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L’art contemporain : le choix du support

[09/09/2014]

 

Les collectionneurs d’art contemporain apprécient-ils plus la peinture, la sculpture, la photographie, l’estampe ou le dessin ? Les résultats en salles de ventes traduisent les grandes tendances, les catégories les plus prisées et les plus rentables pour les sociétés de ventes. A l’heure ou la photographie à gagné le marché haut de gamme et où les installations parfois monumentales font leur entrée en salles, le marché maintient une hiérarchie plutôt conventionnelle dans la valorisation des media.

Les oeuvres sur toiles restent les plus appréciées. La peinture est en effet le premier segment du marché de l’art contemporain, représentant 60 % des recettes pour 40 % des transactions mondiales (la période étudiée est comprise entre juillet 2013 et début juillet 2014). Leader depuis toujours, la catégorie « peinture » reste stable en terme de part de marché à l’échelle de la décennie (elle a cependant connue un pic à plus de 70 % des recettes entre 2006 et 2008). Ce qui change par contre, c’est bien le résultat final, car ces oeuvres génèrent aujourd’hui douze fois plus de chiffres d’affaires qu’il y a 10 ans. Cette impressionnante progression est essentiellement liée à la flambée des prix sur le marché très haut de gamme, celui des oeuvres vendues au-delà du million. En recensant par exemple les 20 meilleures adjudications de l’histoire pour des peintures contemporaines, force est de constater qu’elles ont toutes été enregistrées à partir de 2007 et que la fréquence des records s’est encore accélérée ces deux dernières années (14 des 20 meilleures enchères datent de 2013 et 2014). Montant de ces adjudications records ? Entre 12 et 43,5 m$, pour des artistes comme Peter DOIG, Martin KIPPENBERGER, Christopher WOOL, ZENG Fanzhi et Jean-Michel BASQUIAT. Le record détenu depuis le 15 mai 2013 par Basquiat, qui est aussi le record pour une peinture contemporaine (Dustheads, 1982, vendue chez Christie’s New York pour 43,5 m$) n’est pourtant plus la meilleure enchère de l’art contemporain depuis l’adjudication, à 52 m$ du Ballon Dog (Orange) de Jeff Koons, une sculpture monumentale vendue en novembre 2013. Koons est le leader incontesté de la sculpture contemporaine. On lui doit les sept meilleures adjudications au monde dans ce domaine, avant Damien HIRST, Takashi MURAKAMI et Maurizio CATTELAN.

Les sculptures représentent 14 % des recettes mondiales, un produit de ventes multiplié par 10 en dix ans. Malgré la puissance des enchères pour quelques oeuvres en trois dimensions, la sculpture n’est pas la seconde mais la troisième part de marché mondial pour l’art contemporain, derrière le dessin.

Ruée sur le dessin
A l’échelle de la décennie, les recettes générées par la vente de dessins contemporain ont été multiplié par 37 ! En terme de part de marché, le dessin arrive derrière la peinture avec 19 % des recettes contemporaines mondiales, pour 32 % des lots vendus.
La cote du dessin a naturellement profité de la hausse des prix global sur le marché occidental d’une part, mais aussi de l’émergence d’un dessin contemporain chinois à l’encre très prisé des collectionneurs autochtones. Les 20 meilleures adjudications de l’histoire du marché de l’art sont elles-aussi récentes. Elles furent stimulées par le marché chinois avec le lot de dessins signé LIN Xiao (né en 1955) cédé 2,8 m$ en novembre 2006 à Pékin (Figures, Zhong Hong Xin International Auction Co.,Ltd., Pékin). Depuis, le dessin, médium traditionnel chinois par excellence, s’est confortablement assis dans le marché haut de gamme. Aujourd’hui, parmi les 20 meilleures enchères du dessin contemporain, 11 récompensent des artistes chinois, face à deux artistes occidentaux : Jean-Michel BASQUIAT et Julie MEHRETU.

Stabilisation du marché de la photographie
Le marché de la photographie contemporain ne croit pas à mesure des autres media. Aucun risque de crack n’est néanmoins à signaler tant la demande est vive. Il ne s’est d’ailleurs jamais vendu autant de clichés contemporains que sur les derniers mois. On note cependant qu’après la progression spectaculaire des prix aux débuts des années 2000 et l’arrivée des enchères millionnaires sur le secteur, le marché est en pleine digestion. Signe de maturité : la course aux records est ralentie et les sociétés de ventes tentent de ne pas inonder le marché. La photographie représente aujourd’hui 7 % des oeuvres contemporaines vendues dans le monde (pour 4 % du produit de ventes global), contre 15 % des lots entre 2003 et 2005. Les leaders inconstetés du genre demeurent Andreas GURSKY, Richard PRINCE, Jeff WALL, Cindy SHERMAN, mais aussi Jeff Koons, depuis la vente de son autoportrait sous caisson lumineux The New Jeff Koons, cédée 8,25 m$ le 14 mai 2013 chez Sotheby’s New York.

Ne pas sous-estimer l’estampe contemporaine. Les amateurs se ruent sur cette denrée, par nature plus abordable que le dessin et la peinture. Une œuvre contemporaine sur 10 vendue dans le monde est une estampe ; et si les recettes représentent moins d’1 % du marché mondial, elles sont sept fois plus importantes qu’il y a 10 ans (période juillet 2003-juin 2004). Les artistes les plus recherchés dans ce domaine sont, entre autres, Ellen GALLAGHER, Cady NOLAND, Barbara KRUGER, Christopher WOOL, Nate LOWMAN et FANG Lijun.

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