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L’art contemporain venu de Suisse

[05/10/2006]

 

Depuis la fin des années 90, la « nouvelle scène artistique Suisse » s’est imposée des musées contemporains aux plus grandes maisons de ventes.
La Suisse fut le berceau d’artistes contemporains majeurs tels que Jean TINGUELY, BEN, Niele TORONI ou Felice VARINI. Autant d’artistes qui ont multiplié les matériaux, signé des rencontres fructueuses entre l’art et la vie, bref, élargi nos champs de perception. Depuis, d’autres artistes se sont imposés via l’usage de la vidéo et via leurs installations protéiformes et décomplexées.
Sylvie FLEURY, John ARMLEDER et Thomas HIRSCHHORN ré-exploitent chacun des images et objets issus de notre environnement quotidien, tandis que les univers artistiques de Pipilotti RIST, Ugo RONDINONE et Peter & David FISCHLI & WEISS ont en commun le goût des situations insolites, une implication autobiographique et des images poétiques, non dénuées d’humour ou d’ironie.

Succès de l’art vidéo
L’apparition de la vidéo et des installations multimédia sur le marché de l’art témoigne d’une mutation du comportement des collectionneurs à l’égard de ces œuvres. Exploitées par cette nouvelle scène suisse, Pipilotti Rist en tête, les œuvres multimédias commencent leur ascension en ventes publiques. Les pièces majeures de Rist jouent sur des distorsions d’images et de sons et cotent entre 10 000 et 30 000 € en moyenne. Par exemple, son installation vidéo éditée à 3 exemplaires et intitulée My Boy, my Horse, My Dog décrochait 18 000 £ le 23 juin dernier (26 206 €, Christie’s Londres). Les œuvres uniques franchissent quant à elles le seuil des 50 000 € tandis que des multiples à 80 exemplaires sont accessibles entre 1 000 et 3 000 €. Ugo Rondinone suit cet engouement pour les œuvres multimédia comme le 12 mai 2006 où l’œuvre Still smoking II partait pour 50 000 $ (39 170 €) chez Phillips, De Pury et Company NY. Le 12 novembre 2004, la même maison de ventes vendait pour la première fois une installation de ce type signée Peter Fischli et David Weiss : Son et lumière (le rayon vert) trouvait preneur pour 26 000 $ (20 150 €), soit 6 000 € au-delà de son estimation haute.

De la sculpture à l’installation
Les œuvres tri-dimensionnelles de Fleury, Hirschhorn, Armleder, Peter Fischli et David Weiss, Rist ou Rondinone oscillent entre des références à la sculpture classique et des installations. L’art de Sylvie Fleury puise dans l’univers de la mode et de la publicité autant d’accessoires, objets, cosmétiques ou emballages de marques pour les transposer dans le contexte artistique. Passionnée de voiture, elle réalise en 1999 la sculpture en bronze chromé d’un pneu : l’œuvre, titrée Eagle Good Year et éditée à 8 exemplaires, affiche une progression de +100% en 2 ans ! Adjugée pour 11 000 $ le 12 novembre 2004 (8 525 € chez Phillips, de Pury & Company, NY), l’œuvre fut acquise pour 21 000 € le 4 avril dernier chez Cornette de Saint-Cyr à Paris.

Contrairement à l’univers luxueux de Fleury, les œuvres de Thomas Hirschhorn multiplient les bons résultats pour des installations conçues avec des matériaux pauvres tels que le carton, le scotch, le papier ou l’aluminium. Ainsi, Die fünf Kontinente (Ozeanien) a décroché 42 000 £ (63 113 €) le 23 juin 2005 chez Christie’s Londres, tandis que ses œuvres multiples demeurent accessibles autour de 5 000 €.

John Armleder s’approprie aussi les objets du quotidien qu’il confronte à des peintures abstraites dans ses Furniture sculpture. Ces rencontres insolites sont accessibles en ventes publiques entre 2 000 et 5 000 € en moyenne comme Untitled, un ensemble composé de deux chaises et d’une peinture qui trouva preneur pour 3 250 $ (2 762 €) le 3 décembre 2005 chez Stair Galleria à Claverack NY. La plus haute enchère pour Armleder est détenue par l’installation gigantesque Untitled mettant en œuvre 12 boules disco, équipées de petits moteurs, à suspendre au plafond. L’installation, qui fut exposée en 2000 au MOMA de New York, partait pour 60 000 $ (50 772 €) le 14 mai 2004 chez Phillips, de Pury & Company NY.

Ugo Rondinone est apparu en 2000 sur le marché des enchères. Après une année 2005 faste pour l’artiste où 5 acryliques monumentales s’étaient échangées entre 50 000 et 80 000 €, l’année 2006 vient de signer sa plus belle enchère pour une sculpture en fibre de verre représentant un clown, son alter-ego. L’œuvre, titrée If there were anywhere but Desert, Thursday, et présentée le 11 mai 2006 chez Phillips, De Pury et Company NY s’envola pour 260 000 $ (203 502 €), signant aussi la plus belle enchère de cette nouvelle scène artistique suisse.

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