD (4 609 080 euros) en mai 2002.En 1960, Frank Stella provoque un scandale lors de l’exposition de ses Black paintings au MOMA de New-York. Ses même peintures sont les plus recherchées et les mieux cotées actuellement. Ainsi, en novembre 1989 chez Sotheby’s New-York, Temlinson court partait pour 4 600 000 USD (4 438 379 euros), un prix exceptionnel pour une œuvre charnière puisqu’elle fût réalisée en 1959, année ou Stella commença à scander la surface noire de ses peintures de filets de toile brute. Plus récemment, une œuvre majeure de la même année, Bethlehem’s hopital, est partie sous son estimation basse (5 000 000 USD) à 3 900 000 USD (3 395 730 euros, mai 2003, Christie’s New-York).

Barnett NEWMAN, Ellsworth KELLY et Ad REINHARDT font également de bons résultats. Peu d’œuvres majeures de Newman se trouvent en circulation, si bien qu’on a vu, en juin 2004, une huile sur papier de petit format (17,2×12,5 cm) exploser son estimation haute (7 000 USD) pour s’envoler à 24 000 USD (19 925 euros). Le travail fondamental de Robert Ryman sur le quadrilatère et le blanc pour unique teinte, semble actuellement boudé. L’artiste affiche une chute constante de sa côte depuis 2002. Précisons qu’on n’a plus vu d’œuvres majeures émergées sur le marché depuis le 15 mai 2002 avec Uncle Up, une œuvre très bien datée (1963), et de belles dimensions (189,2×189,2 cm) adjugée 1 800 000 USD (1 994 580 euros), un prix record pour l’artiste.La côte d’Ellsworth Kelly est par contre en progression constante depuis trois ans. Les oeuvres d’Agnes Martin sont également en forte hausse depuis la mort de l’artiste en 2004 et après un fléchissement conséquent sur l’année 2003.